mars
Mille et mille grâces pour votre charmante lettre du 8; elle m'est arrivée au moment où mon frère ariivait lui-même ici, de sorte que le mot qui le concerne, et dont il a été fort touché, lui est parvenu sans délai et sans ricochet. Il vous offre à tous hommages et respects les plus tendres.
Je vions enfin de terminer différents travaux que la suite de mes affaires avec M. de S'- Y" avait rendus uidispensables pour sauver quelques débris de mes petites propriétés littéraires. J'ai fait des Réflexions nouvelles \iOurV Imitation, disposé une nouvelle Journée du chrétien, ajouté cinq chapitres au Petit diiilogue sur les dangers du monde, de manière que, sous le titre de Guide du premier âge, les enfants auront un petit livre . fait pour eux, et qui ne leur sera pas entièrement inutile, si j'en crois mon frère. Tout cela m'a bien détourné de mes autres occupations. J'avais le projet, avant de m'y remettre, de publier une brochure sur les Dangers présents de l'Église; mais Jean et moi nous pensons que le moment n'est pas encore venu de parler. Il faut laisser venir quelque acte du Pouvoir, qui oblige à repousser ses attaques, et qui rende la question claire pour tout le monde; ce qui ne tardera pas. En aUendant, et comme il ne me sera pa« possible, plus tard, d'interrompre les travaux considérables que j'ai en vue, et pour lesquels j'ai rassemblé des matériaux immenses, je me suis décidé à profiter de cette espèce de liberté que j'ai en ce moment, pour satisfaire le désir que j'ai depuis si longtemps de vous revoir. Je me rendrai demain à Uennes avec mon frère, et de là à Paris, où je passerai quinze jours ou trois semaines; puis je prendrai la roule de Turin, tout rempli de la joie de me rapprocher de vous. Nous passerons un mois ensemble, et je reviendrai ensuite à mes devoirs. Vous avez le temps de me répondre à Paris. Veuillez adresser vos lettres au bureau du Mémorial, rue Mazarine, n° 70.
A peine l'évoque de Beauvais avait-il fini de prêter son serment entre les mains du roi, qu'il courut à la Chambre s'asseoir au banc des ministres. A l'instant où il entrait, de Pradt court à lui, le félicite, lui prend la main, l'accable de caresses et d'amitiés, et les voilà pairs et compagnons devant trois à quatre cents députés qui étaient là. On dit que ce fut une scène plus comique qu'agréable poui* révèque de Beauvais.
Dans le conseil du dimanche, 9 mars, le roi se montra si mécontent du « système déplorable ', » qu'il annonça qu'il
' Expression insérée dans l'Adresse de la Chambre des députés.
110 ror<'vr;iit pas la (k'()iilalioii; à quoi Ips iTiinisIros rùpoiidijciit « ((u'alors force leur était de se retirer nvee elle. » Sur cette réponse, le roi se décida à recevoir Adresse et dépulalioii '.
Ne soyez point surprise si je ne vous écris pas d'ici à quelque temps, car je vais être excédé d'einbarras de toute espèce, et de fatigue. A bientôt.