A SON ÉMINENCE LE CARDINAL WELD
27 février 1831.
Éminence ,
Dans les graves conjonctures où se trouvent l'Europe et la France en particulier, il est de devoir pour les catholiques appelés à défendre la Religion, et d'un devoir plus strict pour les prêtres, de s'assurer qu'ils ne s'écartent en rien de la Foi, et par conséquent de recourir au Pasteur suprême pour recueillir humblement de sa bouche les oracles infaillibles de
* Le P. Ycntura avait cru devoir à sa posiUon et à ses relations connues avec Lamennais un désavœu public des doctrines de YAveiiir; désaveu au moins inconvenant en sa forme, qu'il désavoua implicitement, peu do temps après, et dont il obtint sans peine le généreux pardon, constaté par des lettres de lui que l'éditeur de celte Correspondance conserve précieusement.
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rcHernelle Vérité. C'est ce que font aujourd'hui les rédacteurs de VAvetiir; ils ont cspéié que vous voudri<'z bien déposer aux pieds du Sainl-i'ère la déclaration de leurs doctrines, en le suppliant de les redresser s'ils étaient involontairement touibés dans queUiue erreur, auquel cas ils s'empresseraient de donner à leur rétractation toute la publicité possible; car ils n'ont rien tant à cœur que de se niontrer les enfants les plus dociles comme les plus dévoués du l*ére commun.
En priant Votre Émineiice de solliciter de lui cette grâce, ils n'ont pas en vue seulement d'accomplir un devoir personnel, mais encore d'être utiles à la cause de l'Église elle-même, certains qu'ils sont que le jugement qui approuverait ou condamnerait leurs doctrines contribuerait très-puissamment à ramener les catholiques, en France et hors de France, à Funité des sentiments. Ils osent espérer que cette pensée touchera la grande âme de Grégoire XVI, et leur servira d'excuse près de lui, comme aussi près de Votre Éminence. Je la prie d'agréer l'assurance du profond respect et du sincère attachement avec lequel je ne cesserai d'être
Son très-humble, etc.