DE M, J. JOUBERT. XXI
« putation , et je m'applaudis d'en avoir deviné plu- « sieurs
« Voilà des vérités dures. Qu'y puis-je faire? Je sais « admirer ce qui le mérite dans la littérature anglaise; « mais je vous avoue que votre Shakspeare me fait « rarement plaisir. Dans l'effervescence de la première « jeunesse, j'ai eu la plus grande admiration pour les « Soirées helvétiennes et Y An 2440 ; aujourd'hui que « mes idées sont mûres, je vous dirai en conscience « qu'il ne faudrait, pour me punir, que me condamner « à relire ces ouvrages.
« Il y a mille choses que je vous écrirais si je ne « craignais de vous bouleverser totalement. Ma con- « clusion est que le peuple anglais vaut moins de près « que de loin. La patrie de l'imagination est celle où a vous êtes né. Pour Dieu! ne calomniez point la «France, à qui vous pouvez faire tant d'honneur! «Lisez dorénavant quelques pages de Shakspeare, et « toute Athalie, toute Zaïre, toute Mérope; félicitons- « nous d'être nés sous ce beau ciel, sur cette belle « terre , parmi ces aimables habitants du premier « royaume de l'Europe. »
Ces vives attaques contre la littérature anglaise bouleversaient-elles, en effet, les idées de M. Joubert? Peut-être son admiration pour Shakspeare en étaitelle intimidée , car il ne pouvait le lire que dans une traduction qu'on lui disait mauvaise; mais assuré-