A L ABBE DE SAINT-AUBIN
Ce 8 septembre 1690.
J'ai reçu ce malin, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, votre lettre sans date.
La fidélité à votre oraison suppléera au défaut de vos autres exercices, quand ils ne manqueront que par la nécessité de vos affaires. Quoique vous me marquiez qu'elles n'avancent guère, on espère toujours qu'elles ne vous empêcheront pas de finir ici avec nous vos vacances. Vous faites très bien d'y donner un exemple de modération qui sera instructif pour vos religieux, et édifiant pour le public. Rien ne prouvera mieux la fausseté de tout ce qu'on aura pu dire contre vous. L'amour pour Notre Seigneur et le désir que vous avez de Lui plaire, vous fera goûter la joie qu'il y a à suivre son exemple et les maximes de son Évangile.
Il est vrai que M. de La Roche- Aymon nous a quittés (1). Sa fermeté qui paroissait inébranlable a cédé à la première sollicitation de ses parents. Au moins, sa résistance n'a pas été longue, et la collation d'une dignité que M^' de Mende lui a conférée dans sa cathédrale a emporté toutes ses bonnes dispositions. Tant il est vrai ce que disent les saints : proditoria est et seductrix affectio parentelœ (2). Auriez- vous
(1) Claude de La Roche-Aymon, clerc du diocèse de Limoges, entra au séminaire de Saint-Sulpice le 26 mars 1685. Il en sortit en 1690 pour être d'abord chanoine, puis vicaire général de Dom François-Placide de Baudry de Piancourt, évêque de Mende, dont la sœur avait épousé le frère aîné de Claude. Nommé évêque du Puy le 24 décembre 1703, il fut sacré le 22 juin 1704 au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, et mourut en juin ou juillet 1720, âgé d'environ 65 ans. Ce fut un fort digne prélat, très attaché au séminaire du Puy dont il avait voulu faire sa résidence, et très zélé pour la sanctification de son clergé. V. Vie de M, de Lantages, p. 409-413, 424.
^2) Petr. Blés. Epiai, XI ad cfericum jam iPtate provectum; Migne, Patr. lat. t. CCXVII, col. 33.
CORHESPONDANCE AVEC LE SÉMINAIRE D* ANGERS t'A
jamais cru que, pour être chanoine, il eût voulu perdre le plaisir qu*il avait ici de dire des vérités? Il assure qu1I reviendra aussitôt qu*il verra que le pays lui fait tort; mais je lui ai dit que je voyais si peu d*apparence qu'il le fit, que je serais encore plus surpris s*il revenait que je ne Tavais été quand il avait accepté le bénéfice. 11 a besoin que Ton prie pour lui : Qui stat videat ne cadat (Cor. X, 12). Tous ceux qui Pavaient oui parler ici avec tant de force sur le détachement ont été étrangement étonnés d'un changement si subit; mais ils en ont tiré de bonnes conséquences. Dieu veuille que le tout soit pour sa gloire, et que ses desseins adorables s'accomplissent sur lui et sur nous.
Les pilules de M. Helvétius(l) que prend M. de Flamanville ne sont pas apparemment pour purger Thumeur mélancolique; car je crois qu'il n'en engendre pas auprès de vous, an mollis si nous en jugeons par sa relation. Nous l'avons lue à la jeunesse, et personne n*a soupçonné qu'elle vint d'un mélancolique. Je souhaite que vous participiez l'un et l'autre abondamment à la joie que la Sainte Vierge a apportée au monde en sa naissance; afin que vous puissiez dire à Dieu dans une pleine conviction de votre cœur ce que lui disait autrefois s. Augustin : Gaudere de te, gaudere ad te, gaudere propter te, hœc est vita heata, et non est altéra (2). Je suis en lui tout vôtre. — L. Tronson.
Je me dispose d'écrire à M. de Flamanville, car on vient de me dire que vous seriez bientôt ici.
