LETTRE DE M. DE MANTY. — OCT
lieux ^ ils sont poui* avoir ooaru fortune. Il ne reste maintenant^ monseigneur^ qu'à savoir ce qu'il vous plaira qœ nous fassions du Saint-- Louis, ne croyant pas qu'il puisse servir , et du radoub nécessaire à la Licorne; si nous eussions eu ici un commissaire y nous eussions fait visiter lesdits vaisseaux; mais nous n'avons pas osé l'entreprendre sans au préalable avoir votre ordre ; seulement nous avons cru qu'en vous en donnant avis, vous nous en tiendrez pour déchargés; et sans le calfat qu'il nous faut faire pour rendre nos vaisseaux étanchés et le manquement de chaloupes , nous serions près de partir pour nous rendre où il vous plaira nous commander, ce que ne pouvons faire sans avoir cet honneur que de recevoir vos commandements, à M. de Montîgny près, a]^qael il faut plus de temps qu'aux autres, réservé le Saint-Louis ; À qu'en attendant l'honneur die vos ordres nous vous assurons que nous sommes ,
Monseigneur, Vos très-humbles et très*obéissants serviteurs ,
'IManty.
MONSEIONEUa^
Depuis la présente écrite , doos avons résolu de iaîre visiter lesdits deux vaisseaux par les nattres cliarpeutiera de ce Heu et autres, pour en dresser un état afin de vous en informer avec oertitudeL ■ ^ ' •
De Tooloo, ce x4 oetofare i696 j yovs d'après not^e arrivée.
Vaisseaux déroutés.
M. le G>mikiaiidetnr de Mirauinont',
M. d-Arpeatigny, , . ; .
M. de Portenoire ,
M. de Poincj le jeune,
M. Dumai ,
M. le chevalier de Conrsan,
446 UVKE I. — CHAP. II.
Danê cette lettre, M. le duc de Savoie contmue ses réclamations auprès de M. Farchevéque de Bordeaux y au sujet des vaisseaux qu^on lui retient.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
A M. L^ÀRCHBVÊQUB DS BORDEAUX.
Dtf Tttiiily ce i8 octobre i636b
Blonaieur l'archevêque de Bordeaux, les agents de ma gabelle du sel ont donné avis ici du peu de disposition qu'ils (mt rencontre en vous , touchant le relâchement des deux vaisseaux chargés de sel pour madite gabelle, nonobstant les instances que je vous en ai faites par mes lettres, et les raisons qu'on a envoyées par le mémoire; et quand il n'y en* au* rait point d'autre que celle de mon intérêt et de la nécessité des sels en ces États-ci , il me semble qu'elle devrait être assez forte pour vous persuader à ladite restitution sans y rapporter tant de difficultés, puisque les capitaines desdits vaisseaux sont venus sur la parole que leur a donnée le marquis de Bagnasque mon gouverneur, sans quoi ils ne se fussent pas hasardés et n'auraient couru 1% risque de leur détention. Je vous prie donc derechef de Êiire promptement relâcher le tout, moyennant caution que lesdits capitaines prêteront de parachever les deux antre» voyages, qu'ils seront obligés de fiûre, et de n'aller en après servir à au-* cuns autres que de sa majesté ; et au cas qu'il y eût là trois ou quatre vaisseaux qui voulussent aller charger des sels Uancs d'Qyères pour madite gabelle , on l'acceptera , et leur fera-Won donner l'argent. Et attendant avis de ce relâchement et de cette proposition, je continuerai à me dire ,
Monsieur l'archevêque de Bordeaux ,
Votre affectionné à vous servir, , ^ . ,
y. Amedbe.
cette lettre, M. de Noyers oontinae d'engager AL de à tcmt tenter pour s'emparw des tles Sainte^Marguerite.
LETTHE DE M. DE NOYERS
A m. L'AECHSvàQcrc de borbqbaux.
D'Amiens, le lo octobre i636.
