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A la Chcnaic, le 7 décembre 1825.
Eii bien, cher, que dilesrvous du jugement de la Cour royale dans l'affaire du Constitutionnel^'^ Cela va-l-il? avançons-nous? Calomnier, diffamer le clergé, dire qu'on né peut prier dans nos églises sans scandale, engager à passer dans le proleslanlisme, ce n'est pas attaquer la religion de Ttlat. Cela, je le crois, puisqu'il n'en a pas; mais ce n'est point attaquer la rcli-
' Lettre supprimée : — .4 M. le baron de Vitrolles. La Chcnaic, 25 no vcnil)re 18'25. — Critique anièrc des opinions de M. de Cliateaubriand. A propos (le ccltclcltre et de quelques autres quiprécètleut ou vont suivre, l'Editeur doit déclarer, que s'il n'a point effacé la trace des préventions passagères que Lamennais conçut, à un moment donné, contre son ex-collaboratciu', redevenu plus tard son ami, c'est qu'aucune intention de ce genre ne lui a été manifestée expresséirenl. Des témoins dignes de loi disent, il est vrai, (|ue ce dé^ir a été exprimé devant eux. L'Eiliteur ne contc^^e pas le fait ; mais il a dû se demander s'il pouvait ainsi recevoir ses insliuctions de ïCconde main, ^a conscience lui a répondu que non. S'il s'est trompé, la responsabilité de sou erreur, — très-lourde responsabilité, il le reconnaît volontiers. — doit peser uniquement sur lui.
-Ce procès de tendance, où le délit résultait, selon le ministère public, de trente-doux articles publiés du 2 m:ii au ^r) juillet précédents, fut jugé au milieu d'une aflluencc énorme. M. Hullart avait dressé le réquisitoire; M. de Brije, membre de la Congrégation, portait la parole, et son zèle était .stimulé par la présence d'un des deux chefs de ce corps alors ^i redoutable, M. Matlliiende Montmorenci. M" Oupin défendait la feuille incriminée. I/arrét. prononcé le ô décembre, menlionn lit comme gnr inlies des libertés publiques, on même tcuq>s que la •'.liarte conslilutionnelle, la Déclaration de lt>8"2, « déclaration, di^ait~il, toujours recoimue et proclamée loi de I Klat. » Il refusait de prononcer la suspension du journal, requise par les agents du pouvoir. Cet arrél fut ouvert de braros et de vivats.
gion catlioliqiic. voilà ce qui est fort. Ceux qui l'attaquent, ce sont les défenseurs de sa doclrine, les pauvres gens qui croient au Pape, les « ultramonlains, » comme on les appelle. Pour eux les amendes, pour eux les prisons. 11 est assez probable que vous viendrez m'y voir dans deux ou trois mois. Nous y causerons ensemble de la liberté de la presse, de la liberté des opinions, et de toutes les libertés qui abondent en France. Et remarquez que ces gens qui nous citent à tout propos devant la raison, qui nous accusent de l'anéantir, ne trouvent lien de mieux à faire, dès que nous ouvrons la bouche pour raitjonner contre eux, que de nous déférer aux tribunaux. Quelle basse, quelle odieuse hypocrisie ! Mais les voilà. Est-ce donc qu'aucune voix ne s'élèvera pour faire sentir ce contraste? Estce qu'on se laissera conduire là où nous mène une horde de sauvages armés dos débris de la civilisation? Pauvre, j-auvrc siècle î Enfin nous voyons le commencement de ce schisme que je prévoyais : car ne pensez pas qu'on en reste là. Vont venir les mesures d'administration, les promesses d'enseigner, les formulaires civils, et à leur suite les vexations, les persécutions, provoquées plus hautement et plus hardiment que jamais par le parti qui domine déjà, et en faveur duquel la magistrature se déclare. Mais que les malheureux qui nous conduisent, ou nous laissent conduire dans l'abiine, ne s'y trompent pas; ils y tomberont, et des premiers. Les dates se suivent, et trèscertainement 1682 amènera 1088. De proche en proche, chacun recevra son salaire; et tenipus omnù rei tune erit. En attendant, le Peuple souverain décerne à ses représentants des récompenses nationales ^ Et l'on parle du Roi ! et les tribunaux s'occupent à défendre contre le Pa})e sa souveraineté î Est-ce que je rêve, mon ami? Si cela élait, de* grâce, dites-le-moi; mais il me semble que ce sont là des faits, et des faits récents. Souver^t j'ai l'idée de m'en aller. Où? N'importe; en Turquie, par exemple : il y a encore là un peu de liberté, un peu de bon sens ; on ne vous coupe pas la langue avant de vous couper la
* .Mlusioii à la souscrijtlioii ouvcric, le ÔO r.oveiDlno prccédonl. nii profit lit s rnCaiils di; uriiér;:! I"ov.
DE LAMEN> M S. 219
tète. C('[)eiulant jo lie i»iiis; (iiio1(|ii(m1iosc iiio retient. Adieu, écrivez-moi ; j'ai besoin de vos lettres et de votre amitié.