M. — A M. LE COMTE DE SENFFT-PILSACH
Pari.\ le 18 février 1820.
Je ne vous écrirai que deux mots, mon excellent ami, pour vous remercier, et M'"^ de Senfft, et la comtesse Louise, de votre souvenir si constant et de toutes vos bontés. Dans une quinzaine de jours vous aurez de mes nouvelles. Je suis en ce moiïient accablé de visites, de courses à faire et d'occupations. J'ai appris parle Nonce votre arrivée à Turin; il me tarde de la savoir par vous. Si vous m'avez écrit en brel agne, vos lellres me seront renvoyées. Vous ne doutez pas que je n'aie mille et mille choses à vous dire, et vous devinerez l'acilement pourquoi je ne vous les dis pas. Je vais faire paraître la deuxième partie de mon petit ouvrage sur In VwUijion considérée dans ses rapports avec Cordre politique et civil. ï^^ traite de graves questions avec franchise et avec candeur. Cela formera environ iiOO pages. Du reste, il y a un désordre profond dans les esprits : on ne s'entend sur rien; la société des intelligences est dissoute. D'un
' M. (le Yitrollcs.
aulro côté, le cIiTgé s'améliore, cl c't'st une espérance, moins cejtondaiit pour la poliliqiic que pour la [k'iigioii. Los bonnes doctrines ont l'ait l'an dernii-r des pr(){5^rès reinarqnjdjles; j'attends encoie mieux de celle-ci. Le cler^^é séculier^ et principalement le jeune clergé, est en général excellent. 11 aime ce qui est vrai, mais il était temps de le lui dire. Vous ai- je mandé ({ue (Iharles était entré an séminaire (lt> ruMines? Je suis trés-content de lui. Les six mois (pi'il a passés à la Chênaie lui ont lait Ix'aucoup de bien. Depuis que je suis ici, je crois êlre à Cbarenton, et pis que cela. M""' la comtesse Riccini esta Turin; je pense que vous la voyez. Veuillez lui dire que j'ai reçu sa lettre, que je l'en remercie de tout mon cœur, que je lui répondrai incessamment, et que je la prie d'agréer, en attendant, mes tendres et respectueux hommages.
A quinze jours". Vous ne serez pas, je crois, tout à fait mécontent de moi ; vous verrez (pie je suis un homme vrai et sans dissimulation. Adieu, adieu, vous tous qui m'aimez! t^est mon cœur que je mets ici. Adieu, je suis tout à vous.