‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 147 sur 238 · A M. LR MARQUIS DE COniOIJS · texte numérisé non relu

A M. LR MARQUIS DE COniOIJS

A la Chênaie, le 15 décembre 1832.

Vous avez grande raison, mon eher ami, il faudrait un journal indépendant (jui dit la vérité au monde, et à tout le monde ses vérités ' ; mais on le tuerait bientôt, comme on a tué VAveniry parce qu'au fond la vérité n'est agréable à persoime, qu'elle clioque les intérêts, les passions, les opinions, toutes cboses auxquelles on tient beaucoup, et que les bommes de nos jours, semblables aux juifs, ne veulent de prophètes qu'à une condition : Die nobis placentia. Demandez plutôt à M. de Toulouse *. Or, quand on le voudrait, comment plaire à chacun? Et, dans l'impossibilité de plaire à tous, à qui se résignerait-on à déplaire? Le mieux, pour le moment, est de regarder ces gens-là faire, de les écouter dire, et de trouver leurs dires et leurs faires très-réjouissants, comme je vous jure qu'ils sont, et vous m'en croirez sans peine. A mon avis, bien que, pour la plupart, ils crient contre \e juste-milieu, \e juste-milieu est leur lien naturel à tous, leur rendez-vous commun entre l'horreur el le ridicule. Rien de drôle comme de les voir osciller entre ces deux points fixes; et pourtant ce spectacle a bien aussi son côté triste, quand on vient à penser que la farce sanglante, jouée par ces Crispins frisés et poudrés^, ou

' ... « Oui, mon ciierami, je souffre, puisqu'aussi bien je ne puis l'empocher, que les sols el les fripons soienl ce qu'ils sonl; mais ce que je no puis endurer, c'est qu'ils soienl fripons el sols impunôment, et on ne saurait assez déplorer l'absence d'une feuille réellement indépendante. Les sots, tout sots qu'ils sont, frajinenldu lorrain; les brochures ou ne sont point bses ou n'ont qu'un effet borné; lo public est oublieux comme un vieillard; el puis, courez après le temps perdu! » — M. de Coriolis à Lamennais. Toulouse, 21 novembre 1852.

- Allusion auv cinquante-six censures do Mgr de Toulouse.

'' « ... Oui, dit un des personnages de la Peau de chagrin, au héros de ce

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à cheveux plats, c'est notre histoire réelle; que voilà les idiotes et ignobles Parques qui filent nos destinées, au Château, dans les Chambres, et dans les conciliabules des factions. Alors il faut tâcher d'oubUer son pays, son siècle, et s'efforcer de se faire une vie interne en dehors de tout cela, en s'enfonçant parla pensée dans un autre monde, et oubliant ainsi les crimes et les sottises de celui-ci. Comme on n'a pas encore imaginé de mettre la rêverie, qui se tait, en état de siège, c'est une ressource qui nous reste ; profitons-en : aussi bien nous ignorons combien de temps on nous la laissera, vu les inventions merveilleuses de nos hommes gouvernementaux, quand il s'agit d'organiser les libertés publiques et privées. Le château de Blaye est, par exemple, une organisation de ce genre, quoique, à vrai dire, celle-là soit, à tout prendre, plus excusable, attendu que c'est un prêté pour un rendu. Mais d'aller prendre, ici et là, des pauvres malheureux, de les jeter dans un cachot avec les fers aux pieds et aux mains, et de les tenir là, au secret, dans les angoisses et dans les souffrances, le tout à cause d'un coup de pistolet à poudre qu'on s'est fait tirer-, je ne sache guère d'atrocité plus odieuse et plus bête, de macliiavélisme plus infâme que celui-là. Oh! la belle et douce chose qu'un souverain ! car ils s'entre-valent tous, sur ma parole. Voyez Anvers; voilà de leurs jeux. Après cela, étonnez-vous qu'il y ait des séditieux^ des scélérats, des monstres, qui crient : Vive la République! Mais depuis que nous avons la meilleure-, on ne veut plus des autres, et pour cause : c'est là

roman, publié presque à la date de la lettre de Lamennais, oui, nous l'instituerons le souverain de ces puissances intelligentes qui fcurniient au monde les Mirabeau, les Talleyrand, les Pitt, les Melternicb, enfin tous ces hardis Crispins qui jouent entre eux les destinées des empires, comme les hommes vulgaires jouent leur kirschen-waser aux dominos. » — Ed. Charpentier, p. 51.

