DISCOURS DU SIEUR FABIO SCOTTI
TOUCHANT LE SEGOimS DE PARME.
Messieurs ,
Je vois que vous vous préparez a Tentreprise des îles , laquelle , à cause que les ennemis sont si pourvus^ non seulement réussira très* difficile, mais presqu'impossible : sans doute dans cette entreprise mourront les meilleurs de vos soldats et officiers; c'est pourquoi l'obligation que j'ai envers sa majesté et le service de M. le duc de Parme, mon maître, me contraint, messieurs, à vous supplier de considérer quel préjudice cela apportera aux armes de sa majesté , si , hasardant une telle entreprise , elle ne vous réussit bien , et que quand même elle vous réussirait, le secours de son altesse de Parme demeurera entièrement empêché à eause du dommage que vos tix>upes recevront nécessairement. L'empêchement de ce secours contraindra son altesse de céder à la force et violence des ennemis , et sa chute rendra odieux à toute l'Italie le nom français, pour ayoir abandonné un prince si zélé à cette couronne, et qui, si généreusement méprisant les offres des autres, s'est jeté entre les bras du roi. En ce trouble, rien ne me console, sinon la grande prévoyance de vous autres, messieurs, la* quelle me fait espérer que vous embrasserez le parti le plus assuré , et me conduirez promptement pour débarquer, afin de secourir M. le duc de Parme, lequel je vous déclare, messieurs, ne peut plus résister ^ sinon peu de jours , où l'entreprise des îles se peut remettre en un meilleur temps avec notre plus grand avantage.
Dans- les dépêches suivantes, le roi, M. le cardinal de Riche* lieu et M. de Noyers continuent d'engager M. de Sourdis à s'occuper efficacement de l'attaque des îles. Le gouvernement frartçais attachait avec raison à cette entreprise une telle importance que les trois lettres suivantes sont écrites pour ainsi dire coup s«r coup , à vingt^quatre heures de distance.
• • . LETTRE DE M. LE CAR;DINAL DE RICHEUEU
A M. l'archevêque DE fiOlftoSAUX, TOUCHANT L' ATTAQUE DES tLBS