‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 32 sur 140 · A M. DERRYER · texte numérisé non relu

A M. DERRYER

A la Chênaie, le '27 juillet 1825.

Mon cher ami, je prépare en ce moment un volume de Mélanges dans lequel je voudrais faire entrer trois ou quatre petites préfaces de la Bibliothèque des Dames Chrétiemies. Dites-moi si je le puis sans inconvénients. Je ne vois pas ce qui m'en empêcherait. J'ai sous les yeux un petit volume de Prières pour lequel M. de Saint-Victor a disposé et de mon nom et de mes travaux, sans même m'en prévenir. J'étais, dans ce temps-là, sa propriété. Ne pourrais-je pas devenir la mienne?

Nous avons une sécheresse désolante. Adieu mes arbres si chéris, si soignés, si bien plantés! Je n'ai pas vu de chaleurs plus fortes en Italie. Le thermomètre de l»éaumur a monté au soleil à 42 degrés. Les op. 100 sont moins malheureux ; ils en sont toujours à la température de glace fondante*. Je vous déclare que je désespère de plus en plus de la société, mais ce n'est pas à cause de cela. Je serais fort curieux de connaître l'état des esprits à Paris. Vont-ils? viennent-ils? ou sont-ils comme les 5 p. 100, qui ne viennent ni ne vont? Ditesm'en quelque chose, je vous prie.

* Immédiatement après avoir fait voter un milliard d'indemnité aux émig^rés, M. de Villèle proposa la loi sur In dette publique et l'amorlisscmcnt. Elle devait donner au gouvernement les moyens de supporter l'accroissement de la dette publique résultant de lindemnité, sans atiecter le crédit ni accroître les impôts. La principale disposition de celle loi concentrait sur le nouveau fonds à 5 % toutes les ressources de la caisse d'amorlissenienl. Par une autre clause, le ministre revenait indireclement à sa conversion des rentes, rejetéc par la Chambre des pairs ; seulement, il la sollicitait des rentiers au lieu de la leur imposer, et leur offrait du 5 ^/^ à 75 fr. Cette offre avait, en ce moment-là, peu de succès. Cinq mois après le vote de la loi, contrairement aux prévisions ministérielles, le 5 ^/^ avait baissé de 4 fr. — V. Y Histoire des deux Restaurations . 5« édit., t. VII, p. 121 cl suivantes.

DK I.AMK.NNAIS. 201

Mille lioiniiKigos à M'"" Bcrrycr. J'ciiibrab.se Arlliur, cl vous aussi, mon Irùs-clier, si vous le pcnncUcz '.

Page 1