‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 19 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. XIX · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. XIX

« ration que les Anglais ; ils se rapprochent fort du « goût français à cet égard. Les descendants d'Ossian « regardent un peu leurs vainqueurs comme des bar- « bares. Plusieurs gens d'esprit d'Edimbourg m'ont « parlé en blasphémateurs de Shakspeare ; mais ils ont « tous ajouté qu'aucun d'eux ne voudrait écrire puce bliquement ce qu'il pensait. Je n'ai nul intérêt à vous « tromper. Je me mets en garde contre les fausses « observations, et jusqu'à présent je pense n'en avoir « laissé entrer aucune dans ma tête. Cependant, comme «je ne veux pas vous donner plus de vérités que n'en « peut porter votre foi chancelante, je ne vous dirai « pas que toutes les tragédies de Voltaire sont traduites « et jouées souvent; que Mahomet, Alzire et Tan-' « crède ont été représentés depuis mon séjour en cette « ville ; que "Voltaire, comme poète tragique et comme « historien, jouit de la plus grande célébrité. J'attends « que vous soyez plus fort pour vous mettre à de si « cruelles épreuves. »

Il n'attendait pas longtemps ; car, quelques jours après, il lui écrivait encore :

« La France a souvent averti les Anglais du mérite « de leurs grands hommes. Ce n'est qu'en 1742 que « Shakspeare a eu un monument à Westminster. Vol- « taire , qui passe maintenant, chez quelques enthousiastes, pour son détracteur, l'a véritablement plus

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