‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 52 sur 132 · I. Avec cette lettre il lui envoyait des fruits · texte numérisé non relu

I. Avec cette lettre il lui envoyait des fruits

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raient de plusdii^no du Roi dont j'avais en cette circonstance l'honneur d'ètreTagent ou l'argent. Riende trop ])eau pour ces majestés, vous l'avez dit, mon ancienne fdie. Quand leRoi valu i-inèmeau marché il choisitce qu'il veut. Il sait ce qui est très bonet s'il ramasse pour la tahle de ses épouses des foies de veau ou des trognons de choux que dédaigneraient les derniers gueux, il leur donne la saveur archi royale qui convient. Quand c'est moi qu'il charge de la besogne je ne commets pas l'irrévérence d'imiter mon maître et je tâche de faire beaucoup mieux, sachant que je ne peux faire aussi bien. Il n'y a que lui qui sache donner au chat le goût du lapin. Que la bonne sœur qui trouverait mes fruits trop beaux ne se scandalise pas. Jefaisceque je dois; en cela je ne suis qu'un économe fidèle ; il me punirait si j'étais un économe avare. Si tu comprends bien cela, ma chère iNIajeslé, tu n'es pas loin du royaume descicux. N'oublie jamais qu'un chrétien doit être humble, mais magnifique. Gain mérita d'être un brigand et de tuer son frère, pour avoir lésiné dans son sacrifice. S'il avait sacrifié à Dieu un chevreau au lieu de sacrifier peut-être une pâquerette cueillie sur la limite de son champ, il ne se fût pas sacrifié à lui-même Abel. S'il n avait eu que des pâquerettes, à la bonne heure, le sacrifice eût été bon. Quel ladre et quel imbécile que ce Gain ! Il fallait qu'il fût bien mauvais pour être déjà si bête à l'aurore du monde, quand la bêtise venait à peine d'être inventée. Et toi, jeune Esther de la loi de grâce, que penserais-tu de toi-même, si, lorsque tu m'as donné du lait, tu avais retiré une partie de la crème sous

prétexte que tu es pauvre et que je ne suis qu'uQ mercenaire au service de Notre Seigneur? je t'en dirais là-dessus jusqu'à demain, mais il faut que tu fasses ton ménage et moi j'ai un philistin à tuer avant mon déjeuner. En somme tu m'as donné du lait, je t'ai offert des figues; tout cela est biblique et nous sommes en règle. J'ai fait ton remerciement à ta tante, je me prépare à aller voir Agnès, mais je te verrai avant. Je voulais te saluer aujourd'hui même, mais puisque tu es de service, je m'abstiens. J'espère que Dieu te donne la grâce de faire des malles ; moi, je tremble d'en faire en purgatoire, et ce sera bien dur\ J'ai vu Mgr de Poitiers mercredi, Mgr Nardi, hier. Il va à Dublin où il est invité pour de grandes fêtes qu'on donne à propos du centenaire d'O'ConnelL J'ai reçu une invitation, mais j'ai eu peur de la mer et des grands dîners et j'envoie quelqu'un à ma place. Quand on est infirme on fait le grand seigneur. M. Roussel sera mon ambassadeur à Dublin. J'ai fait à ce sujet un article qu'on a trouvé bon et que la Visitation pourrait lire ; Loth même l'a lu à sa femme et à ses fils.

Le Saint-Père va bien, Mgr Nardi l'avait vu le jour de son départ de Rome, c'est-à-dire cette semaine; je ne sais pas si le cardinal Pitra et le cardinal Berardi viendront à Paris; mais je m'occuperai tout de même de la relique de la sainte Lance, toujours en mémoire du pot au lait. Il faut être reconnaissant d'un verre de lait froid. Nous avons perdu le comte Lafond que

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