DÉ M. J. JOUBERT. LXXIII
c lant à son tour et s'intéresse au bien des autres !
« 11 avril. J'ai pensé à mon propre bonheur, à a l'état de calme et de paix de l'âme et du corps de « la mère, à la bonne et décente conformation de « l'enfant, qui est un bien inappréciable. Quoique né « d'une mère faible, il est fort assez : sa constitution « est saine : on l'eût levé de terre à Lacédémone.
« Accouchement ne fut jamais plus heureux, ni « allaitement moins difficile. Après tant de craintes si « heureusement démenties, je me suis dit : Réjouis- « toi ; j'ai gardé la maison et me suis promené dans « le petit jardin pour me recueillir dans ma joie. »
Ce fils, objet de bien des espérances par les grâces de son premier âge et les succès de sa jeunesse, ne les avait pas toutes remplies. Quand le temps de la maturité était venu, il avait fallu combattre en lui, et l'on avait combattu vainement d'inexplicables bizarreries, un éloignement singulier des voies communes, un dégoût insurmontable pour tout effort utile, toute occupation féconde. Ce n'était pas qu'il ne fût doué d'un esprit distingué, d'une instruction solide et d'un cœur excellent; de vifs sentiments religieux le garantissaient d'ailleurs des mauvaises passions et des écarts qu'elles amènent; mais, frappé d'une sorte d'immobilité mo* raie, il se dérobait, par une résistance inerte, et pourtant opiniâtre, aux soins que son père voulait prendre de ses relations et de sou avenir. Dans cette lutte très-