A M. LE DIRECTEUR DU COLLÈGE DU SACRÉ-COEUR, A LANGOGNE
i3 février 1874.
Hélas! Monsieur le Directeur, en dehors des catholiques il n'y a plus guère de Français. Nous le voyons déjà, nous le verrons davantage. Mais le bon Dieu, qui nous donne d'aimer la justice, nous donnera d'aimer la patrie ; et par cet inviolable amour nous servirons l'Église, la France et la liberté. Devant un tel but, que pèsent d'obscures et éphémères soutfrances? Tout chrétien est un christ, tout christ est. un rédempteur, tout rédempteur est associé à la croix, afin de sauver ceux qui le crucifient. Dieu nous appelle à ces grandeurs ; comptons sur ses miséricordes, et faisons-leur crédit.
Attendons, comme nous avons besoin qu'on nous attende. A travers mes ennuis, j'attends bien commodément, environné des sympathies et des tendresses de mes ft^res. En ce moment, peu de personnes reçoivent autant que moi les témoignages affectueux de la meilleure partie du genre humain.
Veuillez agréer. Monsieur le Directeur, pour vous et pour ceux qui se sont joints à vous, l'expression de ma reconnaissance et de mon respect.
Louis Veuillot.