‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 50 sur 160 · A M. L'ARGHEYÊQUB DE BORDEAUX ^ TOUCHANT JU' ARMÉE NAVALE 0U UVANT · texte numérisé non relu

A M. L'ARGHEYÊQUB DE BORDEAUX ^ TOUCHANT JU' ARMÉE NAVALE 0U UVANT

ly Amtens , ee »i octobre ttfSS.

Monsieur, )*ai su par le retour de de Loynes tout ce que vous lui avez donné chiPfcge de me dire , et le soin extraordinaire que vous prenez de tout ce qui concerne le service du rot et la réputation de ses afikires. Sa majesté en est très^^atisfaite, 6^> en inon piirtàfloiier, j'en ai plus de oontenjtenuçnt que je ne vous .puis dire* Jexiç,r^ymdfi point particulièrement à tousjes points de vos dépêches ; tant parce que l'accablement d'affaires où je ^uis ne me le permet pas , que parce aussi que M. de

Noyers en prend le soin. Il a envoyé tous les ordres nécessaires pour Tattaque des iles ainsi que vous l'avez désiré; maintenant il* vous envoie toutes les autres expéditions que vous avez demandées àdeLoynes.

Je trouve fort bon que vous choisissiez d^ns l'armée navale vingt>cinq vaisseaux pour tenir la mer durant le mois de décembre, et l'année prochaine le temps que nous l'estimerons à propos et nécessaire ; mais je ne juge pas que vous deviez partager les4its vaisseaux cet hiver et en faire différents corps , pour les raisons contenues au mémoire ci-joint.

J'approuve aussi la proposition que vous faites de laisser pendant l'hiver six galères à Porte-CrOs pour y attendre celles des ennemis et les combattre en leurs passages ; j'en écris à mon neveu le général des galères , afin qu'il ait le soin d'y envoyer lesdites galères lorsqu'il sera temps, et de les y faire subsister. J'ai donné charge à de Loynes de poursuivre auprès de M. de Bullion le paiement du reste de nos assignations pour la marine pour la présente année , et des fonds pour l'année pnv chaine. J'en ai écrit audit sieur de Bullion et à -M. Cornuel. De Loynes m'ayant fait connaître que le commandeur Desgouttes serait bien aise de se retirer et prendre du repos , je lui mande que je trouve fort bon qu'après le temps de l'armement fini , qui sera au dernier novembre > il s'en revienne à Paris ou qu'il aille chez liii, ainsi que bon lui semblera.

Pour ce qui est de M. le commandeur de Poinsy , je serai bien.aise qu'il soit continué dans l'armement, et que vous lui fassiez connaître l'estime que je fais de sa personne.

De Loynes m'a dit qu'il avait quelque mécontentement de ce qu'on lui avait ôté la charge de contre-amiral j je crois qu'il est raisonnable de la lui rendre ou quelque autre aussi honorable, ce que je remets à votre prudence. Desgouttes s'en revenant, vous lui pouvez donner sa charge.

Je vous recommande toutes choses dignes de recommandation aux lieux où vous êtes , et d'y faire comme vous avez tOiuJQUrs £^t pai^toiit ailleurs. Je.suis et. serai toiyours sans changement, , >

.'Monsieur,^ •.■'.• - *-*-. . /■',., ''-^

Votiie trèè-^affctetioritaé cozdme frè*e à vous rendre serVrce'^ '*'

' * ' ^ ^' ' 'Le Éàrdinal de Richelieu, "

Dans cette dépêche, M. de Guér^pin instruit M. Farchevéque de Bordeaux de l'état de l'armée espagnole et de ses desseins.

LETTRE DE M. GUÉRAPIN

A M. L^ARCmvâQUE DE BORDEAUX.

A Antibm, ce T«ndredi matin ai octobre 1^6.

Monseigneur ^

Aussitôt que je fus arrivé en cette ville, je vis M. le marquis de Bagnasque, qui me dit que les galères des ennemis étaient arrivées à M orgués avant-hier au soir. Il envoya à la Turhie pour en apprendre des nouvelles, et moi j'envoyai à Mourgues un espion assez entendu, qui m'a rapporté qu'il était hier au soir à cinq heures sur la galère de Ferrandina, où il apprit que cette nuit devaient partir six ou huit galères avec quelques rafraîchissements et des moutons pour porter aux îles; que la galère de Ferrandina n'était armée que de quatre à cinq (forçats) pour banc et une trentaine de soldats ; que toutes les autres sont plus faibles de chiourme et de soldatesque que celle-là , excepté les cinq galères de Florence , la capitane de Naples et celle de Doria ; que les soldats et la chiourme ont été réduits à quatorze onces de biscuit par jour, qui fait voir la nécessité qu'ils ont de vivres ; que l'on parlait d'envoyer à Gènes une escadre de galères, et que toutes les autres demeureraient à Mourgues pour voir la contenance de l'armée , et qu'il courait un bruit que quator^ barques , polacres et tartanes de Languedoc avaient descendu à Gènes il y a six jours quantité de blé et de vins, et que l'on y attendait dans peu de jours une flotte de Hollande qui porte deux cent mille éraines de blé; que l'on ne dît point ce que cette escadre va faire à Gênes, mais qu'il croit que c'est pour prendre des vivres , dont assurément les lies ont besoin. Que l'on ne dit point que les galères doivent prendre de la soldatesque , n'y ayant que cinq cents hommes de garnison à Mourgues. J'y ai envoyé encore un autre espion ce matin , qui m'apportera d'autre» nouvelles ce soir.

Pour des bateaux , il ne s'en est trouvé que trente à Villefratiche , et I. ao

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ici en tout; abiplmnent les mariniers n'y irealent point alkr et s'en sont fuis aux montagnes, sur ce ijue M. le marquis de Ba§nasqae les voulait contraindre d'aller à l'armée , de sorte qu'il a été d'ayis que TOUS envoyiez ici cinquante ou soixante de vos matelots pour prendre et envoyer ces trente bateaux sur la caution que j'ai dit^ que vous leur feriez donner de les rendre après l'occasion. J'ai mandé à M. Lequeux de m'envoyer trois ou qua|re cents livres pour leur donner quelque contentement et les porter à cette raison. J'attendrai sur le tout l'honneur de vos commandements avec impatience. Si vous vous en pouvez passer , ce serait bien de la peine épargnée^ sinon , envoyant des mariniers^ vous êtes assuré que nous aurons des bateaux de gré ou de force. Je suis ,

Monsieur , votre tres-humble et très-obéissant serviteur ,

GuÉRAPIN.

Observez , s'il vous plaît , les feux des ennemis , parce que ce sont des avertissements qu'il doit entrer tôt après quelque chose aux iles^ et faites tenir de bonnes gardes avancées.

p. S, y ai prié M. de Corbon d'envoyer à Morgues; il me promet de le faire aussitôt qu'il aura parlé à M. le maréchal , qui l'avait mandé et qu'il était en chemin d'aller trouver.

M. Duplessis-Besançon répondit de la sorte au nom du duc de Parme relativement à la note envoyée par M. le cardinal de Richelieu.

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