‹ Correspondance de Louis TronsonChapitre 14 sur 42 · A MONSIEUR DE SAINT-AUBIN · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE SAINT-AUBIN

8 avril 1694.

Je suis bien aise de ce que vous me dites, qu'en m'écrivant vous soulagez un peu la peine de votre exil. C'est une marque que votre cœur n'est pas si éloigné d'ici que votre corps. En échange, on pense ici aussi bien souvent à vous; et pour moi, je puis vous dire que je vous accompagne souvent d'esprit dans votre retraite. Je ne doute point que votre abandon k Dieu et la soumission à ses ordres qui vous fait souffrir en paix ce qu'il y a de pénible dans cet état, ne vous attire bien des grâces pour réussir dans les emplois où Dieu pourra vous appeler pour le bien de son Église. Faites seulement de bonnes provisions pendant que vous en avez le temps; car vous trouverez un jour de quoi les employer.

La solitude a ses dégoûts, ses tristesses et ses ennuis. Ce sont des croix que Dieu y a laissées pour sanctifier ceux que sa Providence y conduit, et que l'on ne manque point d'y

72 • LCVRE PREMIER

rencontrer de temps en temps. Je compatis, plus que vous ne sauriez croire et que je ne puis vous dire, à la grandeur de votre peine; mais j*espëre que Tabandon à Dieu et le désir de ne faire que sa très aimable volonté, vous soutiendra, r/est par son ordre que vous êtes à Angers et attaché à la croix. Il faut attendre que lui-même vous en tire, sans écouter la voix de Tamour-propre qui crie sans cesse ; descende de cruce. Cependant, je crois vous devoir dire qu*il y a deux cas où vous aurez assez de fondement pour croire que c'est Dieu qui vous en fera descendre. 1/un, si vous voyez que la violence que vous vous faites altère votre santé. Car vous la devez ménager pour quelque chose de mieux, et pour d*autres occasions plus utiles à la gloire de Dieu et au bien de son Église. Ainsi, je crois qu'en ce premier cas, vous feriez très bien de vous tirer de Tétat où vous êtes, et de proposer de venir à Paris. Le second est si M»** d'Angers y venoit cet été, comme on nous le dit; l'occasion seroit belle pour vous, et vous feriez bien de profiter de celte ouverture que la Providence vous donneroit, pour venir un peu respirer en cette ville. Vous pouvez croire que j*en aurois bien de la joie; mais non pas toutefois si grande que si tous vos liens étaient rompus. Ce sera quand il plaira au souverain Maître, car c'est k lui à faire ce coup.

L*amour que Dieu vous donne pour Saint-Sulpice vous fera sans doute prendre part à la grande perte que nous avons faite de M. de Lanlages (1), qui est mort le 1'' de ce mois. Vous connoissiez son mérite et ses talens. Je le recommande k vos prières. Je suis. Monsieur et très cher en Notre Seigneur, tout vôtre. — L. Tronson.

(1) Charles-Louis de Laiitages, ne à Troyes en Champagne en 1616, admis par M. Olier dans sa compagnie en 1643, premier supérieur du séminaire du Puy en 1652, supérieur de celui de Clermont en 1664 et de celui du Puy une seconde fois en 1676, mort le 1" a\Til 1694. Voir sa Vie par M. Paillon, et la Bibliothèque sulpicienne, 1. 1, p. 91-103.

CURRËSrOXDA.NGË AVEC LE SÉMLNAIRE DANtiEll^ 7«]

LETTRE Liv

A MONSIEUR DE POUDENX (1)

7 janvier 1695.

Je ne puis vous offrir, au commencement do celle année, qu'un cœur qui esl loul à vous^et qui y sera toute sa vie. C'est la disposition que Dieu m*a donnée dès votre entrée au séminaire, et que vous pouvez croire être encore plus forte présentement qu'elle n'étoit en ce temps-là, puisque j y ai une nouvelle obligation. J*espère que Notre Seigneur qui nous a liés ensemble tirera sa gloire dé cette union, et qu'elle sera avantageuse pour TÉglise.

