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A Sainte-lN'ilagie, pour la première fois, j'ai vu Héraiiiior. Sa gaieté m'étonna un peu. Je me l'expliquai, eepeiiiiant, comme un parti pris de consolation. Lamennais semblait s'y prêter de grand cœur. En revenant le long des ([uais, Béranger me parla beaucoup de la jeunesse, des symptômes de l'esprit nouveau; de lui-même aussi, quelque peu. Un souvenir distinct m'est resté de cet entretien : c'est qu'une des préocciq)ations du poëte était de passer, en toute matière, pour homme prudent et de bon conseil. Aucun doute ne m'était permis à cet égard; — mais, je le (OMlesse ingénu-
ment, je m'étonnai que Béranger parût attacher quelque prix à ce genre de renommée.
Je puis encore ajouter ceci : Lamennais m'a souvent parlé de Béranger; Béranger, quelquefois, de Lamennais. De ces conversations, j'ai gardé une conviction très-arrètée : c'est que la plus sincère et la plus chaude amitié, des deux, n'était point celle du chansonnier.
H me semble que, de tout ce qui vient d'être dit, on peut aisément déduire le nMe politique de Lamennais dans les événements de 1848. Ce rôle fut celui d'un homme parfaitement sincère, s'oubhant lui-même, ne prenant souci que du but, le voyant peut-être plus proche qu'il n'est, qui se hâte pour l'atteindre, rencontre dans les hommes et les faits des obstacles sur lesquels il ne comptait pas, heurte violemment ces obstacles sans les renverser, et s'arrête alors, plutôt las que découragé. Dans un autre ordre d'idées, c est la niênie déception, le même désappointement qu'il avait déjà subis une fois. Mais, celte fois-là, il avait désespéré à jamais, tandis que, jusqu'à la dernière minute de la dernière heure, il est demeuré inébranlable en sa croyance nouvelle, si fortement atteinte qu'on eut pu la supposer par le cours violent et précipité des réactions politiques.
Nommé membre du comité de Constitution, il y apporta nn projet complet, élaboré suivant ses vues, et qui a été publié depuis. Chez un homme dont toutes les idées étaient aussi fortement liées, il ne faut pas s'étonner de trouver, bien moins qu'ailleiu\s, un esprit disposé aux concessions, aux mo-
NOTKS I:T SOrVKNIHS. 1-2.-
(li(ication>, telles (ju'on les voit résulter rie ces déh.ils parlementaires, où se mêlent et s'amalunmeiit, en s'attéiiuant, I(*s conceptions les plus diverses, (piehpiefois les plus hétérogènes. Celles de Lamennais, élaborées et nnlries en toute conscience, prenaient, dans son esprit, une forme tellement arrêtée, charpie partie s'adaptant à l'ensemhle, l'ensemble à sou tour prêtant vie à chaque détail, que difficilement on eut pu luifaire envisager comme possible un changement quelque peu essentiel à y introduire. On a dû confondre, en cette occasion, les révoltes de sa logique inflexible avec les inspirations hautaines d'une impérieuse et superbe volonté. Le fait est que Lamennais crut avoir payé sa dette en faisant connaître sa pensée sur l'organisation du nouveau régime républicain; et, ne voyant pas jour à la faire admettre par ses collègues, il jugea inutile, soit d'insister pour que quelques débris de son œuvre prissent place dans celle qu'ils allaient élaborer en commun, soit d'indiquer, dans celle-ci, les lacunes, les imperfections que le débat contradictoire y introduirait ou y laisserait subsister. La création, il la voulait entière; la critique, il la jugeait superflue; en ceci, parfaitement d'accord avec l'essence même de son organisation, aussi bien (ju'avec les traditions de toute sa vie intellectuelle. Très-certainement, un homme orgueilleux n'eût pas autrement agi; très-cerlainement, aussi, la même ligne de conduite devait être adoptée par un homme de conscience. Je l'ai déjà remarqué plus d'une fois, la droiture absolue a souvent les mêmes dehors que l'orgueil. S'ensuil-il qu'il les faille confondre?
Lamennais se retira donc, et alla silencieusement prendre place siu' son banc de député. La tribune lui manquait pour exprimer sa pensée; il y substitua le journal : — véritable j)is aller dans un temps où les représentants du peuple peuvent faire entendre une parole absolument libre. Ue là le
]2i NOTES ET SOUVENIRS.