MoNStfUR,
Je r^K>ixlB à deux des.irôtres ^ et comme un bonusoe bon ifténager^ en un aenl paiement j'aoquitte beauoonp de dettes. Celle du 4 octobre veiit(pieje¥OU8 dise que le roi pressant le secours de Parme, a dépêché plusieurs courriers 4A même des personnes de cpialité pour bAter et presser les régiments du Languedoc de se rendre à ¥Ous pour servir a l'attaque des lies , et de la continuer lem* route par la meilleure voie que M. de Parme et ceux de delà aviseront; en quoi je tous avoue qu'il y a beaucoup à considérer , ear sans doute les ennemis étant avertis , il y aura bien a se tenir sur ses gardes dans ce passage. Mais, au nom de Dieu, monsieur , priions les iles et 'rentrons dams notre héritage , et que les ennemis n'aient pas le pied en France ; c'est une affaire si importante, et que son éminence désire si passionnément, que vous ne lui sauriez jamais rendre un service plus agréable ; à cette fin , son éminence a résolu de suivre votre avis et ne rparlera point présentement de l'entreprise que M. de Yitry a faite sur ce qui est de la charge de la marine, hxexï résolu, toutefois^ de ne rien omettre de ce qui sera à faire pour faire réparer cette faute. Son éminence ne doute pas que vous n'ayez apporté toutes les précautions requises pour que rien ne dépérisse au brigantin, et que si M. de Vitry s'est saisi de quelque chose , qu'au moins il y en ait bon inventaire, afin de répéter le tout en temps et lieu. Son éminence estime que pour ne vous commettre avec M. le maréchal de Vitry sur le sujet de la distribution des cent mille livres de remise , que le roi prétend faire entièrement employer à l'entretenement de l'armée «avale, il sera bien à propos de jaire que M. de Lanson entre en conoaissanoe de cette affaire et s'en lasse rendre compte bien exactement ; je ferai pour ce les dépêches nécessaires*
Sonléminence trouve fort à propos de réduire, durant cet hiver, votre smnée à vingt-cinq voiles , choisissant les meilleures , tant du levant que du ponant, et que Ton fasse hiverner six galères dans les ports des iles d'Hyères , afin d'y recevoir les ennemis , lorsqu'étant chassés par vos vaisseaux , ils y chercheront leur salut. A cet effet, son éminence en fait écrire à M. le général des galères , et lui mande que c'est l'intention du roi et la sienne.
M. le comte d'Harcourt, comme j'estime , demeurera en mer, y fera son ordinaire moyennant trois mille livres par mois , que son éminence lui fera donner ; vous , monsieur , si votre santé ne le permet autrement, demeurerez à terre en tel lieu qu'il vous plaira. La subsistance de l'armée, estimée pour quatre mois à cinq cent mille livres, avec cent mille livres pour les radoubs, calfats et parties imprévues,' qui fait en tout six cent mille livres, se pourra prendre trois cent mille livres sur le fonds de Provence, compris les six vingt cinq mille livres égarées, et le reste-tant sur les fonds des trois mois du licenciement des matelots et équipages, que suf* les assignations de l'année en f637 , où l'on espère prendre cent cinquante ou deux cent mille livres comptant; voilà , monsieur, ce que peut porter la présente, où il ne me reste lieu que pour vous prier de me croire inviolablement, • /
Monsieur,
Votre très-humble et obéissant serviteur , De Noyers.
A cette lettre de M. de Noyers était jointe la dépèche suivante :
A M. l'archevêque DE BORDEAUX ÉCRIVANT AUX VILLES DE MARSEILLE ET ARLES DE CONTRIBUER A L'ATTAQUE DBS ÎLES ET ENTRETENEMENT
DE l'armée.
Le ao octobre i636.
Mons. l'archevêque de Bordeaux, ayant su comme mes sujets des villes de Marseille et d'Arles n'ont pas contribué, ainsi que les autres de mon pays de Provence , aux frais de l'armement naval , à la subsistance de mes troupes et autres choses nécessaires pour la conservation de la
province et pour le recouyrement des îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Hpnorat, je leur écris afin qu'ils aient, à l'exemple de leurs compatriotes , k faire effort dan» des occasions si importantes et auxquelles ils sont autant ou plus intéressées que les autres, pour contribuer selon leurs moyens k l'entretenemeut de madite année navale , k celui de mesdites troupes et aux autres dépenses a faire pour la reprise de mes lies et la sûreté et défense de ladite province, pour laquelle je fais de ma part tout ce qui m'est possible ; et je leur mande que je remets la chose sur les instances que le sieur dé Lanson leur en fera de ma part , lesquelles je lui donne charge de concerter avec vous et nion cousin le maréchal de Yiti^ , et de presser lesdites villes de faire ce que vous jugerez ensemble qu'elles pourronl pour mon contentement et service ; de quoi j'ai bien voulu vous donner avis par cette lettre , afin que vous avisiez avec ledit sieur de Lanson ce qui sera k faire pour porter lesdits habitants k fournir une bonne somme de deniers pour subvenir aux dépenses susdites , vous y employant de votre part en tout ce qui dépendra de vous. A quoi m'assnrant que vous satisferez, je prie Dieu vous avoir, mons. l'archevêque de Bordeaux , en sa sainte garde.
LOUIS
SUBLET
M. d'Émery engage M. Tarchevêque de Bordeaux à donner satisfaction à M. de Savoie , au sujet des vaisseaux que ce prince réclame.
