L'ABBÉ GEBBET A M. DE SENFFT
Paris, 19 août 182G.
Monsieur le comte,
Je vous écris au nom de M. l'abbé Féli ', à qui l'état de sa santé ne permet pas en ce moment de le faire. Mais, avant d'entrer dans le détail des choses qu'il me charge de vous dire, je m'empresse de dissiper l'inquiétude que le début de ma lettre a dû vous donner. L'indisposition que M. Féli a éprouvée cette semaine est heureusement terminée. Seulement, il lui en reste une faiblesse qui passera bientôt elle-même, mais qui doit lui laire éviter la pUis petite fatigue. Si son cœur était lui tout entier, vous écrire ne pourrait jamais être une fatigue pour kii : ses nerfs, aujourd'hui, en ont ordonné autrement. L'indisposition (ju'il vient d'avoir ressemble à celle qu'il a ressentie cet hiver, et tient uniquement à ses affections nerveuses.
* LeUre supprimée : — A M. le baron deVitroUes. Paris.. 182C. Jeudi, 7 heures. — Simple billet.
- Abréviation du nom de baptême qu'un ironique hasard avait donné à Lamennais.
11 a reçu vos lettres, celles de M"" la comtesse de S«'iif(l ( t (le M""' la coiiilosstî Louise, eu pailiculier celle du 12 août, laquelle eu couteuait uue autre qui a été ouverte.*
Il va probablement faire un voyage d'un mois dans les Pyrénées avec l'abbé de Saliuis ', qui parliia prochainement pour ce pays-là. 11 est aussi très-possible que M. Caucby fasse avec eux le même voyage pour sa santé. Je crois que M. Féli s'en trouvera bien, et, dans cette pensée, je su|)porterai plus aisément son absence.
11 vous prie de faire ses remercîments à .M""^ la comtesse de Riccini. L'état de la santé de M. Féli et son prochain voyage expliqueront à celte dame le relard de la réponse qu'il se propose de lui faire. Les brochures qui vous sont envoyées de Paris vous auront fait connaître la marche des controverses actuelles. M. Féli a plus de courage que jamais, et il est persuadé que la vérité ne maucpiera pas de défenseurs.
Chargé d'élre aujourd'hui l'interprète de M, Féli auprès de vous, monsieur le comte, et de M"-^' les comtesses de Senfft, je profite de cette occasion pour joindre à l'expression de ses sentiments mes hommages respectueux. Je désirais depuis longtemps celte heureuse occasion, et je l'en apprécie davantage ^
* L'îibbé de Salinis était, à celle époque, avec labbé Martin de Noirlieu et l'abbé Fayct, un des trois missionnaires chargés de diriger la Société des Bonnes Eludes, qui recrutait des néophytes parmi Kîs jeunes gens de province destinés à l'étude du droit et de la médecine. Voir ce que dit Yaulabelle {Ilist. des deux Restaurât ions. 3" éd , lom. Y II, p. 250-51 de leurs réunions hebdomadaires ihiis la crypte de Saiiite-deneviève. Doux des ecclésiastiques (jue nous venons de nonmier sont successivement arrivés à l'épiscopal. Le troisième est chanoine de Sainl-Denis.
* Lettre supprimée : — A M. le baron de Vitrolles. Taris, ... août 1820. — Simple billet; annonce le voyage des Pyrénées, ordonné par les médecins.