* Allusion au coup de pistolet dit du Pont-Royal, M. Bergeron, accusé de cet attentat, fut acquitté sans la moindre hésilalion. vu les circonstances étrangement équivoques que les débals mirent eu lumière. On ne vit généralement, dans cet incident ténébreux, qu'un de ces drames à elfet, joués quelquefois par la police au prolit de ceux qui la payent.

- La « meilleure des républiques » était une définition du temps, inventée pour populariser le « trône entouré d'institutions républicaines. »

le fin mot. I»épiil)liqiii3, monarchie, jtLste-milini, tout cria, mon cIku' ami, peut aller et- venir, sans qu'il en résulte le moindi'e chaiig»Mnent dans mon attachement pour vous, vu (|ue l'attachement ne « s'organise » point, ce qui, par ce temps-ci, est un j^Taïui honheur '.

ô-i". - A MADAME LA COMTESSE DE SENFFT.

La Chênaie, le 25 janvier 181^3.

Il faut prendre son parti sur les peines et les misères de la vie; vous les retrouvez à Florence; vous les retrouveriez également partout : c'est le fond même de notre existence : omnis creaturaingemiscit. Il est vrai qu'il y a, de nos jours, un genre de souffrance morale qui n'était pas connu de nos pères, du moins au même degré; ils trouvaient, eux, des points fixes où se prendre, quand la vague venait les frapper. Aujourd'hui, tout flotte ; rien n'a de racine : ni la pensée ni le cœur ne sauraient s'attacher à quoi que ce soit. C'est le caractère des grandes époques où tout change, où tout se renouvelle. La vieille hase, vermoulue, pourrie, tomhe en poussière, et l'on ne voit pas encore ce qui la remplacera. Entre un passé qui ne peut plus être et un avenir qui n'est pas encore, on n'a pour demeure que des ruines informes, où la pluie, le vent, la neige pénètrent de tous côtés. Mais au miheu môme de ces ruines, sous le pan de voûte à demi écroulé où la Providence nous a ménagé un ahri tel quel, on peut cependant goûter quelque paix en contemplant ces préliminaires d'une création nouvelle, et, pour ainsi parler, cet étonnant travail de Dieu. Le monde, sous sa forme ancienne, était usé. Les honnnes avaient ahusé de tout ; ils avaient dénaturé, corrompu tout. Voilà pourquoi les vieilles Hiéi'archies, et politique et ecclésiastique, s'en vont ensemhle; ce ne sont plus que deux spectres qui s'enihrassent dans un tomheau. Dieu, par des moyens qui me sont inconnus, régénérera sans doute son Église: (^lle ne périra point; elle

* Lettre supprimée, — A ^/'»« la baronne Champi/. La Chênaie, l'i jiinvier i8"M.

est immortelle, car elle n'est que la Société même du genre humain sous la loi de la Rédemption opérée par Jésus-Christ ; mais sous quelle forme apparaîtra-t-elle, lorsque le feu puri ficateur aura consumé l'enveloppe aride qui la voile aujourd'hui à presque tous les regards? Je l'ignore. On n'en savait pas plus quand la Synagogue expira, ou, pour mieux dire, lorsqu'elle subit la transformation prédite.