Quoique le séminaire d'Angers ne soit pas sur le pied d'une grande exactitude, il y a apparence qu'elle s'y introduira dans la suite par votre zèle et par vos soins. Mais quelque bonne volonté que témoignent ceux qui le conduisent, et quelque grand que soit le zèle de M. de Saint-Aubin, il ne faut pas s'attendre d'y réussir que peu à peu. Les œuvres de Dieu ne se font qu'avec le temps et la patience des ouvriers que Dieu y appelle.

C'est une bonne chose que vous ayez été à une de leurs assemblées et que tout le monde ait été content. 11 faudra voir dans la suite par la bénédiction que Dieu donnera aux vues de M. de Saint-Aubin, ou par les ouvertures de Providence, ce qu'il pourra demander de nous et de vous. Cependant, soyez persuadé que je suis de cœur, mille fois plus que je ne vous puis dire, entièrement à vous. — L. Tro*\'son.

(1) Neveu de Pévèque de Tarbes et frère de celui de Marseille qui portèrent ce même nom, François de Poudenx naquit en 1667, entra au séminaire de Saint-Sulpice, étant déjà clerc-minoré, le 27 octobre 1685, fut reçu licencié de Sorbonne en 1685; et après avoir pendant quelque temps travaillé à Paris, fut envoyé à Bourges en 1692. En novembre 1694, M. Tronson consentit à ce qu'il suivît M. de Saint-Aubin à .\ngers, et à ce qu'il fût associé aux prêtres qui dirigeaient alors le séminaire. Lorsque celui-ci eut été uni au séminaire de Saint-Sulpice en 1695, M. de Poudenx demeura à Angers avec le titre de premier di-

LKTTRE r.v

A l'évêqcë d'angebs (1)

Ce samedi-saint 2 avril 1695.

Monseigneur,

Rien n'esl plus obligeant que Toffre que vous me faites et la manière dont vous me la faites. C^est avec reconnoissance et avec joie que nous l'acceptons, et elle nous est d'autant plus sensible que nous nous ferons un plaisir singulier dV

recteur, pour aider le supérieur dans le gouvernement de la maison. En 1707, M. Leschassier le nomma supérieur du séminaire d'Orléans, dont Saint-Sulpice venait d'accepter la direction. C'est là que M. de Poudenx mourut le 8 mars 1727, âgé de 65 ans et 4 mois; son corps est inhumé dans la chapelle du séminaire. Au xix« siècle, on a gravé sur sa tombe l'inscription suivante :

Hic In • PACE • Christi • reqviescvnt

' OSSA • FrANGISGI • DE • PoUDENX

SACERDOTXS

SoRBONICjE • FaCVLTATIS • LICENTIATI

QUI • PRIMVS

E • SANCTI • SVLPITII • SODALITIO

MaJORIS SeMINARH • AVRELIANENSIS

GVBERNACVLA • TENVIT

SaPIENTISSIMI • REGIMINIS

EXPLETO • MVNERE

InFVLIS • PONTIFIGALIbVS • RECVSATIS

omiT • ocT. IDV8 • Martu

AxNNO • R. S. MDCGXXVII .^TATIS • SV-fi- LXV

(1) Michel Le l'eletier, successeur d'Henri Arnauld.

répondre avec zèle et de travailler sous vos ordres (i). Il y a seulement quelques actes de la part de Messieurs du Logis* Harault que Ton juge encore nécessaires pour prévenir les embarras et inconvéniens qui pourroient arriver dans la suite. M. Brenier les marque à M. Tabbé de Saint-Aubin, afin qu*il les leur propose et qu'ils voient sur cela leurs dispositions. S*il ne trouve pas difficulté de leur part, vous n'en rencontrerez pas assurément de la nôtre pour l'exécution de

