A M. L'ABBÉ GENTY
Paris, 27 mai i844«
Monsieur l'Abbé,
Dom Pitra* m'a remis le l)on que vous lui avez envoyé pour moi. Je vous remercie de cette offrande, et je vous prie de témoigner ma reconnaissance et celle de mes collaborateurs aux personnes qui se sont unies à vous. Nous acceptons vos secours comme un témoignage de sympathie qui nous est bien précieux, et comme un encouragement à persévérer dans la voie où nous sommes. Je ne sais si vous avez lu la brochure qui a été condamnée, mais je vous assure qu'elle était parfaitement innocente, qu'elle n'offrait pas même un prétexte, et que c'est uniquement le catholique qu'on a voulu frapper. A ce titre, vous comprendrez que je me sente incorrigible, et que je me promette de sortir de la ])rison plus coupable que je n'y vais entrer. Je m'aperçois que les hommes peuvent bien peu de chose contre ceux qui ne perdent pas la grâce de Dieu. Daignez, Monsieur l'Abbé, ainsi que vos estimables confrères, vous unir à moi, et bénissons ensemble le bon maître, le bon et tendre maître qui a permis qu'au milieu de toutes ces affaires qui m'accablent, je fusse forcé à une petite retraite dont j'avais grand besoin.
I, Aujourd'hui S. Em. le cardinal Pitra.
Nous avons reçu la lettre de M. l'abbé D*** que je me proposais de remercier en particulier. Je pense que son Journal lui parvient maintenant. Comme je suis très occupé, je vous prie de vouloir bien lui témoigner m.a reconnaissance.
M. l'abbé R... nous a, en effet, adressé des observations excellentes, mais comme elles ne faisaient que répéter des détails et des faits que nous avions déjà publiés un ou deux jours auparavant, nous n'avons pas inséré ses réflexions dans la crainte de le compromettre. Si nous avions su lui faire plaisir, nous n'aurions pas hésité. Veuillez lui dire que nous le remercions, que nous le tenons pour un bon frère, malgré son logement,^ et qu'à la prochaine occasion, il ne nous trouvera pas si timides.
J'ai l'honneur d'être. Monsieur l'Abbé, votre très humble et très reconnaissant serviteur.
Louis Veuillot.
A M. L'ABBÉ MORISSEAU.
3i mai i844«
Mon bon abbé, il n'a tenu à rien que ma lettre ne croisât encore la vôtre, je m'étais dit ce matin : j'écrirai à Tours, et je n'en aurai pas le démenti. Tout