DE M. J. J0UBERT. XCI
tons pleins d'ébauches que, depuis sa mort, on n'avait point ouverts, et dont il suffisait, en quelque sorte, de secouer la poussière, pour en faire sortir des chefsd'œuvre. C'est là que j'ai trouvé, outre une foule d'aperçus nouveaux, presque tous les morceaux de quelque étendue qui figurent dans le recueil, séparément ou mêlés aux pensées. Toutefois j'y ai vainement cherché la trace d'articles anonymes insérés dans les journaux du temps. J'ai lieu dépenser qu'il n'en a point écrit; et mon opinion se fonde non-seulement sur le témoignage d'un homme qui l'avait vu arriver à Paris, et qui n'a pas cessé, jusqu'à la fin, d'entretenir avec lui d'étroites relations, M. le chevalier de Langeac, mais sur la nature même de son esprit et de son talent. « Le ciel, » disaitil, « n'a mis dans mon intelligence que des rayons, et « ne m'a donné pour éloquence que de beaux mots. Je « suis, comme Montaigne, impropre au discours con- « tinu. » Il avait contracté, en effet, une telle habitude deprocéderpar pensées isolées, par couplets, pour ainsi dire, qu'il n'a même jamais réuni en une seule trame les lambeaux des pièces de quelque haleine insérés dans cette édition. C'est moi qui, adoptant la leçon qu* me paraissait la meilleure, parmi de nombreuses copies de ces parcelles, ai rapproché en faisceaux les rayons jusque-là demeurés épars.
Sa correspondance était le travail le plus suivi qui lui eût survécu, en même temps que le reflet le plus