‹ Correspondance de Louis TronsonChapitre 21 sur 42 · A MESSIEURS LES DIRECTEURS DU SÉMINAIRE D*AUTUN · texte numérisé non relu

A MESSIEURS LES DIRECTEURS DU SÉMINAIRE D*AUTUN

Ce 25 octobre 1690.

Je ne doute pas que Ton ne soit surpris à Autun du départ (le M. Rigoley. Je suis même aussi persuadé que vous, que le séminaire en souffrira ; mais il faut bien s'y résoudre, puisque le Prélat le veut absolument, quelque considération qu'il ait pour M. Rigoley, pour lequel il a assurément beaucoup d'estime. J*ai toujours cru qu à la fin Tamitié pour le neveu l'emporteroit. 11 le veut employer dans le diocèse, et le neveu fait difficulté d'embrasser les emplois que Tonde lui voudroit donner, s'imaginant qu'il ne pourroit pas s'en bien acquitter sans faire peiné à M. Rigoley. Voilà, à ce qui me paroit, la véritable source de la résolution que Monseigneur a prise, d'avoir un autre supérieur ; car je ne crois pas que M. Roquette ait demandé ce changement. Après tout, il faut se soumettre aux ordres de la Providence. On s'attendait d'avoir M. Bardou, mais il est engagé à Chartres pour six mois, et je ne vois pas qu'il puisse se rendre à Autun que vers Pâques. Il faudra, en attendant, y suppléer par un autre. C'est une affaire à terminer au premier jour, car le temps presse. Quoiqu'il en arrive, le meilleur parti que vous avez à prendre est de garder le silence sur ce changement, de no vous plaindre de personne, de vous tenir toujours très bien unis en la charité de Notre Seigneur, et d'obéir à celui qui vous sera donné de sa part pour supérieur, comme vous lui obéiriez à lui-même. Travaillez dans le séminaire avec votre zèle ordinaire, suivant les règles que l'on a accoutumé d'y suivre, et agissant avec M. le Grand vicaire dans les difficultés particulières qui pourroient survenir. Je prie Dieu que le tout réussisse à sa gloire, et que le changement n'altère point l'union, la ferveur et le zèle qui ont été jusqu'à présent dans le séminaire. Je suis, Messieurs et très chers en Notre Sei-

gneur, votre très humble et très obéissant serviteur. — L. Tronson.

LETTRE Ll

A L*KVÊQCE d'aUTUN

Ce 15 février 1691.

Monseigneur,

Vous ne pouviez pas me donner une joie plus sensible que celle que j'ai eiie, à la lecture de la lettre que vous avez eu la bonté de m*écrire. Le témoignage avantageux que M. votre neveu vous rend de M. Le Vayer de Bressac me confirme dans la pensée que vous serez content de sa conduite, et j espère que vous verrez avec consolation les fruits de leur correspondance et de leur union. Comme c'est ce que je me suis proposé dans ce choix, et que je n'ai point eu d'autre vue que de vous donner des marques d'une sincère affection pour votre séminaire et d'un véritable zèle pour votre service, il me suffit que vous en soyez satisfait. Il va vous rendre ses devoirs, et vous renouveler le» assurances de ses respects et de sa parfaite soumission k tous vos ordres.

M. de la Bannondière doit vous reporter l'écrit des questions sur lesquelles doivent être instruits les confesseurs, et vous en dira son sentiment. II me semble que ce sont les matières qui leur sont bien nécessaires pour s'acquitter de leurs obligations, et ils pourroient en peu de temps se mettre en état d'y satisfaire, si on y ajoutoit les réponses justes et précises qu'ils ne prendroient pas si aisément dans les auteurs.

Quoique je sois très persuadé que M. votre neveu ne changera pas de sentiment sur le sujet des bénéfices, cependant si vous jugiez qu'il fût utile, pour le bien de votre diocèse, de conserver celui auquel le Roi Ta nommé, il me semble qu'en l'acceptant et abandonnant le reste k la Providence, il y auroit lieu d'espérer que Dieu béniroit cette conduite. Je ne prends la liberté de vous dire ceci, que pour obéir k vos ordres, et vous faire connoitre avec combien de soumission

je suis, Monseigneur, votre 1res humble et très obéissant serviteur. — L. Tronson.

LETTRE LU

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