‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 29 sur 238 · C8 CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

C8 CORRESPONDANCE

« retrouvé le calme et la tranquillité : recevez-en, je vous prie, (( mes remercîments les plus sincères. Votre ouvrage, mon- « sieur, a fait une sensation immense dans ce pays ; trois « contrefaçons en sont épuisées: nos vieilles entrailles fla- « mandes ont tressailli en reconnaissant les principes qui ont « guidé nos pères dans leur si longue résistance au pouvoir. »

Viennent ensuite des détails sur les affaires de la Religion dans les Pays-Bas. En plusieurs occasions récentes, le Pape a ?nonlré une fermeté qui console et encourage les catholiques dans la lutte qu'ils ont à soutenir. Partout successivement chacun prendra sa position naturelle, bien connue désormais. La force des choses produira ce changement, qu'aucune puissance humaine ne saurait empêcher. Mais il reste encore, même en Italie, — et là plus qu ailleurs peut-être, — une multitude de préjugés qui ne s'éteindront que peu à peu. La Vérité monte comme le soleil; ses progrès sont presque insensibles; on ne la voit pas encore, et elle éclaire déjà. Attendons avec patience, avec espérance, que son disque radieux apparaisse à l'horizon, et dissipe les dernières ombres.

Vous souffrez de la chaleur, et nous ici du froid. Il n'y a guère de jour où je ne sois tenté de faire allumer du feu. Ainsi s'en va notre pauvre vie, toujours boitant entre deux peines. Il y a constamment à se plaindre sur la terre, et c'est folie d'y chercher le repos. J'espère pourtant que vous vous trouverez bien des montagnes de Pignerol. Faites ce qu'aujourd'hui le monde ne peut faire, — respirez !

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