‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 165 sur 238 · G. — AU PAPE · texte numérisé non relu

G. — AU PAPE

Très -Saint-Père,

Quelques persoinies ayant mal interprété les expressions concernant la dislinction des deux puissances ^ et leur indépendance dans les objets qui sont purement de leur ressort, lesquelles terminent la lettre que j'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Sainteté le 5 novembre dernier, je la prie de me permettre de lui déclarer que, selon mon intention, ces expressions ne sont nullement une clause restrictive à ma soumission

* Doni Pedro et dom Miguel.

^ Le cardinal Odescalclii, probablement.

^ La puissance spirituelle et la puissance temporelle.

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pleine et entière à l'Encyclique du 15 août 1852, et selon les termes du Bref de Votre Sainteté, en date du 5 octobre dernier, à M^ i'évêque de Bennes, que niondit seigneur évêque ma notifié. Cette clause n'était que le simple exposé d'un principe reçu ; et, dans.ma position à l'éirard des partis politiqnes existants en France, j'ai pensé qu'il était utile et personnellement nécessaire de le joindre à l'expression sincère de mon obéissance.

Ma conscience, Très-Saint-Pére, éprouve le besoin d'assurer de nouveau Votre Sainteté que je n'ai rien tant à cœur que d'éviter de devt-nir, même involontairement, un sujet de troubles dans l'Église, et que de persuader Votre Sainteté, nonseulement de ma soumission dans toute l'étendue de mon devoir, comme prêtre et comme catholique, mais encore de la disposition sincère et respectueuse où j'ai toujours été, où je suis, et où je serai toujours, avec la grâce de Dieu, de lui prouver, de toutes les manières possibles, ma vénération, mon amour et mon dévouement inviolables.

C'est dans ces senliments que , prosterné aux pieds de Votre Sainteté, j'implore sa bénédiction apostolique, et je suis,

Très-Saint-Père,

De Votre Sainteté,

Le très-humble et très-obéissant fils et serviteur*.

* « ... Ayant à choisir entre lÈcrlise et l'Humanité, M. de Lamennais ne pouvait pas liésiler. et cependant il ne se rendit pas tout d'abord. On ne renonce pas facilement à une doclruie que l'on a tenue pour vraie, et que l'on a déifuduc pondant vingt ans avec conviction et désintéressement. Il lit tous ses efforts pour ne pas sortir de l'Église; son adhésion à l'Encyclique du 15 août 18Ô'2 en est la preuve. Alors même que sa raison se refusait à accepter tes décisions, il se soumit pour conserver la paix. Ce ne fut pas de sa part un acte de faiblesse, il l'a fait voir depuis, mais un acte de vertu. Il se déliait de lui-mouje. il craignait de ce 1er à un mouvement d'orgueil, et aussi d'inquiéter la conscience de ceux qu'il avait entraînés par sa parole et par son exemple, et que sa résistance eût jetés peut-être dans des négations extrêmes. » — Essai biographique déjà cité. l'aris, Garnier frères, 1858.

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