‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 110 sur 238 · A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS

Juilly, le 5 décembre 1850.

Je vous écris ces deux mots fort à la hâte, mon cher ami, pour vous donner au moins signe de vie et pour vous rémer-

* Lamennais comparut, le 51 janvier 1851, avec MM. Lacordaire etWaille, devant la cour d'assises, comme prévenu de provocation à la désobéissance aux lois, et d'excitation à la haine et au mépris du frouvernemenl. Ces deux délits résultaient, suivant l'accusation, de deux articles de l'yli'^w/r ; le pre-, niier, de M. Lacordaire, intitulé : Aux Évêques de Fronce ('25 novembre 1850) ; le second, de Lamennais, intitulé : Oppression des catholiques (26 novembre). La thèse soutenue se résumait ainsi : « Les Évêques devraient recevoir leur institution du chef de l'Église, sur la présentation des fidèles. — Une loi déterminerait le mode de leurs assemblées. — Le gouvernement renoncerait k salarier les prêtres qu'il cesserait de nommer. » Les trois accusés turent acquittés. Selon les bruits du palais, Lamennais n'aurait été absous qu'à une seule voix de majorité, et M. Lacordaire seulement en vertu du partage égal des voix.

cier. Votre article est admirable; il est, d'un, bout à l'autre, empreint (In plus beau talent; c(?pendant des eirconslances et (les convenances, ([ue je ne puis vous expli({uer dans une lettre, ne nous permettent pas de nous en [)arer en ce moment : tout maintenant est du jour, de l'heure, et presque de la minute.

Des associations catholiques, pour la défense légale de nos droits, s'organisent dans une jurande partie delà France; Toulouse ne suivra-t-elle point cet exemple, elle qui est faite pour le donnjîr'?

Les articles signés C. de C. sont de M. de Coux; ceux signés H. L. C. , de l'abbé Lacordaire; H., de M. Harel; F., de M. Rohrbaclier.

Lacordaire et moi nous avons comparu devant le juge d'instruction. Le public ne conçoit rien au piocès qu'on nous intente, lorsque nous n'avons demandé et ne demandons que l'exécution, égale pour tous, de la Charte; il est possible que le gouvernement ne donne pas de suite à cette affaire. Pour nous, il nous serait doux d'être jugés par toute la France qui lira l'accusation et la défense.

Recevez, mon cher ami, l'assurance de mes inaltérables sentiments.

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