LETTRE XXXVI
S5 août 1691.
il y a de quoi admirer la conduite de la Providence de Dieu dans les dispositions qu'il donne à votre Prélat.
(1) Adrien Helvétius, médecin hollandais, mort à Paris en 1727, âgé de 65 ans. \\ était grand-pére de Claude-Adrien Helvétius, le trop célèbre auteur du livre De l'Esprit.
(2/ Confess. lil). X, cap. XXII.
5â LIVRE PREMIER
J*espère que M. de La Pérouse (1) fera de grands friiils dans la retraite du clergé, et que ce sera peut-être une ouverture pour y en faire dans la suite de plus considérables. Je ne doute pas que les sollicitations de Monsieur votre frère ne fussent très utiles ; mais je ne sais s'il sera assez tôt en cette ville. Il y a cependant quelque sujet de Tespérer, eu égard à la longueur ordinaire des affaires.
La lettre au Pape est vraie ; mais elle n*est pas de si ancienne date que vous me marquez.
M«' de Chartres n*aura ses bulles qu'avec les autres Prélats; ainsi ce qu'il a obtenu c'est le gratis des bulles, c'est-à-dire qu'il les aura gratis quand on les donnera (2).
(1) François-Bertrand de La Pérouse, né en 1635, était flls d'un premier président au Parlement de Charabéry, et parent de Saint François de Sales. Après avoir fait ses humanités, il entra au séminaire de Saint-Sulpice, s'y distingua par sa piété et son érudition, prit le bonnet de docteur en février 1665, puis retourna à Chambéry, où il fut fait doyen de la collégiale. Comme il avait poiir la prédication un talent et une grâce extraordinaires, il se consacra spécialement à ce genre de ministère, et prêcha, soit à Paris, soit en province, un grand nombre d' A vents, de Carêmes, de Missions, de Retraites, surtout aux prêtres. Étant allé à Rome en 1688, sur le désir qu'Innocent XI avait manifesté de le voir, il refusa l'évêché de Lausanne alors vacant, que ce pape voulait lui. donner ; alléguant qu'il n'entendait pas la langue du pays, et que Dieu semblait l'appeler en France. Nous verrons qu'il entretenait avec M.Tronsonune correspondance habituelle. Il était aussi en relation particulière avec D. Innocent Le Masson, général des Chartreux, quienvoyaà M.Tronson la nouvelle de sa mort, par unelettredatée du 23 juillet 1695.— Voir sa notice dans Grandet, Les saints Prêtres français du dix-septième s ûV/c;. première série, p. 339-346. Voir encore. Histoire du Séminaire d* Angers, tome II, p. 355 et suiv., 424 et suiv., 443 et suiv., 465 et suiv. D. Innocent Le Masson^ Vie de mess ire Jean d'Arenthoii d'Alex, écêque et prince de Genève; Lyon, 1697, in-12, p. 127. Grillet, Dictionnaire historique du département du Mont-Blanc et du Léman, t. II, p. 136. De Jussieu, La sainte chapelle de Chambéry, dans les Mémoires de l'Académie de Savoie, 2« série, t. X, p. 157-159.
(2) Quoique nommé évèque de Chartres en 1690, Godet des Marais n'obtint ses bulles qu'en 1692, à cause du différend qui existait entre la Cour de Rome et celle de France, au sujet de la Déclaration faite dans l'Assemblée du Clergé en 1682.
J'ai VU la Question curieuse: savoir, si M. Arnauldest hérétique (i).
Il y a un petit livret qui a pour titre : « Secret du parti de M. Arnauld nouvellement découvert » (2), que vous devez lâcher d'avoir, car il parie d'original. — L. Tronson.
LETTRE XXXVII
A l'abbé DE SAINT-AUBIN
Ce samedi matin (avrils 1692.
