‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 127 sur 140 · A M. Lli COMTE DE SE.NFFT · texte numérisé non relu

A M. Lli COMTE DE SE.NFFT

Le t>4 septembre 1828.

Mille grâces, cher ami, de votre aimable lettre du 10 septembre. Si je ne vous écris pas moi-même plus souvent, c'est qu'en vérité je succombe sous la multitude des occupations. L'écrit dont je m'occupe en souffrira; mais, puisque Dieu le veut ainsi, il faut être content.

Je persiste toujours à croire qu'on ne tiendra pas la main à l'exécution des ordonnances, excepté pour celle qui regarde les Jésuites, jusqu'à la rentrée des Chambres. Il faudrait fermer plus de la moitié des établissements d'éducation, car presque partout les professeurs se refusent à faire la déclaration qu'on exige d'eux. La plupart des évêques attendent que les gendarmes viennent dissoudre leurs petits séminaires. Je ne connais que celui de Paris qui, — par une politique plus profonde, à ce qu'on dit, — ait lui-même dissous les siens, du moins les écoles paroissiales. On parle ici d'un établissement que les Jésuites essayent de former à Guernesey. Ce serait, de l'avis général, une bien fausse démarche. Le premier moment d'exaltation passé, il ne se trouverait pas en Bretagne dix familles qui voulussent envoyer leursS enfants dans cette île anglaise.

Je vous prie de remercier mille fois de ma part la marquise Yiolentine. Ce secours vient très-à propos, car il s'agit de réparer et de meubler une maison dont on vient d'acheter les murailles ^ J'espère (jue la Providence procurera d'autres ressources dans le njônie pays. Sous le rapport des personnes, la chose va merveilleusement.

Je crois qu'ils n'entendent pas leur affaire en Allemagne. En

^ Muleslioil.

PoIo<^ne et (Ml Angleterre, on l'entend beaucoup mieu\. Au reste, rien ne presse, et tout viendra, selon les desseins de DiQu, en son temps.

Ilappelez-nioi, je vous prie, au souvenir de tons nos amis de Turin. Je n'en nornme nueun, mais je n'en oublie aucun. Adieu, cher unii; je vous quitte bien plus tôt que je ne voudrais, mais le devoir me presse de toutes parts. Veuillez faire agréer mes respects à M'"*^ de Senfft. Tout à vous bien tendrement.

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