‹ Correspondance de Jean-Baptiste Rousseau et de Brossette; publiée d'après les originaux, avec une introduction, des notes et un indexChapitre 34 sur 128 · CI GIT · texte numérisé non relu

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Sieur Antoine Houdart de La Motte, de rAcadémie française.

I. Michel-Roger-Celsede Bussy-Rabutin(i664-I736), filsde l'auteur de l'Histoire amoureuse des Gaules.

I20 Page 15. Lorsque ses premiers ouvrages parurent Il n'avait point passé par de faibles essais ; On n'était pas averti Et on n'eut pas le loisir de se précautionner Contre l'admiration.

125 P. 14. Ce jeune inconnu parut subitement avec des odes à la main Pindare dans les siennes est toujours Pindare, Anacréon toujours Anacréon :

Monsieur de la Motte, Après avoir commencé par être Pindare 130 Sut devenir Anacréon.

Il passa au Théâtre tragique Et il y fut universellement applaudi Dans trois pièces de caractères différents : Sublime de la Religion divine, 135 Grandeur Romaine naissante,

Sentiments les plus tendres.

P. 15. Un autre Théâtre l'a encore plus souvent occupé. Quoiqu'il eût été en droit de le mépriser Mais il a fait mieux : il y a beaucoup réussi. 140 P. 20. Dans d'autres genres qu'il a embrassés aussi Il n'a pas reçu les mêmes applaudissements. P. 15. On trouva mauvais qu'il touchât au divin Homère.

Sans l'adorer.

P. 15. Il fit une Iliade

145 P. 16. Qui ne paraît pas jusqu'ici se relever;

Et dont, pour le dire le plus obscurément qu'il est possible, Le seul défaut est d'être V Iliade.

Il donna un recueil de Fables Dont il avait inventé la plupart des sujets ; i$o Et on demande pourquoi il faisait des fables

Après la Fontaine P. 14. Il a traité presque tous les genres de poésie. P. 16. C'était toujours un nouveau style auquel il savait se

[plier, P. 15. Mais il en eût coûté trop d'estime

, ) Pour lui rendre une justice entière

P. 19. Quand on a été le plus avare de louanges sur son sujet, On lui accordé le premier rang dans la prose Pour se dispenser de lui en donner un pareil Dans la poésie.

160 P. 18. Il prenait souvent des idées dans des sources assez éloi-

[gnées De celle de l'Hippocrène ; Dans un fond peu connu de réflexions fines et délicates, Quoique solides .

P. 21. Tout ce qui était du ressort de la raison 165 Était du sien.

P. 18 et 19. Il a bien su cueillir les fleurs du Parnasse

Mais il y a cueilli des fruits Qui ont plus de substance que ceux du Parnasse n'en ont com-

[munément.

P. 18. Un poète si peu frivole,

170 Si fort de choses.

Ne pouvait pas être un poète.

P. 17. Quelques-uns l'ont dit et mille échos l'ont répété Ce n'était point un enthousiasme involontaire qui le saisît, Une fureur divine qui l'agitât,

17) C'était seulement une volonté de faire des vers.

P. 14. Le plus souvent on est étrangement borné par la nature. P. 21. On n'eût pas facilement découvert de quoi il était inca-

[pable.

Il n'était ni physicien, ni géomètre, ni théologien ; Mais on apercevait que pour l'être 180 II ne lui avait manqué que des yeux et de l'étude.

P. 22. Il n'avait point établi, dans sa tête, son style Pour règle de tous les autres styles.

Il savait que le beau et l'agréable sont rares. Mais non pas uniques.

18) Ce qui était le moins selon ses idées particulières

N'en avait pas moins droit de le toucher ; Et il se présentait à tout

Bien exempt de cette injustice du cœur Qui borne et qui resserre l'esprit.

90 Du fond de ses sentiments, il se répandait sur ses principaux

[écrits Une certaine odeur de vertu, Délicieuse pour ceux qui en peuvent être frappés. P. 20. Un homme si rare ne tire pas à conséquence. Il mourut le 26 décembre 1731, '9) Agé de 59 ans.

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