A MADEMOISELLE ANGÉLIQUE DE TRÉMEREUC
A la Chênaie, le 16 avril 1850.
Hélas! oui, il y a bien longtemps, mon excellente amie, que nous ne nous sommes dit quelques pauvres paroles. Où est le temps qu'au moins deux fois le jour nous oubliions parfaitement, dans riniimité si douce de nos jaseries et de nos folies, les misères de ce triste monde? Maintenant nous voilà, vous de votre côté, moi du mien, séparés l'un et l'autre de la bonne Villiers et de la gaie Ninette; et Dieu sait (fuand nous pourrons encore une fois nous retrouver ensemble! Il est certain, ou à peu près, que je n'irai pas à^ Paris cette année; mais l'abbé
G fera ce voyage, et ce serait pour lui une grande joie que
de vous accompagner, vers le mois d'août; ce n'en serait pas pour moi une moindre que de vous voir, au moins quelques instants. Si vous venez à Trémigon, rien ne sera plus facile. Arrêtez-vous donc à ce projet, qui est le meilleur, et n'allez point compromettre, en changeant d'idées, cette sagesse dont jusqu'ici la réputation a été si solidement affermie. D'ailleurs, vous savez tout le plaisir que vous feriez à des gens qui vous aiment de cœur. S'il est besoin, j'ordonne à Clara d'interposer son autorité. Cette pauvre petite chère nièce, qu'il y a longtemps que je ne l'ai vue! Vous ne pouvez, en bonne conscience, me refuser la consolation de l'embrasser après tant d'années. Elle trouvera son oncle bien vieilli, mais pas de cœur, du moins pour vous et pour elle. Mon frère doit prochainement apparaître dans vos conti écs; mais, comme vous n'êtes pas à Saint-Brieuc, je crains beaucoup qu'il ne puisse vous voir, d'autant plus...
(Le reste de cette lettre manque.)
i)K i,ami:nnais. 1.">5