LETTRE DE M. FABIO SCOTTI. — JANVIER
choses , afin que la bonne volonté de sa majesté et de son éminence ne soit pas vaine pour ce qui concerne de porter le secours à M. le duc de Parme , qui a si vivement témoigné sa dévotion envers cette couronne, et ia perte duquel apporterait beaucoup de préjudice à la France. J'at^ tendrai votre réponse pour savoir comme je me devrai gouverner, et demeure pour toute ma vie ,
Monsieur, votre très-humble et très-obligé servitem*,
Fàbio Scotti.
M. d'Emery prévient M. rarchevêque de Bordeaux que les deux cents cavaliers demandes par le roi à M. le duc de Savoie arriveront bientôt.
LETTRE DE M. D'ÉMERY
à m. l'archeveque de bordeaux.
Monseigneur ,
Il est arrivé ici , ce matin , un courrier avec les ordres du roi , à M. le duc de Savoie , d'envoyer promptement deux cents chevaux de cette armée ^ qui arrivent à Cannes dix jours après l'arrivée de ce cour* rier précisément, ce qu'il a effectué; et en même temps à choisir ce nombre dans les troupes qui sont ici , auxquelles il a fait commandement de partir le 8 de ce mois, qui est après-demain. Ce d'autant , monseigneur, que le col de Tende est à présent fermé par les neiges et qu'il n'y a point d'étapes établies par cette route , son altesse a jugé à propos de les faire passer par Barcelonette, jusqu'où il leur fait fournir Tétape. C'est pourquoi il est nécessaire, s'il vous plait, monseigneur^ que M. le maréchal de Vitry ordonne à b commu-p nauté de Seynes et aux autres entoite, jusques à Cannes, par la route qu'il jugera la plus courte, de. recevoir ce nombre de cavalerie, qu il renverra, s'il lui plait, en cas qu'elle n'arrivât à temps, et qu'elle ne fût plus nécessaire à l'exécution pour laquelle elle est envoyée. L'on fait en sorte néanmoins qu'elle arrivera au lieu du rendez-vous le 1 8
OU le 1 9 de oe mois ^ et son altesse vous envoie oe courrier exprès pour vous eu donner avis , de quoi j'ai cru être obligé de vous faire part et TOUS assurer qu^il n'y a personne qui soit plus véritablement que moi ,
Monseigneur ,
Votre très-4imable et très-obéissant serviteur,
Chàbenat '.
A Turin , ce siriène jour de l'année.
M. le duc de Savoie apprend à M. de Bordeaux que les Espagnols se sont rais en campagne , et le prie consequemment de hâter l'enToi des troupes qu'on promet à M. le duc de Parme depuis si long- temps.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
À M. L'ARCHEVfiQUE DE BORDEAUX.
De Tarin, -le la jenyier 1687.
Monsieur rarchevéque de Bordeaux, j'ai reçu votre lettre du 2 de ce mois, où j'ai vu que vous me faites espérer de l'affection qu'auront les soldats de l'armée navale à servir le roi par deçà quand ils en aiux>nt su la volonté de sa majesté, sur quoi je vous dirai que M. de la Grave étant allé par commandement de sa majesté en tous les lieux où il y a des troupes destinées pour l'Italie, afin de presser leur départ, j'estime qu'il sera allé ea vos quartiers, avec les ordres nécessaires, en conformité desquels je veux aussi me promettre que vous contribuerez de votre côté tout ce qui se pourra pour le prompt acheminement desdites troupes, qui nous sont extrêmement nécessaires ici, où les ennemis se sont mis en campagne bien forts, ayant investi , dès le 10^ du courant, Nioe-de-la-FatUe, et étant après à vouloir exécuter qudque plus grand dessein. Nous tâchons de remédier k tout le mieux qui nous est possible, en attendant les assistances de France.
* Secrétaire de M. d^Émery.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE. — JANV. 1637. 251
Je You» remercie cependant que vous ayez donne lieu à mon gabeUier de ae servir du vaisseau flamand, vous assurant que je correspondrai toujours 9 . de mon côté , à toutes les courtoisies -que vous exercerez en mon endroit^ et que je serai parfaitement aise de vous témoigner en toutes sortes de rencontres que je suis,
Monsieur l'archevêque de Bordeaux , votre affectionné à vous servir,
y. Amedee.
La lettre suivante du roi est relative à l'hivernage de la flotte tant en levant qu en ponant.
A M. l'archevêque DE BOUDEAUX.
De Saint-Germatn-en-Laje, ce i5 janvier iSS;.
MoMienr l'archevêque de Bcmieaux^ voulant vous faire savoir de bonne heure mes intentions touchant mon armée navale , je vous lais cette lettre petor vous dire oonuBe j'ai résolu de laisser pendant cet hiver dans mes porls «fc mer» 4e Provence une partie des vaisseaux de madite armée et à faire repasser l'autre, sous votre conduite , dans les mecs de ponant^ pour les &ire radouber suivant le rôle oi-joint, auquel vous aurez a voua conformer et à mener avec vous les vaisseaux que j'ai destinés pour ea» mers de deçà^ aussitôt que vous aurez mis à terre le aecoursrdetroupes que j'envoie à mmi cousiii le doc de Parme, leqnd je veux éàre fait auparavant qu'aucun des vaisseaux de mon armée se sépare; Etm'assmsant que v<ms satisferez à œ qui eat eu cela de ma volonté , je ne vous ferai oejble lettre {4us longue cpie pour prier Hitm qu'il vous ait,
Monaîenr Farcheirèqiae, en sa sainte garde ,
LOUIS
SUBLET
252 UVRE U. — CHAP. lU.
Des difficultés réelles ou simulées, mais toujom*s renaissantes, retardèrent encore l'envoi du secours de Parme. Le roi , désespérant de voir laccomplissement de cette mesure si politique et si urgente , écrivit et fit écrire par M. de Noyers les lettres suivantes à M. de Bordeaux.
LETTRE ME M. DE NOYERS
A M. l'archevêque DE BORDEAUf .
De Rael, le 17 janrier 1637.
Il y a tant de donneurs d'avis dans les provinces que cela nous met en une extrême peine. Voilà que tout présentement Ton mande qu'il en ira du secours de Parme comme de l'entreprise des îles : que l'on dit que tout est prêt, et que quand ce vient à l'exécution il ne se trouve rien; que vous demandez paiement de la poudre, plomb et mèche que vous donnez aux soldats, et que comme avant l'arrivée du sieur de Frémicourt il n'y avait point de fonds , c'était le moyen d'échouer l'affaire ; que vous voulez que l'on donne le fonds des montres du régiment de Vitry, la Tour et Yaillac , et que comme on leur a donné espérance de cela, qu'ils disent hautement qu'ils ne partiront point que cela ne soit ; que c'est encore cabrer de Vitry et empêcher que ni les uns ni les autres ne marchent. U y a été remédié par les ordres que porte ledit sieur de Frémicourt, et à quantité d'autres inconvénients que l'on cote par les avis de delà , auxquels nous ne donnons pas plus de croyance que de raison ; mais comme le secours de Panne presse extraordinairement , le roi , pour ne rien omettre de ce qui y peut aider, envoie encore M. de Baume, avec ordre d'en solliciter l'exécution sans relâche. Je m'assure que comme il est très-brave homme, vous serez bien aise de le revoir et de lui donner moyen de s'acquitter heureusement de sa commission, comme je vous en prie, et de me
croire.
Monsieur, etc.
De Noyers •