A M. LK COMTE DE SE.NFFT
A Vilrollcs, le 15 mai 1828.
Je trouve ici en arrivant, très-cher ami, plusieuis letlres de vous, de M"" de Senfft et de la comtesse Louise. Je trouverai bientôt mieux encore. Jugez de ma joie de vous revoir tous après une séparation si longue. J'ai soutenu assez bien la route, n'ayant éprouvé de spasmes cpi'une seule fois, à Grenoble. J'en ai été quitte, d'ailleurs, pour un pou de fatigue et quelques légères indispositions. Mon départ d'ici est fixé au lundi après la fête de la Sainte-Trinité. Ainsi je serai à Pignerol le mercredi 4 juin. Avec quel plaisir je vous y embiasserai! Toutefois ne venez m'y rejoindre ([ne dans le cas où cela ne vous gênerait nullement. Si vous étiez reteiui à Turin, veuillez seulement m'écrire deux mots chez le bon évéque, où je me rendrai d'abord. M. de VitroUes ne se mettra en route pour Florence qu'à la fin de juin; il sera charmé de vous rencontrer à Tui'in et d'y cansfr ;ivec vous, (pioiiju'on ne puisse
guère aujourd'liiii se dire que des choses tristes. Tout s'arrange sur la terre pour nous faire aimer et désirer le ciel. Suivit anima meal Adieu, cher, très-cher ami. Je bénis de tout mon cœur l'adorable Providence qui nous réunit dans sa bonté.
A Yitrolles, le IG mai 1828.
Je reçois, cher ami, voire lettre du 10 mai qui m'annonce votre arrivée prochaine à Turin. Je vous annonçai hier la mienne ici, où je passerai une quinzaine de jours : ce sera le lundi 1 juin que je me remettrai en route pour vous aller joindre. Je serai, le mardi, à Briatiçon, et peut-être même à Fenestrelles où à Pignerol ; mais toujours, au plus tard, le mercredi. Comme j'ai encore le temps de recevoir ici une lettre de vous, veuillez me dire où et comment je vous trouverai à Fenestrelles, en cas que vous y veniez ; mais je vous supplie de nouveau de ne pas faire ce voyage s'il vous dérangeait le moins du monde. Oh! qu'il me sera doux de vous revoir, cher ami! Mille respects et mille tendresses. — M. de Vilrolles veut que je vous offre ses hommages.
Lyon, ce mardi G juillet t8'28.
Mon voyage s'est passé très-heureusement. J'arrivai hier au soir chez rarchcvèiiue, d'où je vous écris. Nous avons causé immédiatement des afl^iires de l'Kglise. Je l'ai trouvé dans les meilleures dispositions, et résolu à faire son devoir, quoi que puissent dire ceux qui penchent toujours vers des conseils de faiblesse'. S'il se trouve seulement trente évéques
• Il s'agit ici (les deux ordonnances de juin . la première ôtant aux Jésuites
rtîrmos, ils embarrasseront tcrrihleineiit les persécuteurs. Au inouienttle la crise, le Dauphin dit au roi : <• Il est temps de nous (iéb.urasser enliu de; ces gens-là. » .le saurai plus de détails à Paris, où j'arriverai samedi matin. Mon (lé[)arl est fixé à mercredi au soir, à onze heures. J'ai reçu ici des lettres (jui m'obligent à hâter le plus possible mon retour.
Le courrier de Turin a eu pour moi toutes les attentions iinagiiiabies : je vous prie de le dire au comte de Maistre. J'attends avec bien de l'impatience le dénoûuient de l'affaiie (]ui l'intéresse, et qui n'intéresse pas moins tous les honnêtes gens.
Le curé de Genève ' est ici depuis quelques jours ; sa santé n'est pas bonne : je l'ai trouvé au lit; du reste, il est, comme toujours, plein de raison et de courage. M. Besson est attendu à chaque instant.
Veuillez me faire savoir le résultat des nouvelles que vous attendiez: comptez sur le bon Dieu, qui ne vous délaissera point, et mar(ihez dans ses voies avec calme et patience. Il y a bien de la force dans la Foi, et bien du repos dans l'abandon à la divine Providence !
Ne m'oubliez pas, je vous prie, près du bon marquis d'Azeglio et de nos autres amis. Tout à vous du fond de mon cœur -.
la faculté de diriger des élablissemenls d'instruction et d'y enseigner; la seconde limilant le nombre des petits séminaires aux besoins du sacerdoce, exigeant d'eux qu'ils revêtissent le costume cccl('.>>iastii|uo après deux anni-es d'études, et soumettant à l'agréinenl tlu roi la nomination des dircciturs de ces établissements. Ces actes soulevèrent le parti religieux ; il vit une conlisralion, une spoliation, une insulte, une persécution dans ces mesures, prises à regret et aussi restreintes que le gouvernement avait pu le fain». On cita Néron et Dioclélien à propos de Cbailcs \ el de M. l'eulrier. On déclara que la monarcbie léLîitinie accordait à la llévolntioii ce que celle-ci n'avaii jamais \ni arracher à 15ui»naparle, L'épiscoi)at, sous la direction de MM.de Quéleu et de (ilermonl-Tonnerrc, n'iiésita pas à protester par une déclaration solennelle, où les prélats invoquaient la liberté civile et religieuse inserite dau'? la Cliarle, contre les ordoimances {]i\ H» juin.
' M. Vuarin.
- Lettre sui)primé'e : — A M'"" la Onroiiiit' Cliainpij. L\on, S juillet 18'2S. Nd\is y notons ce passage: a Je reçois, chaque courrier, des lettres qui nie pressent de revenir à Taris. Vous savez d'ailleurs ce «pii s'y passe relative-