‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 92 sur 132 · I. Cette lettre dans le Clairon sariêtait ici · texte numérisé non relu

I. Cette lettre dans le Clairon sariêtait ici

1. M. de Yillemessant ne devint pas actionnaire de rUnh-erx. 11 se déclara prêt à verser les fonds; mais Louis Veuillot, après réflexion, ne se pressa point de les faire prendre, et décida ensuite qu'il no les prendrait pas.

Le jeune écrivain que mon frère recommandait à M. de Villemessant, s'est lait depuis lors, par sou talent, sa tenue et sa droiture, une place distinguée daris la presse.

A M. DK YILLEMESSANT'.

i8 octobre 1868.

Vous vous méprenez un peu, Monsieur, sur la portée de la lef.tre que je vous écrivis le 28 mars 1 8G7, il n'y a pas loin de deux ans. Ce que je pensais alors du Figaro s'y trouve assez exprimé pour la circonstance, et ne diffère pas tant de ce que j'en pense aujourd'hui. Dans le genre que vous exploitez, avec un succès que j'ai toujours reconnu, le Figaro de 1867 ^^^^^ ^ P^'^^ W^^ ^^ ^"^ j^ trouvais de moins mauvais; il est devenu à peu près ce qu'il y a de pire. Mes sentiments ont suivi son progrès, et vous en avez eu la note. Ils étaient nés, ils se sont fortifiés, ils ont rapidement atteint toute leur croissance; mais cela ne fait pas ce que l'on peut appeler un changement.

Vous donnez à mon opinion actuelle sur vous personnellement une interprétation que je récuse. Je n'ai point écrit que vous fussiez un « idiot qui ne sait pas rédiger un journal et que ses rédacteurs mènent par le nez ». Ces expressions sont purement de vous, et traduisent imparfaitement mes observations sur, le rôle que vous jouez dans la presse.

I. En 1868, M. de Villemessant, ayant été repris par l'U/iircrs au sujet du Figaro, publia la lettre qui précède, afin d'('tablir, disait-il, que M. Louis Veuillot avait autrefois pensé quelque bien de lui. Cette réponse lui fut adressé par la voie de fUnh-vrs.

Je VOUS trouve, au contraire, fort entendu, — en matière de Figaro.

J'ai pu croire que vos rédacteurs violentaient les sentimL'nts catholiques et monarchiques dont vous vous dites orné en dedans. La première visite dont vous m'avez favorisé (visite que je vous dois), m'était faite à dessein d'obtenir quelque bout de recommandation pour je ne sais quel grand journal qui devait être imprimé sur calicot, et dont la mère pourrait permettre la lecture à sa fille. Je lâchai la recommandation, aussi chiche que possible, mais avec une certaine confiance au bon fonds que vous m'aviez fait entrevoir. Nous autres Orgons, nous y sommes toujours pris. Je suis désabusé.

Vous avez demandé une action de VUnivers; on vous la donnée. Je vous ai témoigné le désir de la reprendre; vous avez bien voulu la rendre. Ce sont d'excellents procédés; mais, si vous en concluez que je vous souscrirais, moi, des actions à quelque nouveau journal sur calicot, à un Figaro des familles^ non, je ne le ferais pas.

Je viens au jeune garçon que je vous ai recommandé « si chaleureusement ». Vous le maltraitez fort. Il a trempé, dites-vous, dans C Injle.rlble^, Je ne l'avais pas envové là, et je conçois votre colère. Cependant, il faut vous avouer que ce serpent mal réchauffé ne me paraît pas avoir tant descendu. Je n'ai point approuvé P Inflexible, j'ai môme applaudi à son châtiment*. Je crois avoir le droit de blâmer les excès

1. Une feuille houlevarciii re qtii attaquait violemment les figaristcs,

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