Peuple constituant^ dont les terribles adieux (après la loi snr les cautionnements) retentirent comme un glas funèbre, et sont encore aujourd'hui dans la mémoire de quiconque put les lire. De là aussi le court passage de Lamennais dans les ruines du journal la Réforme. Ce fut, comme écrivain politique, son dernier effort.
Les dernières années de Lamennais ont été ce qu'elles devaient être : — tranquillement laborieuses. La tranquillité naît du présent dédaigné, de l'avenir salué d'avance, de la fin entrevue qui sans doute viendra plus vite que cet avenir, si hâté qu'il soit. Le travail est un impérieux besoin pour 1 intelligence douée d'activité, pour l'imagination qui veut s'imposer un frein. La tristesse, qui était en quelque sorte chez Lamennais un mal organique, no pouvait être atténuée que par ce puissant antidote.
La traduction de la Divlna Commedia^ résultat d'un enthousiasme remontant à bien des années, fut le dernier labeur de longue haleine que choisit le grand écrivain. Il y rattachait une étude curieuse de la langue française à l'époque où elle se formait. W Introduction dont il voulait faire précéder cette interprétation nouvelle était aussi, dans sa pensée, un exposé suprême de ses idées sur le dogme chrétien et le rôle historique de In Papauté.
Il complétait en même temps, par de nombreuses additions, le précieux recueil de Pensées qu'il avait publié, en 1841, sous le titre de Discussions critiques^
' Co rocuoil, ainsi compltHé, a paru en 1850.
NOTKS Kl SOUVENIRS. \ >:>
Onnnt à ses Corrcspondauces, (|uoi qu'on on ait pu «lire, il ne 1rs classait j)as, il ne los revoyait pas, il ne les triait pas, il u'rii Taisait pas un corps d'ouvrage : il les réunissait et les laissait ainsi, pêle-mèlo, à l'élat de matiriaux. Relativemenl à leur pul)lication future, dont les soins et la responsahililé devaient ai)p;u*ttinr à un ami qu'il se réservait d<; désigner» sa j)enséc n'est pas à e.\pli(pier. Il a pris soin de la l'aire conujiitre lui-même, et voici dans quelles circonstances :
Parmi les personnes auxcjuclles il avait écrit le plus longtemps et avec le plus d'épanchement, comptait une femme dont le nom n'a pas été sans quelque célébrité de salons. Elle avait de lui près de quatre cents lettres, qu'il lui redemanda, non pour les anéantir en tout ou partie, non pour les soustraire à une investigation quelconque, mais pour les faire transcrire purement et simplement, et rendre ensuite les orifrinaux à qui de droit; c'est invariablement ainsi qu'il agissait, «'interdisant par là même toute altération du manuscrit primitif, et tout autre retranchement que ceux dont la nécessité pouvait, en définitive, être contrôlée ou démontrée.
Madame*** refusa la communication qui lui était demandée : ses motifs furent que les lettres en question renfermaient des détails trop personnels pour être livrés à la publicité; puis que plusieurs amis à elle, membres du liant clergé, y étaient traités avec trop peu de ménagements. « — Je ne veux pas, écrivait- elle, contribuer à les mettre au pilori. »
Quelques amis de Lamennais intervinrent vainement dans cette (piestion délicate : entre autres, M. de Vitrolles et M. Berryer. Madame *** ne se laissa pas convaincre. Sa résistance obstinée étonna Lamennais, et lui fit concevoir des méliances qui, lîous devons l'espérer, portaient absolument à faux. Il écrivit, en conséquence, une protestation formelle, dont le
Iriple original fut déposé en mains sûres. Je la copie sur l'exemplaire qui me fut remis par lui.
« On m'a souvent pressé d'écrire mes Mémoires. Malgré la ténuité du fonds, à ne regarder que Uioi, ils auraient pu, en effet, n'être pas dépourvus de quelque intérêt, tiyant vu et su beaucoup de choses durant la longue période qu'embrassent mes souvenirs; lié surtout . comme je l'ai été, depuis la fin de l'empire, avec la plupart des hommes qui se sont fait un nom, et plus ou moins mêlé moi-même au mouvement politique, philosophique et religieux.