On ne s'occupe plus ici de l'affaire d'Anvers *, si odieuse des deux côtés, puisque des deux côtés, sans raison, sans but, pour des intérêts privés d'orgueil et de puissance, on a versé comme l'eau le sang humain. Cependant, qu'est-ce que cela, près de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore en Pologne? Justice, ^ droit, morale, humanité, que signifient aujourd'hui ces mots? Le monde est livré sans protection à la force sans régie et sans frein . Il ne faut pourtant pas trouver t rop étrange si les peuples s'imaginent qu'il y a une autre question que celle de savoir à quels monstres ils serviront de pâture. Nous sommes maintenant, nous, dévorés par le roi-citoyen, qui a bonnes dents et bon estomac, et nous nous laissons faire par crainte de pis. Cette crainte est telle, qu'elle assurera peut-être quelques années de vie au juste-milieu. Les carlistes, divisés entre eux, et aussi bêtes qu'à leur ordinaire, ont peu de force réelle. Et quelle force pourraient-ils avoir avec un système fondé sur la plus gi'ossière contradiction : un pouvoir inamissible et une véritable liberté? Ils donnent à leur constitution le despotisme pour base, et prétendent sur cette base construire une République ^ Il est trop clair que là, comme partout, il n'y a que des inté-

* Il ne s'afrit pns ici de la première expédition, lancée sur Bruxelles au moment où les Hollandais menaçaient d'y pénétrer, ainsi que nous lavons dit dans une dos notes précédentes, pag. 213. Celle-là était rentrée en France au mois de septembre 1831. (Y. le moniteur du 14 septembre.) La seconde expédition a pour date le mois de novembre 1852. Le 20 novembre, l'armée française dite du Nord était déjà autour d'Anvers, dont le sié}re se iermina le 28 décembre par une capitulation que le roi Guillaume refusa d'abord de ratifier. L'armée française n'en rentra pas moins immédiatement sur son territoire, notre alliée l'Angleterre l'exigeant ainsi. Le sang versé parut donc l'avoir été pour rien, et sans résultat possible.

- Il y a ici une allusion très-directe au système préconisé dans la Gazette de France par M. de Genoude.

rôts persoiiiiols, qu'on s'efforce de cnclier de son mieux. Les uns veulent de l'argent, des honneurs, des places, avec la branche aînée, conime les autres en veulent avec la branche cadelle : voilà tout. Qunnt au peuple, en réalité il se soucie tout aui>si peu des cadets que des aines, et des aînés que des cadets ; mais garrotté de toutes parts, avec une liabileté infernale, par ceux qui en font leur proie, il lui faut du temps pour briser ses liens.

Un homme, en se réveillant, demandait à son domestique : — « Quel temps fait-il? — Monsieur, répond celui-ci après avoir ouvert la fenêtre et regardé dehors, il n'en fait point. » Je puis vous en dire autant de notre littérature; il n'y en a point ; car ce n'est pas de la littérature que ces pièces de théâtre et ces romans, plus monstrueux les uns que les autres, qu'on publie aujourd'hui et qu'on oublie demain. Ces productions repoussantes, rêves pénibles d'une société malade, manifestent le désordre des esprits en même temps que la souffrance des âmes, à qui tout est bon pourvu qu'elles échappent à ce qui est. Le dernier écrit de Chateaubriand a eu un immense succès de parti ^ Les caisses royalistes se sont ouvertes, ce qui est la vraie pierre de touche, et la France a été, d'un bout à l'autre, inondée des phrases, plus que jamais extraordinaires, du « grand écrivain national : » c'est aujourd'hui son titre. Figurez-vous Ronsard épousant Atala ; le chef-d'œuvre en question sera l'enfant issu de ce mariage. Pour être juste, cependant, l'on doit avouer que, dans cette étrange caricature, on trouve, ici et là, des traces d'un talent vèrilable. Ce n'est pas moi, assurément, qui nierai celui de M. de Chateaubriand : je déplore seulement qu'il se plaise à le gâter connue à plaisir.

De nouvelles, je n'en sais point, si ce n'est qu'on dit que le duc d'Orléans épouse une fille de l'archiduc Charles; d'autres pourtant disent que non : je m'en rapporte à ce qui en est.

Adieu, adieu ; soignez-vous bien pendant l'hiviT, qui est assez rude à Florence: le nôtre, juscpi'ici, a été foit doux. J'embrasse mon cher comte bien tendrement.

* Mémoire sur la caplivitéde Madame.

270 COnRESPONDANCE

joS. - A M. LE COiAITE RZEWISKI'.

A la Chênaie, le 5 février i835.

