‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 56 sur 140 · A MADAME LA COMTESSE DE Sli NFFT · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DE Sli NFFT

Paris, le 21 octobre 1826.

Combien je suis touché des témoignages si tendres de bonté que je reçois de vous! J'ai trouvé ici en arrivant votre lettre du 14, celle de la comtesse Louise du 10, et l'on me remit hier en main propre, et très-intacte, celle de mon cher comte, aussi du 14. Oh! si vous saviez combien j'aspire au moment où je vous reverrai tous ! ce sera une des plus douces joies de ma vie. Sur le reste, je ne puis que me résigner à la volonté de la Providence. Elle a ses desseins, que j'adore sans les comprendre : mon unique désir est de vivre et de mourir en défendant la grande cause de l'Église et de la société.

Quelque pénible qu'ait été mon voyage, il m'a du moins appris qu'aucun organe essentiel n'est attaqué, et que ma maladie est purement nerveuse. Elle n'offrirait de danger réel que dans le cas où les graves accidents que j'ai éprouvés, se renouvelant, détermineraient, dans l'économie, des lésions et un désordre qui n'existent pas encore, .\insi soyez sans inquiétude. Ce qui m'a fait beaucoup souffrir, c'était l'impuissance de supporter le mouvement de la voiture, ce qui m'a obligé de prendre à mon retour une chaise de poste à Bordeaux, afin de pouvoir m'arrôter à volonté. Cette raison, et quelques autres encore plus fortes que je vous expliquerai de vive voix, m'empêchent de me rendre aussitôt que je le voudrais à votre aimable invitation. Croyez qu'il ne dépend pas de moi de suivre en cela le mouvement de mon cœur, et que je suis retenu quelque temps encore par d'importants devoirs. Une heui-o de convei'sation éclairera tout. Jusque-là, croyez-moi, je vous prie, et surtout ne doutez pas de mon désir d'être prés de vous.

On dit ici que le nouveau Nonce arrive à la fin de novembre.

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Il aura iino ^h'-'iik^^' <*t (liflicilc mission; mais porsonnn li'ost en ùtaUk' la remplir mieux qiit! lui, et l)ieu bénira sans doute ses vertus et ses intenlions excellentes.

Les scènes de. Iloucn viennent de se renouveler h la mission de Rrest*. l'iusieurs personnes ont été j^M'ièvement blessées. Nous attendons l'issue de celte nouvelle tentative en faveur de la liberté des cultes. Du leste, rien de chan<:é dans notre état. La société sommeille en attendant une crise; mais ce sommeil fiévreux est agité par des rêves pénibles.

Adieu, adieu, je ne puis encore écrire que peu de temps. L'abbé G. vous prie d'agréer ses respectueux bomuiages. Je suis à vous du fond de mon cœur.

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