Monseigneur de Chartres vint hier ici, et nous nous entretînmes assez longtemps du diocèse de Blois. Si Monsieur votre père y vouloit penser et que la chose lui convînt, M*' de Chartres proposerait encore Monsieur votre frère (3) et l'appuierait très volontiers; car je puis vous dire qu'il le souhaite extrêmement et qu'il ne tiendrait pas k lui que l'affaire ne réussît. Le plus tôt que vous pourrez me rendre
(1; Question curieuse : Si M.Arnauldj docteur de Sor bonne, est hérétique ; à Monsieur ... Conseiller de l'Évêque de Liège, parle P. Pasquier Quesnel ; Cologne, Nicolas Scliouten, 1690 ; in-12. Réimprimé sous ce titre : Histoire abrégée de la vie et des ouvrages de M, Arnauld, ci-devant imprimée sous le titre de Question curieuse, etc., augmentée dans cette nouvelle édition; par Pasquier Quesnel ; Cologne, Nicolas Schouten, 1695, in-12. On attribue aussi cet ouvrage an docteur Antoine Arnauld lui-même.
(2) Secrets du parti de M. Arnauld découverts depuis peu; 1690, in-12. L'auteur est Honoré Tournely, célèbre docteur de Sorbonne.On sait par quel stratagème il réussit à avoir de certains professeurs de runiversité de Douai eux-mêmes des preuves authentiques de leur jansénisme ; ou du moins on en peut lire le récit dans Bôrault-Berca&tel, Histoire générale de l'Église, livre LXXXIsjou dans les Mémoires chronologiques et dogmatiques du P. D'Avrigny ; édit. de 1739, t. III, p. 352-370. C'est Tliistoire du « laux Arnauld ».
(3) Michel Le Peletier, né à Paris le 4 août 1660, abbé de Joiiy en 1678, nommé évêque d'Angers le 15 août 1692, sacré le 16 novembre suivant, nommé évêque d'Orléans le 3 avril 1706, mort à Paris, avant d'a%'oir été préconisé pour ce dernier siège, le 9 août de la même année. Voir la longue notice que lui consacre M. Grandet ; Ajipen- *Hce V de son Histoire du Séminaire d'Angers, t. Il, p. 618-665.
riï LIVRE PREMIER
réponse sera le meilleur^ supposé que Ton n'ail pas d^opposition à la chose, el que Monsieur votre père consente qu*on y agisse.
Vous ne douiez pas qu on ait pris ici beaucoup de part k votre maladie, et que i*on ait eu bien de la joie de votre guérison. Cet accident est arrivé dans un temps fort propre pour faire soupçonner que la ferveur de vos catéchismes el de votre Passion y a eu beaucoup de part, et que cela vous servira d*un bon avertissement pour une autre année. Je ne puis vous dire, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, avec combien de lendresse et d'affection je suis tout à vous. — L. Tronson.
LETTRE xxxviït
9 janvier 1693.
J*ai lu, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, la pièce curieuse de>la Visitation d* Angers que vous avez envoyée. Je n*ai point remarqué qu*on y fît la Sainte Vierge Janséniste; mais j'ai bien observé que Ton y déjansénise votre bonne religieuse. Que peuvent dire après cela les calomniateurs qui l'avaient accusée d'avoir été de ce parti? et que pourront-ils faire pour se justifier, après un témoignage si authentique? C'est à vous à nous l'apprendre. II ne manque au récit de sa vie que la comédie que vous savez (1), qui relèverait bien son oraison funèbre.
Je ne vous ai pas remercié des Ordonnances de M*"" d'Angers, parce que je ne savais pas que vous les eussiez envoyées; mais présentement il faut qu'à cause du retardement, je vous en remercie au double, pour vous payer les intérêts avec le principal.
Si l'on vous choisit pour supérieur du séminaire, vous ne
(1) Comédie Janséniste, composée et Jouée dans le monastère de la Visitation d'Angers. V.Grandet, Histoire du Sthninairo d'Angers, t. II, p. 183, 1S4.
