A M. LE COMTE DE SENFFT
A la Chênaie, le 6 septembre 1833.
Vous connaissez, mon bien cher ami, et vous aimez la famille Mac-Carlhy; mais vous ne la connaissez pas tout entière; il en existe, en Angleterre, une seconde branche à laquelle appartient l'excellent jeune honnne qui vous remettra celte lettre : je vous pi'ie de le recevoir connne mon fils, car je l'aime comme un fils; il se rend à Rome, au séminaire anglais, où il a déjà passé trois ans, et où il se propose d'en passer encore trois autres. C'est là, peut-être, un bien long projel pour des temps tels que ceux où nous sommes; mais, quand nos desseins sont subordonnés aux volontés de la Providence, nous allons et nous venons comme elle nous conduit, et notre âme est toujours en paix, parce que rien ne saurait troubler la paix de l'âme qui s'abandonne pleinement à Celui qui diiige nos pas dans les sentiers de la vie, comme le cours des astres dans l'immensité. M. C. J. Mac-Cartliy pourra vous donner des détails fort intéressants sur l'Angleterre, et même sur la France; il vous dira, surtout, mon cher ami, combien vous m'êtes présent, et combien votre souvenir m'est doux dans la solitude où je suis confiné et d'où je voudrais ne-jamais sortir, car le repus que j'y goûte est nulle fv is au-dessus de tout ce que la plupart des lioimncs recherchent dans le monde si ai'demment. Tout à vous, de cœur.
m-: LAMENNAIS. 519