A M. THÉOPHILE O
Paris, 3 novembre 1867^
Monsieur, On part toujours, et je crois qu'il faut toujours^
partir, sans trop s'inquiéter de ce qui adviendra. Il est possible qu'on ne soit d'aucune utilité à Rome, mais certainement cet élan est d'une grande utilité ici. Il prouve au moins qu'on ne veut pas se laisser faire, que la France a du sang à donner, et que, si l'on y rencontre tant d'apostats, il y aura aussi des martyrs, dont le sang pèsera davantage.
Je vous engage donc à ne pas calculer et à vous mettre généreusement en route. Dieu vous tiendra compte de ce voyage, ne servît- il à rien pour le moment. Vous ne le ferez pas sans prier : la prière arrache à la miséricorde de Dieu les miracles de pardon que sa justice voudrait retenir. Je suis heureux que vous me fassiez l'honneur de m'accorder vos sympathies. Priez aussi pour moi.
Louis Veuillot.
I. M. Tliéopliile O. avait écrit îi mon frère pour lui demander s'il était temps encore de s'engager clans les zouaves pontiûcaux. Il reçut cette réponse.