CORRESPONDANCE AVEC LE SÉMrNAIRE d'aNGERS ^O
devez pas hésiter à quiller voire cure; car i"" il y a plus de bien à faire dans le séminaire; 2"* on trouvera plus aisément un bon curé qu*un bon supérieur de séminaire; S"" quelques talents que vous ayez pour la cure, je crois qu'ils seront encore meilleurs pour le séminaire; 4* si Ton vous choisit, ce sera une marque suffisante de la volonté de Dieu. Je suis, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, très cordialement a vous. — L. Tronson.
LETTRE XXXIX
a L*ABBK de saint- AUBIN
Ce 18 janvier 1693.
Je crois que des visites plus fréquentes, des promenades, une ouverture de cœur plus grande, et d'autres marques d'estime et d'amitié plus particulières aux jeunes chanoines et autres ecclésiastiques de bonne volonté, ne pourraient être que très utiles pour les porter à Dieu; mais je ne sais si vous devez commencer si tôt à faire ces démarches. Il me semble qu'il serait à souhaiter que vous prissiez auparavant quelque temps pour connoitre leur esprit, pour découvrir le fond, et voir s'ils sont bien disposés pour en bien profiter; car autrement il y a à craindre : 1*" que quelques-uns, par hypocrisie, par respect humain ou par quelque autre motif intéressé, ne vous promettent merveille et ne vous disent tout autre chose que ce qu'ils auront dans le cœur; i" que vous ne perdiez beaucoup de temps inutilement à gagner des gens qui, dans le fond, ne voudroient pas être gagnés; 3* que cela ne vous détourne trop de votre étude. Je ne vous dis pas cela pour vous dégoûter d'une si bonne œuvre; mais je vous le dis seulement afin que vous vous y ménagiez d'une manière qui rende votre zèle plus utile et moins exposé à la critique.
Les commencemens de M»' d'Angers doivent faire beaucoup espérer dans la suite; car s'il continue à dire la messe tous les jours et à combler le monde d'honnêteté, il s'at-
0(5 LIVRE PRBMI£U
lirera un mérilc considérable devant Dieu, el beaucoup d'eslime devant le monde; et on pourra dire de lui un jour : Dilecéus Deo et hotninibua, cujus memoria in benedictione est {Eccli. XLV, 1).
Quelque intérêt que je prenne à ce qui le touche, j'en prends encore plus à ce qui vous regarde, mon cher Monsieur; ainsi, ne vous privez pas de la consolation de nous apprendre de temps en temps de vos nouvelles. Je souhaite que votre colique et votre dévoiement n'aient point eu de suites fâcheuses, et qu'elle n'ait été que l'effet du changement d'air et de la fatigue du voyage. Je suis. Monsieur cl très cher en Notre Seigneur, avec toute la tendresse et toute la cordialité que vous pouvez désirer, et mille fois plus que je ne vous puis dire, tout vôtre. — L. Troxson.
Errata de la lettre.
La lettre :
lisez :
réponce;
réponse;
rendre comte;
rendre compte;
jus;
j'eus;
j'ay u;
j'ay eu;
encor;
encore;
nouvaux;
nouveaux;
usl;
eut;
les prenants;
les prenant;
renderay;
rendray;
plus tost;
plutost;
Vous voyez que je vous tiens la parole que je vous ai donnée, tant je souhaite que in omnibus perfectus sis.
LETTRE XL
A l'abbé de SAINT-AUBIN
24 janvier 1693.
Vous avez raison de me dire. Monsieur et très cher en Notre Seigneur, que l'emploi que l'on a donné à M. de Fia-
manville et qu*il a accepté de si grand cœur, est une nouvelle qui mérite d^ètre mandée. Je ne puis que louer son obéissance, et prier Dieu qu'il lui donne assez de santé pour satisfaire à tout ce que demande la direction de ces deux grandes communautés. Il n'y manquera pas d'occupations, et je crois qu'il y trouvera bien d'autres matières, que celle de la dévote de Saint-Sulpice qui le prenait pour une cloche. Pour vous, je vous estime heureux de ne rien faire au dehors, et de vous plaire dans cette vie intérieure et cachée qui est si propre, quand on la goûte, à faire de bonnes provisions, et pour le temps et pour l'éternité. Employez bien ces moments précieux, mon cher Monsieur, suivant les vues et les inclinations que Dieu vous donne pour la retraite; afin que vous vous mettiez en état et soyez tout prêt de répondre dignement à ses desseins, quand il vous appellera pour le travail. Vous faites très bien de ne vous pas même mêler du séminaire, et de faire dire par d'autres au Prélat les choses dont il est utile qu'il soit informé.
