A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX , POUR LB PRESSEE DE FAIRE ATTAQUER
LES Iles.
De Cliantillj, U ao nofvinlire i696.
Mons. FarcheTéque de Bordeaux , ne recevant point de nouvelles que TOUS ayez commencé l'attaque de mes ennemis dans les lies de Saiole- Margnerite et de Saint-Honorat, et ayant cette affaire grandement à cœur, comme la plus considérable que je puisse entreprendre pour la réputation de mes armes et l'avantage de mon État , je vous dépéobe le Mcur de Baumes , premier capitaine au régiment de la Marine , pour presser tjette attaque et y être présent, avec charge de vous témoigner de nouveau , comme j'ai déjà fait, par le sieur de Frémicourt , que vous ne sauriez me rendre de service plus agréable et plus important que ée lever toutes Icss difficultés qui peuvent retarder l'ezécutioD de cette entreprise, du succès de laquelle attendant ées mmvdks aveÏD impatience, je me remets sur le sieur de Baumes de ce que je poorms ajouter ici
SOT ce siyet, .désirant que voas lui donniez entière créance; et but ce , je prie Dieu tous avoir, mons. l'arcbevéque de Bordeaux, en sa sainte garde.
LOUIS
SUBLET
LETTRE DE M. DE NOYERS 'a h. l'arcbevëqub de bordeaux.
De Corbie , le 1 1 noTemhTe i636.
MoilSIRUR ,
Je ne vous puis dire combien son éminence porte impatiemment
le délai de t'exécation du dessein des îles. Le dernier courrier avait rap-
; le 10 de ce mois , et à présent Ton hqus dit que
^ ce qui est des galères et de partie du reste des
►e grâce , monsieur, pourvoyez-y de sorte que l'on
ir nous , et faites que rien n'y manque , quagd vous
> toutes parts; faîtes que rien ne retarde cette si
e , et ne doutez que de çà son éminence ne fasse
yaloir vos services comme d'une personne qui lui est extrêmement chère.
J'euvoie la dépêche qu'avez désirée à M. d'AUuin, et lui fais sentir
que l'on ne peut pas approuver sa procédure; et en vérité, monsieur,
"il est insupportable de voir un gouverneur mettre par surprise toute
l'artuée en hasard de périr.
J'ai à vous dire que deux cents charges de hM saisies par le sieur Foucaultayant été réclamées par le commis de M. d'Argencourt, son éminence n'a pa> voulu lui tenir la rigueur, comme tous le verrez par l'arrêt du conseil (te la marine. Je vous prie aussi , monsieur, de vous y rendre facile en feveur du'pi'ofit.
Au reste , si vous ne nous man^tez de bonnes nouvelles des îles , tout est perdu, et il restera quelque chose à désirer à notre joie : Dieu vous en donne les moyens , et me faites l'honneur de me croire ,
Mon#ieiv, votre trè«-hi4iDbIe et très-atfeptionné^sei'viteur,
De Noyers.
Dans cette dépêche, M. le cardinal de Richelieu exprime de nouveau tout son étonnement et son mécontentement à M.- de Sourdis sur les retards apportés à Tattaque des îles. Il lui enjoint expressément , dans le cas où cette attaque serait impossible, de s'occuper sans délai de faire embarquer les troupes destinées à M. le duc de Parme.
LETTRE DE M»' LE CARDINAL DE RICHELIEU
A M. l'archevêque DE BORDEAUX , TOUCHANT L' ATTAQUE DES iLES.
De Ruel, ce S êlcembre i636.
Monsieur ,
Le capitaine du régiment des Iles s'en retournant ayec le fonds de la montre dudit rëgiment qu'il était venu poursuivre, je ne l'ai pas voulu laisser partir sans vous faire cette lettre pour vous dire que je suis extrémeâient étonné du retardement que l'on apporte à exécuter les., ordres du roi touchant l'attaque des îles de Saint^Honorat et Sainte- Marguerite , vu qu'il y a plus d'un mois que vous avez mandé de deçà que tout ce qui était nécessaire pour cela était prêt , et que l'on n'attendait rien pour commencer que les galères qui n'avaient pas enoore joint le corps de l'armée navale. J'ai su depuis que lesdites galères sont arrivées , mais que tous ceux qui doivent conduire et servir en cette occasion s'excusent les uns sur les autr^ , et consument ainsi le temps inutilement sans rien faire , ce qui apporte un ti'ès-grand préjudice au service de sa majesté et à la réputation de ses affaires. Vous m'aviez écrit que vous aviez pourvu de telle sorte à toutes les choses que. l'on pouvait désirer du côté de 1» mer pour faire ladite attaque , que rien ne manquerait^ et que si on ne l'entreprenait pas^ le défaut ne viendrait pas de vous, mais des autres. Je vous conjure encore de vous y employer soigneutement , afin que si cette affaire vient à manquer, que tçut le monde connaisse ceux qui en seront cause, et que l'on ne rejette pas le blâme sur vous , comme j^prévois q^ie l'on fera, si toutes choses ne sont bien prêtes.