‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 41 sur 132 · I. Un roman intitule lu Marquise de Champ fleury · texte numérisé non relu

I. Un roman intitule lu Marquise de Champ fleury

j)oiir moi, priez tous, priez souvent, rappelez- vous mon nom quand vous célél^rez le Saint Sacrifice, afin que le souverain juge ne me reproche pas un jour d'avoir eu la confiance des Saints et de n'avoir rien fait pour la justifier. Oui, malgré beaucoup de faiblesses, j'ai sincèrement voulu défendre la Sainte Cause, et j'en ai été récompensé d'une façon qui m'épouvanterait si dans ces grâces et ces adoucissements qui sont un témoignage de mon peu de force, la main qui me les prodigue ne me laissait vou' aussi une preuve de sa bonté. Nous sommes des commençants; il nous faut beaucoup de confiance, et tout nous est facile; nous faisons quelque chose avec rien. Maintenant nous avons vu que Dieu nous assiste ; persévérons, avançons chaque jour ; que partout, l'impie nous trouve d'accord pour le combattre, nous le servirons par là plus encore que nous ne nous serons servis nous-mêmes, et nous triompherons, car Dieu est avec nous.

Je vous recommande. Monsieur le Curé, ainsi qu'à vos dignes collègues, l'adresse que nous voulons envoyer à O'Connell prisonnier. 11 importe que la manifestation soit digne de ce grand homme et digne de nous. Demain V Univers la publiera. Vous aurez la bonté de faire faire une copie et de réunir le plus de signatures possibles, d'ici au 1 5 juillet. A cette époque, vous nous la renverrez, je serai sorti de prison et avec un de mes collaborateurs qui sait l'Anglais, j'irai, s'il plaît à Dieu, porter au libérateur ce solennel témoignage des sympathies et de l'admiration des bons catholiques de France.

Je suis, Monsieur le Curé, votre très humble, très obéissant et très reconnaissant serviteur.

Louis Veuillot.

Parmi ceux qui souscrivirent et se firent quêteurs pour payer l'amende de l'Univers et de Louis Veuillot je dois mentionner M. l'abbé Dupanloup, alors supérieur du petit séminaire Saint- Nicolas. Je trouve dans sa Fie le billet de reraercîment que mon frère lui écrivit à cette occasion :

« Monsieur l'abbé, occupé de mille affaires avant mon entrée en prison, j'avais remis aux loisirs qu'on me réservait ici l'agréable devoir de vous faire connaître mes remerciements pour la généreuse aumône que vous m'avez envoyée. Veuillez agréer l'expression de ma reconnaissance et devenir mon interprète auprès de vos coopérateurs. jj

Ce billet montre qu'à cette époque les relations étaient simplement courtoises ; un peu plus tard, sans devenir intimes ni même très suivies, elles furent moins réservées. Au lieu de se rencontrer, on se voyait et plus d'une fois on dîna ensemble.

25't CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOT.

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