(1) Le concordat entre Pévéque d'Ant^ers et le séminaire de Saint- Sulpice fut passé et slipié le 19 de ce même mois d'avril 1695. Grandet en donne le texte : Histoire du Séminaire d'Angers, t. Il, p. 571-574. Il laut lire en entier ce livre douzième, où Grandet raconte les préambules de cette heureuse conclusion. On y verra que c'est au nouvel évêque d'Angers que revient l'initiative vraiment efficace de ces négociations; que les prêtres du diocèse qui dirigeaient auparavant le séminaire acquiescèrent très volontiers à l'union, et que presque tous furent agrégés à la compagnie de Saint-Sulpice et maintenus dans leurs fonctions; que M. Tronson ne Ht que prêter son concours, avec plaisir, il est vrai, à une œuvre qu'il Jugeait, non sans raison, importante pour le diocèse d'Angers, et où il crut voir la volonté de Dieu. (Voir la lettre suivante, adressée à M. Grandet.) On jugera alors de ce qu'U faut penser de cette assertion de Ms^ Le Camus, évêque de Grenoble, écrivant à M. de Pontchateau le 9 mars 1676 : t Messieurs de Saintsulpice veulent temporiser, espérant, après la mort de M. d'Angers (Henri Arnauld) de se rendre maîtres du séminaire. Us avaient les mêmes vues pour ce diocèse». (Le^^res du cardinal Le Camus, publiées par le P. Ingold; Paris, 1892, in-8», p. 249.) Quelques années auparavant, le 4 août 1673, le même écrivait au même, en lui parlant fies Messieurs de Saint-Lazare, auxquels il avait donné la direction de son séminaire : « J'ai évité ceux de Saint-Sulpice, parce que J'ai cru qu'ils ne pourraient pas s'empêcher de faire du bruit dans Grenoble » (p. 94) ! Messieurs de Saint-Sulpice étaient donc, en ce temps-

là bien bruyants, bien turbulents, bien ambitieux surtout. Il n'y paraît pourtant guères, à en juger du moins par la correspondance «le M. lYonson. Au reste, le temps et « l'expérience » modifièrent bien le jugement du cardinal Le Camus sur Saint-Sulpice, ainsi qu'on le verra au tome III" de cette correspondance. Contentons-nous pour le moment de citer cette phrase d'une lettre qu'il écrivait à l'abbé de la Pérouse le 16 février 1693 : « M. Tronson est une personne que je considère avec vénération », et V expérience me fait dire que Saint-Sulpice est la meilleure école pour former les clercs et les élever danf? Pétat ecclésiastique ».

votre projet : car je suis ravi d'avoir une si belle occasion pour vous témoigner avec combien d'attachement, de soumission et de respect, je suis, Monseigneur, votre très liumble et très obéissant serviteur. — L. Tronson.

LETTRE LVi

ce 6 mai 1695.

Je n*ai pas de peine à croire que vous n ayez bien de la joie de voir Saint-Sulpice établi à Angers. Il semble qu*il n'y avoil pas grande apparence que cela se fit, au moins si promptement. Mais les cœurs et les esprits se sont trouvés si bien disposés de part et d'autre pour faire réussir Taffaire, qu'il y a tout sujet de croire que Notre Seigneur la vouloit. C'est le fruit de vos 25 années de désirs et de prières avec votre dévote, que j'aurois cru plus modérée dans sa joie; car c'est trop que de s'y laisser aller jusqu'à ce point que d'en être malade. Tous vos Messieurs, aussi bien que vous, m'ont écrit d'une manière qui me fait juger qu'ils sont fort satisfaits de voir le séminaire d'Angers sous la conduite de Saint-Sulpice, et de travailler conjointement avec nous (1). J'en suis bien aise, et toutes ces bonnes dispositions me font espérer que Dieu en tirera sa gloire. Nous tâcherons pour cela de faire de notre côté tout ce qui dépendra de nous. M. l'abbé de Saint-Aubin ne s'endort pas, je vous assure. Il nous a encore fait signer un acte dont il ne manquera pas de vous donner bientôt avis, s'il ne Ta déjà fait. Il travaille tant qu'il peut à y mettre la dernière main, au moins pour ce qu'il y a à faire en cette ville. Je suis toujours très cordialement à vous. — L. Tronson.

(1) l*res(iiie tous furent, en eflfet, ajrréj^^és à la conipag:nie, et continuèrent leurs fonctions au s(^ininaire. V. Histoire du Séminaire fl'Afif/crs, t. II, p. 611-617.