Si cette lettre, mou cher comte, n'est pas retardée par les irrégularités de la poste, elle vous trouvera encore à Naples, et, dans tous les cas, elle vous rejoindra soit à Rome soit ailleurs, puisque vous aurez sûrement pris des précautions pour que vos lettres vous soient renvoyées après votre départ. Mais quelle idée avez-vous eue de m'adresser la vôtre à Paris, poste restante? Il est résulté de là qu'après mille et mille difficLiltés et à peu prés trois mois de retard, je l'ai enfin reçue hier, pas plus tôt : écrivez-moi désormais à Dinan, Côtes-dit-Nord, France; de cette manière, il n'y auxa point de temps perdu.

Sans doute que tout se prépare pour une profonde et universelle révolution; rien au monde ne l'arrêtera, parce qu'elle n'est que le mouvement instinctif de l'humanité se développant selon ses lois naturelles et impérissables. Cependant, deux choses empêcheront qu'elle s'accomplisse aussi vite qu'on doit le désirer pour le bonheur des peuples : la première, c'est qu'elle n'est pas encore assez mûre dans les esprits, qui, sous la fascination du passé, et d'une masse immense de préjugés qui y ont leur racine, ne savent pas nettement ce qu'ils doivent vouloir ; la seconde, ce sont les obstacles matériels qu'opposent à l'ordre nouveau les deux Puissances unies; carie Pape n'est pas neutre, comme vous paraissez le dire; il a pris jjautement et activement parti en faveur du despotisme antichrétien, contre les droits de l'humanité réclamés parles nations, au nom de la justice éternelle; et telle est la chaleur avec laquelle il a embrassé la cause de toutes les tyrannies, qu'il n'hésite point à sacrifier la Religion dont il est le chef : vous en savez quelque chose, vous autres Polonais. De là une

' Nous avons menlionné, dans les Notes et Souvenirs placés en lèle de celle Correspondance, les lettres vraiment remarquables du comte Rzewuski. Esprit supérieur, il était entré avec une ardeur extrême dans les vues de Lamennais sur la régénér;ition démocraliiiue du catholicisme.

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complication de maux qui lait cumpieiulro la nécessité d'un rcîmède proportionné, et rend évidente, pour (|ui veut voir, la profondeur, à (pielques égards elTrayante, des changements qui se prépaient dans le monde.

Il n'est pas difficile, je crois, de se représenter, en général, le caractère de ceux qui s'accompliront dans l'ordre politique. Mais il n'en est pas ainsi pour l'Église : il est plus clair que le jour qu'elle ne peut rester telle qu'elle est, car partout son état actuel amène progressivement la destruction de la Foi, ou la mort du catholicisme. C'en serait fait de lui dans toute IKurope, en moins de deux générations. 11 faut donc qu'une grande réforme s'opère. Quelle sera-t-elle? je l'ignore, et vainement nous chercherions à le deviner, car nous sommes ici dans un ordre de choses qui dépend de lois particuhéres, dans un ordre surnaturel dirigé immédiatement par les volontés de Dieu, secrètes pour nous. Que ces volontés renferment des changements futurs dans l'économie extérieure de la Ueligion, changements que nous n'avons pas dû connaître d'avance, cela est certain en soi par la tradition consolante, mais vague, des événements extraordinaires qui arriveront dans ce que l'Écriture appelle les derniers temps. Nous pouvons donc et nous devons, — sauf l'époque qui demeure un mystère pour nous, — croire à ces événements extraordinaires et les attendre, bien qu'actuellement il nous soit impossible de nous en faire une idée clairement déterminée. Jusque-là nous ignorerons, sur plusieurs points, ce qu'il y a sur la terre d'essentiellement immuable, et ce quil y a de variable dans l'orgainsation externe de lÉglise, ou, si vous voulez, dans la forme terrestre du christianisme, car nous n'avons aucune règle sûre pour faire cette distinction, et Dieu ne nous a pas donné celte règle, parce qu'elle nous eût été inutile et. dangereuse : inutile, puisque nous ne devions pas l'appliquer ; dangereuse, parce que nous eussions été tentés de l'appliquer, ou de substituer, dans le gouvernement spirituel du genre humain, notre action à l'action divine.

