‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 44 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. XLVII · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. XLVII

à ud autre siècle. L'orthographe même d'un grand nombre de mots, comme auctorité, thrésors, manuscripts, sentait son vieil homme; on eût dit d'un ancien attardé, fourvoyé au travers des âges.

Appelé cependant par la haute estime de M. Royer- Collard aux fonctions d'inspecteur général des études, mon père vint bientôt à Paris. Ses succès universitaires, l'affection de M. de Fontanes et quelques voyages faits dans l'intervalle avaient achevé une liaison préparée par sa correspondance. Son premier soin, en arrivant, fut de nous présenter à M. Joubert.

Quoique souffrant au moment de notre visite , celui-ci voulut nous recevoir, et madame Joubert nous introduisit près de lui. Tout me parut, dans son appartement, d'une remarquable simplicité. Le seul ornement qu'on y distinguât consistait eu gravures françaises ou étrangères, dont le choix avait été évidemment dicté par une prédilection décidée pour les scènes de famille, les sentiments religieux, la délicatesse et l'ingénuité des expressions Qui m'eût dit

qu'à quinze ans de là, uni à la famille de M. Joubert par les liens les plus étroits et les plus chers, j'habiterais à mon tour la modeste demeure où je venais de pénétrer en étranger ; que le sort m'appellerait à recueillir, aux lieux où elles étaient écloses, les pensées de cet excellent homme ; que sa bibliothèque deviendrait la mienne; que j'écrirais ces lignes obscures et

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