LE MKME AU MÊME
Paris, 9 septembre 1828.
....A propos de sottises, que dites-vous de la théologie du Moniteur au sujet des ordonnances*? 11 faut qu'une cause soit bien abandonnée pour ne pas trouver de meilleurs avocats. D'autre part, je souhaiterais aussi de meilleurs avocats à la bonne cause. On ne s'avise pas assez de rendre populaire ce qu'il serait plus aisé qu'on ne pense de rendre tel. En vérité, les écrivains d'aujourd'hui ont quelque affinité avec le grand prêtre Melchisédcch : non qu ils écrivent « comme des anges, » non qu'ils s'exposent aussi à ce qu'on les prenne « pour le Saint-Esprit, » mais parce que leurs œuvres « n'ont ni père ni mère. »
voulut jusliller ceux dos royalistes qui, oomuie lui et ses amis, s'élaicnl unis, dans cei laiiis votes, à Idpposition libt'rale, sans pour cela renoncer ù leurs convictions nionarchi(|ues. Il prêchait la conciliation des partis, assurant que le royalisme était devenu libéral, et le libéralisme monarchique. * Ordonnances du IG juin.
Quand nous enverrez-vous donc les vôtres? On en a soif ici, et personne n'en a plus soif que moi. Au reste, si chacun s'étonne que vous n'ayez pas encore fait entendre cette voix qui fait taire toutes les voix,
Moi, qui ne juge point ainsi que le vulgaire,
je ne sais pas m'en étonner. J'attends donc en toute confiance, certain que je suis que vous arriverez quand et comme il faudra.
Mon voisin lApost, ^ continue d"êlre l'homme le mieux informé de ce qu'il n'importe pas de savoir. C'est un fiarli pris par les cabinets, d'où il advient que les cabinets sont aujourd'hui des carrefours. C'est ce qui s'appelle « toiser les affaires en grand . »
Que si, par hasard, vous me demandez ce que deviennent, dans tout cela, les royahstes prétendus, je vous répondrai qu'ils sont toujours divisés « à fjîire plaisir. » A l'égard de ce que, vous et moi, nommons à bon escient royalistes, nous n'en avons ici « ni vent, ni voie. » C'est Vlndiffére7ice en matière générale^ terme où mène inévitablement cette autre indifférence que vous avez marquée d'un fer si brûlant.
Quand celte maladie-là pourra m'atteindre en ce qui vous touche, vous pourrez aussi compter que vous trouverez des lecteurs « indifférents. »
Je finis, monsieur l'abbé. Je me suis bien grondé de ne vous avoir pas écrit plus tôt :M'"^ de Coriolis et mon fils m'ont aussi grondé; — mais je suis tenté de vqus gronder aussi. Permettez-le-moi. Vous me croyez indifférent, Dieu me pardonne ! *-