A M. L'ABDÉ AtJGEÎ
IJuilly, 16 avril 1851.
Je sais qu'on vous a communiqué une prétendue lettre de moi, où sont exprimés des sentiments qui doivent inspirer une horreur profonde à quiconque est catholique. On a fait circuler secrètement, dans le midi de la France, une semblable lettre. J'ignore, jusqu'à ce moment, quel est le centre de ces infernales inacbinalions; mais je tiens déjà quelques fils à l'aide
desquels j'espère que je parvicndiai à le découvrir. Tous les lionnôtes gens sont intéressés à ce que les auteurs d'aussi noires calomnies et d'intrigues aussi infâmes soient publiquement démasqués, et j'ai trop de confiance dans votre équité et votre religion pour douter un seul instant que je n'obtienne de vous tous les renseignements que vous êtes à même de me donner pour atteindre ce but. Je ne vous demande rien qui ne soit une obligation de justice, un devoir rigoureux de conscience, rien que je n'aie môme le droit de léclanier devant les tribunaux. Ce que j'ai surtout intérêt à savoir, c'est le nom de la personne qui vous a communiqué la lettre en question. Dans une circonstance pareille, je n'hésiterais pas à faire, à votre égard, ce que je demande de vous, et je croirais môme, si je ne le faisais pas, manquer non- seulement à la charité, mais commettre une grande injustice.
J'ai l'honneur d'être avec respect, monsieur l'abbé, votre très-humble et très-obéissant serviteur.