« Peut-être aussi ceux que leur goût porte à l'observation du travail incessant de la pensée au sein du monde social, que progressivement il transforme, auraient-ils aimé à suivre dans ses phases le développement d'un esprit sincère qui, cherchant le vrai toujours et ne cherchant que le vrai, va se modifiant à mesure que la réflexion, le spectacle des faits, l'étude de la nature, de l'humanité et de ses lois, Péclairent d'une nouvelle lumière, et ouvrent devant lui des horizons plus étendus.
« Deux motifs principaux m'ont empêché de céder aux instances qu'on m'a faites. Il aurait fallu, pendant des années, m'occuper de moi-même, y penser, en parler sans cesse. Or, s'il est quelque chose qui me répugne invariablement, c'c^t cela.
« En outre, contraint de dire la vérité sur les autres, cette vérité n'eût pas été constamment favorable à tous ; il en est qu'elle aurait, quoi que je pusse faire, montré quelquefois sous des côtés où nul n'est bien aise qu'on le regarde, et cela me répugnait encore. Sans blâmer ceux (|ui lèguent aux vivants l'histoire rigidement vraie des morts, liée à celle de la société, je ne me sentais pas disposé a les suivre dans cette voie. Lorsqu'il s'agit de blesser, les morts, pour moi, sont toujours vivants; ils me semblent même avoir droit à plus de respects, à plus de ménagements, car, attaqués, ils ne sauraient se défendre.
« J'ai donc renoncé à écrire des Mémoires. Mais comme, attendu la part que j'ai prise aux choses de mon temps, mon nom nie survivra peut-être, et que ma conduite et mes écrits, où se marquent le progrès de mon esprit, ses variations même, si on préfère ce mot, pourront donner lieu a des appréciations très-diverses, j'ai voulu qu'au moins mes pensées véritables, aux différentes époques de ma vie, fussent bien connues, et d'une manière incontestable, afin de prévenir les suppositions et les conjectures erronées.
a A cet effet, secondé par robligeance de mes amis, j"ai pris soin de recueillir mes correspondances les plus intimes pour qu'elles pussent, après ma mort, servir au dessein que je viens d'expliquer.
ISOTKS KT SOIVK.Nir.S. 127
« Mais uiif (le cescorrespoiulances, qui se compogedo plus de quatre cents lettres, m'a été refustV. Je demandais qu'on me permît de la faire copier. La persorme à hupiolie cWc. est adrcssre, M"" *"', m'a répondu que c me la remettre, seulement pour la relin*, lui serait trop d<''s:ipréalde. » On jugera ce procédé cpn; depuis, écrivant à d'autn's, et sans doute aussi de vive voix, elle a cherché à justili^-r, par des raisons aussi futiles que fausses, confondant et brouillant, de la façon la plus étrange, ce (jui touche les lettres cpie je réclamais et ce (jue je lui avais confié de mes atfaires personnelles. Le besoin senti dune excuse aura, je me plais à le croire, fasciné sa bonne foi et jusqu'à son esprit, car autrement elle aurait tâché d'inventer des piétextes qui eussent au moins quelque vraisemblance.
« Je me tairais sur un fait de celte nature si je n'avais, par rapport
aux suites qu'il peut avoir, des craintes trop fondées. M"" a des
passions politiques violentes; elle est, déplus, entièrement, aveuglément livrée aux Jésuites. Or, d'après l'expérience que j'ai d'eux, et de tout ce qui dépend d'eux, je ne saurais douter que, pour peu qu'ils y eussent ou crussent y avoit un intérêt quelconque, cette correspondance, qu'on ne veut pas, aujourd'hui, me permettre même de relire, ne fut, sans aucune hésitation, tronquée, mutilée, altérée, pour en abuser selon leurs vues, dans ce que pourraient en publier ses dépositaires futurs; el c'était même là un des motifs qui me faisaient désirer d'avoir entre les mains, et de laisser après moi, un moyen certain de contrôle.
« l'rivé de ce moyen auquel j'avais un droit sacré, et le refus qu'on m'en a fait autorisant les appréhensions les plus grave?, je désavoue expressément tout ce qu'on pourrait m'attribuer un jour comme extrait de ces lettres; même tout passage matériellement exact qui, séparé de ce qui l'explique dans rensenible d'une longue correspondance, serait, par des gens qu'aucun scrupule n'arrête, facilement détourné à un sens trèséloigné du sens véritable; déclarant, au reste, que, si j'ai dii prendre cette précaution si né( essaire, je ne conserve d'ailleurs aucun ressenti- Mient contre une jjcrsonne faible de raison, aveuglée par le fanatisme politique et religieux, habituée de plus à ce que tout cède à ses volontés capricieuses, et que, malgré le regret que peut m'inspirer la confiance que j'ai mis(> en elle, il me serait doux d'eslinicr encore.
•« P;iri>, l-i juin 18iil.
« F. Lamennais. »
128 NOTES ET SOTIVENl
La mort de Lamennais fut digne de l'autre ont été vraies et loyales, sans fas mystère. Les témoins n'ont été ni apf ques amis étaient là, non pour isoler It ne s'est pas fait faute de le dire^, m l'abri de toute obsession fatigante ou prévu que, sans une surveillance de toi marches réitérées d'un zèle excusable t bleraientenvain, dans le calme nécessaii le philosophe anathème dont la rétr Rome un immense triomphe. On savait récents l'ont prouvé, — combien s'élarg biles interprétations, les moindres con lit de mort. Lamennais lui-même, avar tait préoccupé de ces pensées, et, en i amis, M. Barbet, de l'administration, d( maison et de ses intérêts, il ajoutait ces compris les visites.
Cette mission plaçait M. Barbet, et c cepté la cordiale assistance, dans une s visiteurs écartés par la plus expresse ^
NOTKS KT SulVEMRS.
lieux ecclésiaslifjiies, Ions les d(;iix anciens amis d nais, le W Ventura et M. Martin idc Noirlieu), av; avertis et s'étaient pnîsentés une première lois chez njalade, sans (ju il lût possible de les admettre anpr Tous les deux avaient annoncé l'intention de reven mandé qu'il lut prévenu d'avance. Il lallait que cet a ment préalable lût établi d'ime manière tout à lai! li(jue, afin que les amis qui veillaient sur Lauiei demeurassent point exposés à des doutes injurie fausses interprétations. M. Barbet Ini-méme, si rn( nirs ne me trompent point, exprimait ce désir. .
Ce l'ut en ce sens qu'eut lieu une réunion oflicie (juelle on appela les personnes qui pouvaient olTri dcgarantiesauclergéiM. J.d'Ortigues, rédacleurdei M. Benoît-Champy, parent de Lameimais, désigm comme un de ses exécuteurs testamentaires, M; de ((|ui avait lui-même averti MM. Ventura et Martin lieu), et une autre personne dont le nom nrécbappi aussi été convoqué.
Ainsi (ju'il avait été convenu d'avance, nous fûm duils par M. Barbet dans la chambre du malade. C en demi-cercle au bord du lit, et, après quelques insta nés aux questions de pure amitié, M. Barbet, resté a de Lamennais, lui transmit la communication récla
personne, je le répète, n'était venu pour autre chose que pour constater, sans qu'il restât un doute possible, la volonté du mourant.
Postérieurement à cette démarche, le curé de la paroisse des Blancs-Manteaux* se présenta, de la part de l'archevêque de Paris, demandant à être introduit auprès du malade. On lui opposa, mais avec tous les égards possibles, la détermination bien arrêtée de ce dernier. On ajouta, pour rassurer sa conscience et celle de ses supérieurs hiérarchiques, que si cette détermination venait à changer, on irait aussitôt l'en prévenir, avant même d'envoyer à l'archevêché. Aucun retard ne serait donc à redouter. Ces assurances, données à plusieurs reprises, parurent satisfaire M. le curé. Il se retiia sans insister davantage.
Dès le lendemain, cependant, il revenait à la charge, ce qui, après les paroles échangées la veille, était une démarche tout à l'ait imprévue. Les engagements pris, les paroles données, ne semblaient plus lui suffire. Cette seconde entrevue eut le même résultat que la première, avec cette différence qu'elle fit naître un germe de mécontentement réciproque, bien facile à concevoir.
J'arrivai justement à l'issue de cette embarrassante visite : MM. Barbet, d'Ortigues et Benoît-Champy en causaient ensemble, et m'en firent part. J'ouvris l'avis qu'une démarche devait être tentée auprès des supérieurs hiérarchiques, à l'insistance desquels, sans nul doute, devait être attribuée celle du curé de la paroisse. Personne ne parut disposé à prendre
' Sur laquelle esT siluce la rue du Grand-Ctiantier, où Lamennais liabi'-ùl; 1." 1^.
NOTES KT SOIJVKNIHS \7>\
riiiitiative de cotte déiiuirclii; : la conversation en resta là. Le soir nicnie, c'ost-à-dire trois ou (jnatre heures plus tard, deux personnes vinrent l'raj)peràma porte. C'étaient MM. Benoit-Chaiiipy et d'Orligues. — « Décidément, inédit le premier, votre avis était boiî. Il faut essayer d'arrêter ces inutiles démarches. Nous allons à l'archevêché. Voulez- vous vous joindre à nous? »
Refuser de m'associer à une démarche que j'avais proposée m'eut paru peu convenable. Je suivis ces messieurs. Nos cartes, remises à un valet de chambre, avec mention sommaire de l'objet qui nous amenait, nous ouvrirent 1 accès du salon archiépiscopal.
Mgr Sibournous reçut, assisté de deux ou trois ecclésiasti- (jues. Debout devant sa cheminée, il entra en matière dès que nous lûmes assis, et nous parla, pendant environ vingt minutes, de son at'Iliction, de ses devoirs, des mesures qu'il avait cru devoir prendre, des prières ordonnées pour la conversion de Lamennais, etc. Nous écoulions, dans un silence respectueux, ces développements un peu prolixes de la pensée pastorale. La péroraison me réveilla tout à coup. Après avoir insisté sur la nécessité où il était d'employer tous les moyens à sa disposition pour ramener l'ame égarée, l'archevêque ajoutait que, de concert avec un de ses vicaires généraux, il avait mandé une pieuse femme, autrefois trèsliée avec Lamennais, M""^ de Vaux, supérieure des sœurs de Juilly. — « Et, continua le prélat, il lui est enjoint de se transpoiter rue du Graud-Chantiei-, avant même de passer à l'archevêché. Celte dame est pleine de zèle; elle est ardente; elle est robuste*; elle trouvera bien moyen de pénétrer jusqu'au lit du malade... w
< Je garantis le mol pour mot de ceUe phrase étrange, qui me causa une véritable stupi'raclion, cl demeurera toujours gravée dans nui mémoire.
M. Benoît-Cliampy avait à faire revenir Mgr Sibour de^ idées fausses qu'il s'était faites sur la situation de Lamennais entouré, croyait l'archevêque, de gens fort résolus à ne souffrir point qu'un ministre de la religion arrivât jusqu'à lui; il avait de plus à démontrer l'inconvenance et l'inutilité des mesures projetées pour venir à bout de ces chimérique? obslacles. Il le fit avec beaucoup de tact et de mesure, sa tâche, d'ailleurs, lui étant rendue facile par la confiance personnelle que M. d'Ortigues et lui inspiraient à l'archevêque. 11 put, en outre, exhiber, à l'appui de son dire, des instructions de la main même de Lamennais, qui ne laissaient aucun doute sur les véritables dispositions du mourant.
Ces arguments et ces preuves avaient produit tout leur effet sur l'esprit du prélat, lorsque la porte du salon s'ouvrit et livra passage à M. Bautain, qui, parail-il, avait suggéré l'idée de la démarche dictée à M'"" de Vaux \ L'archevêque lui fit part des résolutions nouvelles qu'il venait d'adopter, séance tenante. Elles consistaient à modifier les instructions données à la supérieure de Juilly, en ce sens qu'elle eût à passer chez rarchevéi[ue avant de se rendre chez Lamennais.
Ce simple changement d'itinéraire en impliquait un autie beaucoup plus essentiel. Et, au surplus, je dois dire ici (ju'ayant eu l'honneur de rencontrer quelcjuefois M"'*" de Vaux chez M. de Yitrolles, je ne doutais guère (juclle ne dut se refuser à la mission réclamée de son zèle et de son ardeur. Elle l'a désavouée, en termes formels, dans une lettre que le neveu de Lamennais a rendue publique.
Sauf les instances personnelles de sa nièce, mentionnées dans un document également livré à la publicité, et qui sera
' M. Daulain csl un des fonda leurs cl des adniinislrateurs du collcire de Juilly.
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rcproduil à hi lin de la (iorrespuiidiiiicu, LaiiieiuiMis iioul plus de nuiiveaux assiiuls à suliir. Il iiiouiut (raïKjiiilIc dans la loi qu'il s élait laite.