‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 10 sur 238 · A MADKMOISEI.LE CORÎS l) I.IKI; DE LUClMlfiRE · texte numérisé non relu

A MADKMOISEI.LE CORÎS l) I.IKI; DE LUClMlfiRE

Le 30 mars 1829.

Ce que vous me dites de voli-e saiilé ù toutes iii(3 fait bien de la peine, mon excellente omit; : lâchez donc un peu d(; vous ravigoter. A quoi servent toutes ces fièvres et ces inflammations? laissez-moi tout cela, si vous m'en croyez, et gaudeamus, mes sœurs ! J'espère que le printemps vous remettra sur pied. Le pauvre abbé Gerbet a beaucoup souffert l'hiver dernier ; depuis huit jours, il court les chanîps avec mon frère, et je ne l'attends qu'à la fin de cette semaine. Ils sont allés à Malestroit; demain ils seront à Rennes, puis à Fougères, et puis ici. Pour moi, je suis très-faible : voilà le hic; cola ne m'empêche pourtant pas de causer avec Monseigneur*. Vous devez avoir maintenant une première lettre, qui sera suivie de plusieurs autres y comme dit la chanson. J'espère que Sa Grandeur sera contente, autrement elle serait bien difficile; j'ai quelque espoir qu'elle ordonnera de lire notre correspondance au prône, et cela m'encourage tout à fait. Il y a un petit mot, en passant, pour votre visiteur du dimanche^; j'ai é.é bien aise de rendre hommage à son innocence : ce sont de ces choses qui se doivent.

On commence donc déjà à chanter sur une autre clef? ce sera bien autre chose, dans un ou deux ans : voulez-vous savoir leur histoire? ce sont des gens qui ne veulent pas marcher : pan! un coup de pied dans le c; cela vous les pousse à cent pas ; mais, cette manière de voyager leur paraissant rude, ils crienl comme de beaux diables en se hollanl les fessi'S; peu à peu la douleur s'apaise, et ils se trouvent bien là où ils sont. Il n'y a que le premier moment qui soit un peu désagréable. ^

* Monseigneur de Paris; allusion aux leUrcs dont il a élé déjà quewion.

- 11 s'agit iri, sans doulu, de i|ueliiu'un de ces ecclL-siasliques « gallicans» qui, de temps à autre, se risquaient chez les Meiiuaisiens et les Meunaisiennes de la rue des Postes.

Mille hommages et mille amitiés à nos bons missionnaires. Je vous embrasse toutes, petites et grandes, et le bon père Carissan. Souvenirs à vos bons domestiques; écrivez-moi le plus que vous pourrez. Votre vieil ami.

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