Le moyen que je ne songe pas à une personne aussi chère que vous m'êtes? Notre Seigneur nous a unis trop étroitement pour pouvoir vous oublier; ainsi, comptez que je suis autant que l'on peut, pour le temps et pour l'éternité, tout vôtre. — L. Tromson.
LETTRE XLI
A l'abbé DE SAINT-AUBIN
Ce 30 janvier 1693.
Si vous ne cessez de m'écrire. Monsieur et très cher en Notre Seigneur, que lorsque je vous manderai que vos lettres me fatiguent, je puis vous assurer que vous ne cesserez pas sitôt ; car il est vrai que je n'en reçois point qui ne me donnent de la joie, et que ce me sera toujours une grande consolation d'apprendre par vous-même de vos nouvelles.
Je n'ai pu lire la dernière que vous m'avez écrite sans être vivement touché de vos larmes. Je ne m'étonne pas que la
58 LIVRE PREIltER
nalure souffre de Tétai où vous êtes; car il est rude et humiliant de voir que tous les autres sont occupés et que vous seul demeuriez sans emploi; mais comme Dieu vous fait la grâce de préférer à toutes choses sa très sainte volonté, et que vous ne cherchez qu'à lui plaire, vous ne sauriez douter qu*il ne vous veuille présentement dans le limon. Vous êtes bien, puisque vous y êtes par un ordre auquel il ne vous était pas permis de résister. Et c*est ce qui vous doit consoler et soutenir au milieu de vos peines, disant à Dieu : Qtiid mihiest in cœlo et a te quid volui super terrant (Psalm. LXXll, 28), etc. Pourvu que nous fassions un bon usage du présent, notre bon père aura soin de nous pour Tavenir, et fera réussir toute chose à notre avantage.
Je ne sais si M.Brenier (1) vous aura mandé qu*il a terminé ses comptes avec son cousin, et qu*il espère être de retour ici le mois prochain. Il souhaiterait fort qu*on le laissât quelque temps en retraite; mais je ne sais si ce serait le bien du petit séminaire de lui en accorder plus de dix jours.
11 semble que, dans les avis publics que M. Le Gendre (2) a donnés dans le séminaire, et que vous me marquez, son zèle a été au delà de sa prudence ; car c'est blâmer trop hautement et trop ouvertement ce qui se fait par Tordre du Prélat, cl je ne m'étonne pas qu'il en ail été mécontent. Si M. Grandet el M. Le Gendre sont si opposés Tun à l'autre, ce ne seroit pas le bien du séminaire qu'ils y demeurassent tous deux, quelque talent qu'ils aient ; car la paix el l'union dans une communauté sont préférables à tout.
Tout va ici à l'ordinaire, M.Dubois(3)aélé dans le dessein,
(1) Antoine Brenier, du diocèse de Grenoble, él ve du séminaire de Saint-Sulpice en 1669, établit le Petit séminaire de Saint-Sulpice en 1684, la Communauté des philosophes en 1687, remplit les fonctions de supérieur en plusieurs séminaires de la compajfnie, et mourut le 25 août 1714. V. Bibliothèque Sulpicienne, t. I, p. 207-209.
(2) Sur M. Le Gendre, directeur du séminaire d'Angers, puis prieurcuré de Sainte-Colombe en Anjou, V. Grandet, Les saints Prêtres français du XVIh siècle,^* série, p. 238-241 ; Histoire du Séminaire d'Angers, j^assim.
