‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 83 sur 132 · CI.X · texte numérisé non relu

CI.X

A M. L'ABBÉ CORBINP.

i5 mai t86o.

Monsieur l'abbé,

Mes voyages et mes affaires m'ont empêché de répondre aussitôt que je l'aurais voulu à la bonne lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 2 février, à l'occasion de la suppression de fUnwers; mais le temps ne peut rien contre ma reconnaissance, et je ne veux, pas qu'un acte de sympathie si aimable et si chaleureux demeure sans remerciement. Je n'en suis pas moins touché aujourd'hui que dans le moment même, et je ne compte pas moins non plus sur la bienveillance avec laquelle vous m'encouragez, si je puis un jour recommencer.

Recommencer n'est pas facile : j'ai pu m'en convaincre. Je suis à terre et garrotté. Mais la conscience qui s'appuie en Dieu, est plus forte à la longue que tous les liens faits de main d'homme, et mon consentement manquera toujours au fait qui me terrasse en ce moment. S'il est définitif, c'est que Dieu le veut; et Dieu, qui m'a donné la paix dans le combat,

I. M. l'abbé Corbini, aujourd'hui curé de Pauillac, était alors vicaire de Saint-Louis, à Bordeoux.

ne me la refusera pas dans la défaite. Que son saint nom soit l)éni, et qu'il rende à ceux, qui, comme vous, m'ont assisté, la joie pure et profonde dont leur sympathie a rempli mon cœur. Je vous [)rie, Monsieur l'abbé, de communiquer l'expression de ces sentiments aux personnes qui ont voulu se joindre à vous pour me tendre la main.

Votre reconnaissant et dévoué serviteur,

Louis Vf.uillot.

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