A MADAME LA COMTESSE DE SENFFT
Le 2 août 1829.
Je reçois la lettre de M. de Senfft, du 25 juillet, et je partage votre joie du départ d'Ost ^ Il trouvera les choses telle-
* Nous pensons qu'il est ici question du Père Roollian, nommé général des Jésuites, et nous ne serions pas autrement surpris que la lettre confidentielle signée J. R qu'on a pu lire p. 52 (à la note) lût émanée de cet éminent religieux. Toutefois, ceci n'est qu'une simple conjecture laissée à la sagacité du lecteur.
' Ostini, nommé Nonce apostolique.
mont brouillcos là où il va, qu'il lui sera bien difficile de les bi'ouiiler davanln^^c. Poiirlant, qui sait? Il est lioininc à faire l'impossible. Ouaiit à la noniiiialioii du I*. I»os '. et au changement du P. Brz '^ cela montre qu'il existe dans l'Ordre un système de bascule entre les partis qui le divisent: les Provinciaux sont le contre-poids du Général ; l'avenir nous apprendra ce que celui-ci pourra faire : j'ai en lui, personnellement, toute confiance.
Quelqu'un, qui appartient à une des premières familles de Belgique, m'écrit ce qui suit:
« J'ai résisté à la tentation de vous écrire cet hiver, etc.. « Mais une nouvelle occasion se présente aujourd'hui; le Sou- ({ verain Pontife, la Congrégation de V Index, viennent de « répondre au gouvernement français comme il le méritait ^ ; « permettez-moi de vous en adresser mes féhcitations bien « sincères: c'est un triomphe pour tous ceux qui partagent vos « opinions. J'ai, quant à moi, des remercîments particuliers tt à vous adresser. Votre ouvrage a rendu le repos à mon es- « prit, la paix même à ma conscience. Catholique plein de foi, « j'étais libéral en politique, et cependant presque tous les « catholiques que je voyais faisaient de Vautel et du trône « une cause commune, et je voyais presque toujours l'incré- ({ dulité l'apanage du libéralisme. Cette contradiction a été « pour moi la source de combats bien pénibles, de vives in- « quiétudes dans mes confessions, et cependant je ne pouvais « me soumettre à ne regarder les peuples que comme de vils « troupeaux livrés légitimement en proie à la houlette imbé- « cile d'un berger, ou au couteau d'un bourreau. Votre livre « a paru, monsieur, et a été pour moi comme une vive lumière « qui a subitement éclairé ce coin obscur où je tâtonnais de- « puis si longtemps; j'ai vu la vérité; je me suis jeté avide- « ment sur ce trésor tant désiré ; je m'eu suis emparé ; je l'ai « fait mien, et depuis ce temps, papiste, uitramontain, j'ai
* Le père Rosnven, nommé assislanl pour la seconde fois. - Le père Brzozowski.
'' En refusant de n;el(re à l'index ronvrap;e de Lamennais, rffs Progrès de la névûtution, etc.