Je crois donc, comme vous, à une manifestation prochaine de celle-ci; mais sans savoir, en aucune manière, quel genre

de modifications elle apportera dans ce qui existe, et sans me dissimuler les horreurs et les vices des hommes, ni les inconvénients visibles de certaines parties de l'Institution. Or, en prenant les choses telles qu'elles sont, s'il n'y a pas un Centre de foi, ou, en d'autres termes, si ce Centre est faillible, il n'y a pas, ce me semble, d'unité de foi possible, je ne dis pas dunilé interne, mais de profession extérieure et d'enseignement. L'infaillibilité personnelle du Pape ne suit nullement de là ; il suffit qu'il soit infaillible lorsqu'il parle au nom de l'Église, qu'il résume en soi comme son Chef, lorsque sa voix est celle du corps entier dont il est l'organe. Là-dessus, vous demandez comment on distinguera la parole de Grégoire de la parole du Pape? peut-être pas toujours avec facilité, peut-être pas toujours immédiatement, mais il vient toujours une époque où ce discernem.ent est fait, avec certitude, par une sorte de bon sens et d'instinct général ; jusque-là, le devoir d'obéir ou de croire reste en suspens.

Ceci est la conséquence inévitable des conditions humaines du Pouvoir spirituel : et ne voyez-vous pas que ces conséquences s'appliquent également à la puissance de gouvernement que vous lui accordez? Car enfin, les Catholiques tiennent que le Souverain Pontife est divinement assisté dans le gouvernement de l'Éghse. Que d'actes, cependant, évidemment dictés par l'ambition, la cupidité, l'avarice, par toutes les plus viles et les plus criminelles passions ! Même nécessité, donc, de distinguer les actes de l'homme des actes du Pape, et ce que vous direz à l'égard de ses actes, je le dirai à l'égard de ses paroles. La difficulté qui nous est commune porte sur quelque chose de plus radical, et qui jusqu'ici est le secret de Dieu.

Du reste, il ne me paraît pas exact de dire que le gallicanisme est plus favorable que l'ultramontanisme à la liberté. Ces deux doctrines, dans leui' principe, se réduisent à la question de la servitude, ou de l'affranchissement de l'Eglise. Or, l'Église, c'est rintelligence,le spirituel de l'homme, et quand le spirituel de l'homme est esclave, tout l'homme est esclave. L'.MIemagne, l'Espagne, le Portugal, sont des nations bien plus gallicanes que la France même. Il faut, d'ailleurs, bien se gar-

Dt I.AMKNN VIS. 27."

der de confondre la doctiine en soi, avec la polilique trop souvent contraire des Papes. La politique des Papes a fait au genre humain des maux incalculables; elle aurait tué et tuel'.'iit encore la neli<,non, si la Relif,non [>onvait êlre luée. La doctrine qui enfernie ralTranchissenicnl de rK<;lise, enferme! l'afl'ranchissemcnL des peuples ; et c'est parce que cet aflVaiichisscmcnt est devenu nécessaire, qu'il y a lutte à mort, d'une part entre eux et la Hiérarchie, et, de l'autre, entre l'esprit actuel de cette Hiérarchie et le véritable esprit du christianisme : ce qui nous ramène à la nécessité d'une réforme dans rr^glise, et d'une réforme qui aille à la racine des désordres qui compromettent l'existence même de la Société spirituelle, ainsi que les vérités qui sont la vie du genre humain; ce sera l'œuvre de Dieu : attendons ses moments ; et, pour ne pas agir aveuglément, pour ne pas nous exposer à faire peut-être beaucoup plus de mal que de bien, renfermons notre action dans la sphère politique et dans celle de la science.

C'est la résolution que j'ai prise pour mon compte, trèsconvaincu qu'il n'y a rien à espérer de Rome, et que, sans Home, on ne peut défendre avec succès le catholicisme qu'elle semble, elle-même, condamner à mort.

Veuillez faire agréer mes hommages à madame Rzewuski, et mes souvenirs à mademoiselle Marie. Ne m'oubliez pas non plus près de l'excellente famille Ânkewitz.

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