LETTRE DE M. D'ÉMERY
A M. L'àRGHBVËQUE DB BORDEAUX.
Monsieur ,
M. Duplessis- Besançon, que nous avons retenu jusqu^au retour de M. de Saint-Thomas , afin de répondre plus ponctuellement , s'en retourne si informé de ce qui regarde le secours de M. de Parme , et les volontés de M. de Savoie sur ce qui est des fortifications que vous avez k faire en ses États, qu'il serait inutile de vous en dire le menu.
150 LIVRE I. — eHAP. U.
Afin qa'il n'y ak rien à dire aux antBtances que voufi doit donner M. le marquis de Bagnasque, M. Duplessis a tu k lettre qp» Bon ahesse a faite lui-même. Autant que tous pQurrex , monsieur , les ménager et les lieux où logeront vos troupes^ je pense qu'il estdAserrioeduroide le fairCj^ afin de diminuer les plaintes q«e je suis obligé de souffrir tous les jours.
Si TOUS avez besoin de quelque chose de M« de Satoie où je puisse tous servir, il sera à propos que vous m'en donniez bientôt avis , parce que j 'espère dans quinze jours pouToir fiûre un petit voyage k la oour ; je laisserai ici quelqu'un des miens dont je tous donnerai aTis pour vous adresser k hii. Je pense que tous y trouverez toutes les fiicilités que vous poi»vez espérer. Gela est éti'ange que de cette aff«re ici sa majesté ne kd en ait rien écrit ni à moi aussi ; je n'ai pas laissé' d'y &ire toutes mes di-^ ligenees , sans avoir pu obteocitr la tour que vous désiriez. Je ne lui avais au commencement demandé que la viHe, suivant vos lettres; et de nous résoudre à tirer ses garnisons d'une de sesplaœs, je ne l'estime pas^ si le roi ne lui écrit et que sa ms^té ne le veuille fermement p et-oe serait causer un dégoût a ce prince qui pourrait produire de mauvais effets ; et je continue à vous dire , monsieur , qu'il est malaisé de continuer la guerre dans ses États sans se confier en lui.
Pour ce qui regarde le secours de M. de Parme , les considérations qu'il est nécessaire d'apporter en cette exécution , M. de Savoie les a mises par écrite lesquelles M. Duplessis vous porte. Je vous assure^ monsieur, que si vous tenez en bonne humeur M. le comte Fabio Scotti et que vous le rendiez capable des choses et que vous le guérissiez de ses méfiances , ce ne sera pas un petit service. Je n'ai pas été assez heureux, c'est une mauvaise conséquence quand on l'est davantage et plus capable de faire un si bon effet, et la nécessité des affaires de son maître lui donnera plus de confiance. A mon avis, je ne pense pas que Parme et Plaisance courait aucun risque quant k présent, mais voué pouvez lui faire douo^anent entendre que Sabionette n'est pas en cet état ; îl y a lon^-t^nps que j'«ti présage quelque chose de mauvais , et c'est ce qui m'a mal mis avec lui. M. de La Tour y a jeté quelques gens , mais ce secours n'étant pas capable de la garantir de perte , j'ai écrit à M. de La
LETTRE DE M. D'ÉMERY. — OCTOBRE 1636. 15
Tnillerye d'y faire jeter par M. de CandaHe deux cents soldats français. Je ne sais si cela aura lieu^ cependant il est nécessaire qu'il y pense de sa port comme nous feisons de la nôtre.
J'ai fait yoir à M. de Savoie les raisons pour ce qui regarde les yaisseam et le sel ; il m'a dit qu'après que tous lui ayez remis l'afiaire , et qu'il en a donné parole à ces marchands , il espérait de vous cette feyeur. M. Duplessis yous en informera particulièrement. Je yous supplie^ monsieur, par l'intérêt du service du roi, que toutes les choses que vous pourrez faire pour donner contentement a M. de Savoie, de les feîre, et je vous assure que ce ne sera point un petit service. Je ne vous saurais mander des nouvelles de la cour; j'attends M. de Castellane cette semaine. Il n'y en a point en ce pays (de nouvelles) dont M. de Besançon ne vous rende raison. Madame est dans le lit, malade, qui m'a chargé de vous écrire que vous Tiexcusiez si elle n'a point fait réponse aux lettres que vous lui avez écrites. Je suis ,
Monsieur, Votre très-humBle et très-affectionné serviteur ,
D'Émery.
Dans cette lettre, M. le cardinal de Richelieu approuve les projets de M. l'archevêque de Bordeaux, et lui donne ses instructions au sujet de ThivernAge de la flotte*
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU