‹ Correspondance de Louis Tronson (volume 2)Chapitre 24 sur 41 · A MONSIEUR DE FRONTENAC · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE FRONTENAC

Ce 19 mars 1691.

Monsieur,

Je ne puis que vous rendre de très humbles actions de grâces et vous témoigner mes justes reconnoissances pour toutes les bontés que vous continuez d'avoir pour nos Messieurs. Ce que je souhaite le plus ardemment est qu'ils vous donnent toujours sujet d*êlre coulent de leur conduite, et qu'ils se rendent dignes de votre protection.

Celle que vous avez donnée au pays l'année dernière nous a comblés d'une joie qui nous a été commune avec tous ceux qui aiment le Canada. Mais nous en avons eu ici une particulière et très sensible que nous avons partagée avec vos amis, voyant la gloire que le siège de Québec vous a acquise, et les éloges que tout le monde donne à la conduite que vous avez tenue en cette occasion. 11 y a lieu d*espérer que la manière vigoureuse dont vous avez repoussé les ennemis et fait échouer leurs grands projets, les rendra plus réservés dans la suite par la crainte d'une pareille confusion. Si mes vœux sont exaucés, tous leurs efforts ne serviront qu'à augmenter votre réputation et à faire connoilre le sujet que Ton a de bénir Dieu d'avoir inspiré au roi la pensée de vous renvoyer dans la Nouvelle France (l). Ce sont là. Monsieur, les sincères et véritables sentimcns de mon cœur, et je me flatte ({ue vous serez aisément persuadé que je ne puis en avoir d'autres, si vous ajoutez à Thonneur de votre amitié que vous m'avez accordée depuis si long temps, la grâce de me re-

(1) Sur le second gouvernement du comte de Frontenac en Canada, voir Rochemonteix, Les Jésuites de (a Nouvel le- France, t. III, p. 236-268.

garder toujours comme une personne qui est avec un profond respect et une estime toute particulière, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. — L. Tronson.

LETTRE LXXVm

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