LETTRE LVII

A L*KVÉQUE D*ANGERS

27 mai 1695.

Monseigneur,

J*ai reçu la lettre que vous m*avez fait l'honneur de m*écrire, qui supplée d*une manière bien obligeante à votre précédente qui sétoit égarée; car vous nous y donnez des marques bien sensibles de la continuation de vos bontés, en nous témoignant vos reconnoissances, et les portant beaucoup au delà de ce que méritent nos services. Pourvu que vous en soyez satisfait, nous serons toujours parfaitement contents: et comme nous n*avons point d'autre vue que de bien répondre à l'honneur que vous nous faites, de nous employer dans votre diocèse, il nous suffira toujours de savoir que vous ne désapprouvez pas notre conduite. Nous avons envoyé M. Brenier pour accompagner M. l'abbé de Saint-Âubin qui a cru qu'il pourroit être utile pendant quelques mois, pour travailler ensemble à arranger plusieurs petites choses nécessaires pour bien commencer le séminaire. Au reste. Monseigneur, je vous supplie d'être bien persuadé que je ne négligerai rien de ce qui pourra dépendre de moi, pour vous donner une entière satisfaction, et pour vous faire connoitre que je suis avec un attachement particulier et un profond respect. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

LETTRE LViii

3 Juin 1695.

Je reçois présentement votre lettre du 30* mai. Vous n'avez qu'à continuer à m'écrire sans façon, de la manière que vous

(1) Antoine Brenier, d'une famille parlementaire de Grenoble, né le

78 LIVRE PKKMIKK

avez fait, et vous n*avez que faire d'y ajouter une signature, votre griffonnage étant assez reconnoissable, quoique votre nom n*y soit pas.

Je suis bien aise que M'*' d*Angers ait approuvé nos vues, et qu'elles aient été bien reçues de Messieurs du Logis- Barault.

L'expédient pour la supériorité de I abbé (1) est très bon, et pourra ôter la peine que le ministre pourroit en avoir.

C*est une bonne chose que Ton s*adresse à M. de Poudenx pour toutes les permissions, quoique cela soit assez singulier; car Tordre ordinaire demanderoit que Ton s*adressât à M. Grandet, puisqu'on le reconnoit pour supérieur; et c*est ce qui s'est toujours observé ici, M. Bardon (2) ne devant donner des permissions qu'en mon absence, ou lorsque je lui renvoie les personnes. Cependant, dans les conjonctures particulières où vous vous trouvez, le bien du séminaire semble demander qu'on en use de la manière que vous m'écrivez.

Je crains que vous ne fassiez si bien dans l'économie, qu*on prenne envie de vous retenir au delà du temps que nous vous avons marqué, et qu'on ne nous en demande la prolongation. Il faut que vous préveniez cette tentation en instruisant si bien votre substitut, qu'il soit en état de se bien acquitter de cet emploi.

C'est une bonne conduite que celle que vous me marquez, de M^ d'Angers, qu'il va lentement dans les affaires de conséquence et qu'il ne s'y détermine pas facilement. Les résolutions lentes valent ordinairement mieux que celles qui sont trop promptes et précipitées. Il est juste qu'elles paroissent toujours venir de, lui, et que l'on voie qu'il dispose et gouverne toutes choses.

13 janvier 1654, avocat à Valence en 1668, séminariste à Saint-Sulpice en 1669, licencié de Sorbonne en 1684, fondateur et premier supérieur du Petit séminaire de Saint-Sulpice aussi en 1684, supérieur de la communauté des Philosophes en 1687, plusieurs fois supérieur ou visiteur des séminaires de la Compagrnie, mourut saintement le 25 août 1714. V. Bibliothèque sulpicienne, 1. 1, p. 207-509.

(1) L'abbé de Saint-Aubin.

(2) Directeur du séminaire Saint-Sulpice.

Les cloisons de sapin que vous faites faire pour partager les chambres me paroissent d*une telle nécessité pour empêcher le désordre, que je ne puis qu'approuver sur cela votre conduite, ayant eu surtout des raisons pour en presser Texécution.