(3) Barlhélemi Gautier, dit Dubois, né à Orléans en 1622, entré au
COURESPODANCK AVEC LE SÉMINAIRE d'aNGERS 59
durant quelques jours, de se préparera la mort, à cause d*uno année qu*il pense être climatérique qui s'approche; mais présentement il agit à son ordinaire. Ma goutte est presque passée, et j*espère dans trois jours être en état de recommencer à dire la Sainte Messe, que j'avais été obligé d'interrompre depuis les fêtes. Je vous puis assurer au moins que je n'oublierai pas vos besoins au Saint Autel. Je suis très cordialement et mille fois plus que je vous puis dire, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, tout vôtre. — L. Tron-
SON
LETTRE XLii
A l'abbé de SAINT-AUBIM
Ce 8 février 1693.
Nous ne manquerons pas, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, de bien recommander à Dieu le succès de votre prédication. Je ne doute pas que vous n*y receviez beaucoup d'applaudissements et de louanges; ce sera à vous de n'y pas Irop ouvrir votre cœur, pour n'en pas corrompre la pureté, et d'imiter le sage, qui, pendant qu'il entend au dehors ces louanges qu'il n'a pas recherchées, ad unum apectai, ai Deua illum laudat. J'espère même que l'esprit de solitude qui vous inspire l'amour pour la vie cachée, ne vous en donnera que du dégoût, et vous rendra au moins assez fidèle pour n'y pas prendre de complaisance et pour en connoitre la vanité. J'avais cessé de vous marquer les fautes d'orthographe, parce que je vois que vous n'en faites plus guère; cependant, je vous dirai, puisque vous le voulez bien, que l'on écrit, « le dimanche des Rameaux », cl non pas « des Ramaux ». Je ne me souviens pas maintenant des autres fautes; j*y prendrai garde de plus près à l'avenir. Je suis. Monsieur et très cher
séminaire de Saint-Sulpice le 26 août 1647, licencié en 1652, docteur en 1654, fut durant quarante ans supérieur de la Solitude, et donna à cette maison sa forme définitive. Il mourut au séminaire de Saintsnlpice le 15 août 1698.
en Notre Seigneur, entièrement et très cordialement à vous. — L. Tronson.
On écrit chaire lorsque Ton veut désigner la chaire d'un prédicateur ou d*un professeur, et non pas chaise, qui ne se dit que des sièges ordinaires où Ton est assis.
LETTRE xuil
Mars 1693.
Pour un séminaire aussi fameux par ses combats et par ses disgrâces, il fallait un Supérieur aussi fameux, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, et Ton ne pouvait pas faire un meilleur choix. Je Tai souhaité, parce que j'ai cru que celte place vous était bien due, et que la Providence de Dieu vous la réservait comme à une personne qui, ayant beaucoup travaillé pour soutenir cette œuvre, était plus propre pour y faire du bien que nulle autre. Ainsi, vous avez très bien fait, à mon avis, de vous y soumettre à Taveugle, et de ne point écouler la répugnance de la nature dans une occasion qui vous engagera à sacrifier votre temps et votre vie même pour la sanctification du clergé, et pour le service et la gloire de Celui à qui vous êtes vous-même consacré depuis si longtemps.
Puisque Dieu donne à M. Tabbé de Saint-Aubin le temps de pouvoir être un peu en retraite, qu'il n'aura peut-être pas le reste de sa vie, je crois qu'il fait très bien d'en profiter et de ne la point interrompre par des emplois extérieurs. Je ne crois pas cependant qu'il vous refuse dans le besoin des avis généraux; car je sais qu'il aime le séminaire autant qu'on le peut aimer; et vous ne doutez pas des sentiments d'estime qu'il a pour vous; mais il faut atlendre le temps que Dieu a marqué, afin qu'il vous en donne toutes les marques extérieures que vous désirez, et afin que ce grand miracle que vous me marquez s'accomplisse. Toul vôtre. — L. Tronson.
CORRESPONDANCE AVEC LE SÉMINAIRE D*ANGERS Gl