‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 117 sur 140 · AU Ml-.Mi · texte numérisé non relu

AU Ml-.Mi

Piiris, le 17 juillel 18'28.

J'ai reçu, au moment où je partais de Lyon, mon cher ami, votre lettre du G, et votre petit billet postérieur m'est par-

* Fi'li, abrévinlion familii'TC du nom de ijapUMUc de l.nmcnniiis. J. 'iO

venu depuis. Vous attendiez toujours votre nouveau secrétaire, et vous aviez le projet, si ce retard continuait, de vous rendre à Arona. Ainsi nous allons encore nous éloigner davantage; car, de mon côté, je repars, le 25, pour la Bretagne. La vie de ce pays-ci me fatigue extrêmement, et d'ailleurs il est nécessaire de parler dans les circonstances présentes; or à Paris cela me serait impossible. 11 y a un commencement de résistance dans l'épiscopat; cependant la faiblesse y prédomine encore. Je n'entrerai point dans les détails, qui seraient trop longs, et en partie de nature à n'être pas confiés à la poste.

Je m'occupe de vos commissions. Je vis hier M. Maury, et je dois le revoir de nouveau. Ce n'est qu'après ce second entretien que je pourrrai vous mander sur nos affaires quelque chose de positif.

Je suis fort embarrassé en ce (pi touche M. Grivel, que je ne connais aucunement. J'essayerai néanmoins de trouver, s'il est possible, quelque moyen naturel de lui parler; mais cela me paraît très-difficile. Ces pauvres gens' ont cru jusqu'au bout qu'ils échapperaient à la persécution, cl il y a très- peu de jours qu'ils rêvaient encore la révocation des ordonnances. Feutrier, abandonné des honnêtes gens, n'a autour de lui que des hommes perdus. Immédiatement après cette espèce de Cranmoi viennent les archevêques d'Alby et de Bordeaux, puis le duc de Ilohan, le cardinal Isoard, et quelques autres. L'archevêque de Paris n'est rien moins que siir^

' Bien évidemment, les membres de la Compagnie de Jésus.

- Ce fui pourtant M. de Quélen qui rédigea, du moins en grande partie, la Décl.iration des Evêques, laquelle se terminait ainsi : « Ils ont examiné dans lo secret du sanctuaire, en présence du souverain Juge..., ce qi( ilsdrvaictit à Ci''sor comme ce qu'ils devnieut a Die,i. Leur conscience leur a répondu qu'/7 valait mieux obéir à ùieu quuux hommes... Ils ne résistent point ; ils ne profèrent pas tumultueusement des paroles hardies... Ils se contentent de dire avec respect, comme les Apùlres : Non possiimus. — Nous ne pouvons pas. »

Ce document était ainsi signé : les Cardinaux, Arclievêquos et Êvèqucs de France; — A. J., cardinal de Clermont-Tonnerre, archevêque de Toulouse, doyen des évêques de France, au nom de l'épiscopat français.

DK LAMENNAIS. 450

L'Association Callioliqno prend nn arcroisscmont morveilleiix. Je finis ponr ne pas manquer la poste. .l'ai été interrompu plus (le dix fois en écrivant ce peu de lignes.

Veuillez offrir lioinmaf,'es, amitiés, compliments, aux personnes (jue j'ai eommes pendant mon séjour à Turin, et particulièrement à Uodolphe, au bon marquis d'Azeglio, à Ilossi, etc. Mille tendresses.

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