Il ne faut point presser M^ d*Angers pour Tunion du prieuré de Ghemillé; car puisqull fait difficulté d'en écrire à M. le Ministre, il faut attendre que la Providence donne d*autres ouvertures. Gomme vous dites quMl y a dans ce lieu-là un bel emplacement, il auroît sujet de craindre que la tentation ne prit d'y bâtir le séminaire; ce qui, en effet, conviendroit beaucoup mieux que le Logis-Barault.

On fait bien de laisser le spirituel et le temporel du Pelil séminaire aux soins de M. Grandet. G*est son œuvre, qu1l affectionne beaucoup et où il est bon qu'il s'occupe.

Gonlinuez de bien observer les choses dans le détail. Je crains que la plus embarrassante et qui fera plus de peine ne soit le logement.

Je suis, Monsieur et très cher en Notre Seigneur, tout à vous. — L. Tronson.

LETTRE LTX

A MONSIEUR BRENIBR

Ce 12 juin 1695.

J*ai reçu votre lettre du 5* de ce mois, avec votre règlement, auquel je ne trouve rien à redire (1). Je n*ai pas cru vous le devoir renvoyer; car, outre que vous en avez l'original, il est bon que nous en gardions ici une copie. Puisque ce que Ion en a déjà dit aux Messieurs a été bien reçu, il faut espérer qu1l sera bien observé.

(1) Ce règlement, approuvé par Pévèque d'Angers le !•' Juillet 1695, est le m jme k peu près et souvent textuellement, qui se lit encore et se pratique dans les séminaires de la Compagnie. Il est rapporté par (irandet. Histoire du Séminaire d'Angers, t. II, p. 576-584.

On fait bien d*abolir les usages qui ne sont pas conformes aux nôtres, lorsqu'on les peut changer sans inconvénient.

Vous avez raison d'admirer l'abandon de M. de Saint- Aubin à la Providence; mais cet abandon ne doit pas, ce me semble, empêcher que, dans de certaines affaires où il y a des mesures à prendre pour les faire réussir, on ne se serve des moyens ordinaires que l'on a accoutumé d'employer, lorsque la Providence même permet qu'on en ait les vues et qu'elle en donne les ouvertures.

Je suis surpris de la demande que vous faites d'une personne habile qui sache parler. N'en avez-vous pas assez qui le peuvent faire? M. l'abbé de Saint-Aubin, M. Grandet, vous, ne sutiisent-ils pas? Quelle apparence d'en augmenter le nombre? Le Rabin (4) ne pourroit-il pas aussi quelquefois y tenir sa partie?

Je ne vois pas que ce soit un grand mal, travaillant comme vous faites à l'œuvre pour laquelle vous êtes allé à Angers, que vous n'ayez pu ouvrir un livre depuis que vous y êtes.

Il seroit à souhaiter que l'on eût quelque connoissance des ecclésiastiques que l'on envoie au séminairc;'mais il n'en faut point vouloir d'autre que celle que le Prélat voudra donner, et qu'il trouvera bon que l'on prenne avant qu'ils y entrent.

Il seroit bon que l'on fermât la porte du séminaire comme l'on fait ici.

Les Angevins, qui veulent être caressés et prévenus avec beaucoup de douceur et d'honnêteté, n'ont rien en cela qui ne leur soit commun avec la plupart des gens des autres provinces. Tout vôtre. — L. Tronson.

(1) Sous ce nom familier, M. Tronson désigrne M. François Peltier qui remplissait, paraît-il, auprès de Pabbé de Saint-Aubin Pofflce de lecteur ou de secrétaire. Né dans le diocèse de Saint-Omer et entré acolythe au séminaire de Saint-Sulpice le 19 novembre 1691, il avait suivi l'abbé de Saint-Aubin à Angers en 1693, sans toutefois être encore décidé à entrer dans la Compagnie. Il quitta Angers en 1707 pour être supérieur à Issy. Il mourut à Beauvais. V. Histoire du Séminaire d'Angers, t. II, p. 615-616.

Page 1