‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 31 sur 140 · AU Ml' ME · texte numérisé non relu

AU Ml' ME

A la Chênaie, le 17 juillet IS}.*).

Mille grâces, monsieur le marquis, et de vos vers et de votre prose; ce ne sont, en aucun sens, ni de la prose ni des vers de ce temps-ci, mais comme on en faisait, il y a quelque cinquante ans, ou plus anciennement encore, sous ce vieux roi nommé Louis XIV, à cette grande époque de « ténèbres »; et vous êtes un ohsciLrant^ si vous le voulez bien. M""" de Chastellus est aussi une « obscurante, » et M""" de Rohan, et M'"^ d'Escars, et M""' de la Trémoille, malgré son gallicanisme, qui ne lui sera pas compté seulement pour une petite chandelle ; et voilà ce qu'on

' M. de Villèle.

* M. de Corbière

I)K LAMENNAIS. lîMl

«,^^gno à pnctiscr. C'est ce que vous n'avez pas fait avec M. l'abhr Felelz % qui a fait iiii pacte, je ne sais avec qui, contre le sens commun, et (jui Ui lient en honnête homme.

l]n de mes amis a rhal)illé un an(;ien couplet sur les Cinq- Cents, et le voici tout prôt à être chanté sur l'air : Oui, mon père, je te le jure, par les dames qui ont la voix juste, comme elles l'ont pour la j)lupart, et un caractère indépendant, eoinm ' elles l'ont toutes, à ce que j'imagine :

Près du jardin des Tuileries Est un chanlier fort apparent, Où (jualre cenls bûches pourries Sonl à vendre dans ce moment. Le vendeur dit à qui l'aborde ; — Qui veut des bûches à bas prix?

Mais, bien cnlendu, mes amis, On ne les livre qu'à lu corde.

Je suis tout à fait de votre avis au sujet du Mémorial. Il faudrait qu'd prît un nouvel essor. Un des propriétaires doit venir passer quelque temps avec moi dons le mois d'août; je ferai de mon mieux pour l'engager, lui et les autres, à entrer dans vos vues, qui sont excellentes. Je n'ai que le droit de conseil, mais on veut bien avoir confiance en moi. Le commencement de l'aimée prochaine me paraît l'époque convenable pour opérer le changement que vous désirez. On pourrait alors essayer de paraître une fois la semaine J'espère qu'on aura eu assez de goût et d'esprit pour citer quelques-uns de vos beaux vers. Cependant rien, en ce genre, ne va comme il devrait aller, parce que personne ne se mêle assidûment de la direction.

Je ne négligerai rien pour faire sentir les inconvénients qui résultent de cette espèce d'abandon dans lequel on laisse, sous ce rapport, le Mémorial. Les deux frères vous offrent l'hommage du plus tendre attachement-.

' Rédacteur lillt'raire du Journal des Di'hals. — « J'ai eu l'autre jour avec M. Felelz une conversation, et presque une altercation assez vive, à voire sujet, chez M'"* de Vencc. Il y avait beaucoup de monde, » etc., etc. — M. dt' Coriolis à Lamennais, 8 juillet 182r>

^ Lettre supprimée : — A M. le baron de Vitrolles. La Chênaie, le 17 juillet 1825.

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