‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 16 sur 142 · XVI LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

XVI LA VIE ET LES TRAVAUX

défendre; mais je me demande si tant de sévérité ne s'expliquerait pas par cette simple parole dite par lui quelques années plus tard, « qu'il faut éviter dans « toutes les opérations littéraires ce qui sépare l'esprit «de l'âme. » L'esprit, il me semble, c'est quelque chose de palpable et qui se trouve presque à la surface. On le voit, on le touche, il se communique aisément. C'est lui qui nous défraye dans les relations du monde, dans la conversation , dans les affaires ; il suftit pour placer un homme très-haut dans l'estime de son temps ; il fait la fortune de beaucoup de livres, et j'en sais, même parmi les fameux, qui ne vivent que par lui. Mais l'âme, c'est la substance divine un moment prêtée à la terre, éternel élément qui se laisse difficilement incorporer aux ouvrages des hommes, et qui leur communique, lorsqu'il s'y attache, une part de son immortalité. N'était-ce point là ce que M. Joubert cherchait dans les livres, non par exigence calculée et de propos prémédité, mais parce que ses sympathies se refusaient malgré lui aux écrivains que n'animait pas ce souffle céleste, ou qui n'avaient pas su du moins le faire passer dans leur œuvre? fit. de Fontanes peut-être se contentait à moins. Plus indulgent pour les autres et pour lui-même, il n'exigeait pas qu'au travers des jeux de l'esprit, de ses grâces ou de ses caprices, on entendit résonner sans cesse la voix profonde de l'âme, mêlant à chaque, parole ses vibrations pénétrantes Le marbre

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