‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 16 sur 73 · Un récit de Mgr Dupucli sur un ccbauge de prisonniers · texte numérisé non relu

Un récit de Mgr Dupucli sur un ccbauge de prisonniers

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ben Kaddour, s'amusait quelquefois à épeler en attendant son couscoussou. A ce propos, je vous dirai que je suis en certaine vénération parmi les douars et smilas, et qu'on m'y appelle le khodj marabout : le saint secrétaire; excusez!

Soyez sous la garde des anges, mon cher Edmond. Vous n'y tenez pas beaucoup , peut-être, mais moi j'y tiens et j'use de l'autorité que j'ai sur les anges pour vous recommander à leurs soins. Osez m'affirmer que cela ne peut rien faire !

Ici se termine cette nouvelle série de lettres écrites d'Ak-érie en 1841.

A M. Th. Foisset *.

3 mai 1842.

Très cher ami. Vous devez me croire mort, pour mon honneur. Je ne vaux guère mieux. Je suis mort pour tout ce qui me serait agréable. J'ai de la besogne ministérielle par-dessus les yeux ; je ne puis travailler le soir à cause de ces mauvais yeux, et à peine me reste-t-il quelques heures le matin, qui sont prises

1. Quelques mois après sa rentrée à Paris, Louis Veuillot reçut la visite de M. Théophile Foisset (voir, page 78, la première lettre que lui adressa mon frère). Leurs relations fuient tout de suite intimes. Il s'ensuivit une correspondance qui, à certaines époques, fut très active. J'ai reçu de la famille de M. Foisset, par l'intermédiaire de M. H. Boissard, ancien procureur général, copie des lettres de Louis Yeuillot, et je lu' ai donné copie de celles de M. Foisset. M. Boissard a parlé de

par un genre de littérature tout nouveau, précieux et désagréable. Vous savez que le bon curé de Notre-Dame des Victoiies m'a fait corriger les épreuves de ses Annales ; voici maintenant les Pores de la Grande -Chartreuse qui m'envoient une notice d'une centaine de pages à teindre d'un bout à l'autre, c'est-à-dire à refaire à peu près entièrement. Vous comprenez que cela ne m'amuse pas et que cependant je ne veux ni ne puis refuser. Voilà comme mon temps passe , dévoré presque sans que je l'aperçoive et sans qu'il m'en reste rien. Il faut que vous me pardonniez de vous avoir fait attendre cette lettre, c'est bien malgré moi ; j'ai toujours eu à faire quelque chose de plus pressé. Je vous ferai aussi attendre votre ar' ticle. C'est un plaisir que je suis forcé de remettre, pour moi encore plus que pour vous.

Rendons grâce à Dieu : V Univers a fâché le ministère, et le lien de honte est rompu. J'en suis sûr. Pourvu maintenant qu'on ne le renoue pas ! Ainsi nous voilà donc, après que le journal s'est bien compromis, dans la môme position cmbar-

cette correspondance et lui a fait des emprunts dans son intéressant ouvrage : Théophile Foisset, 1800-1873. Sans publier ici toutes les lettres de Louis Veuillot, certains renseignements me paraissant devoir être gardés pour sa Vie, qui sera en môme temps l'histoire de l'Univers, je vais en donner un grand nombre et presque toutes seront in extenso.

La copie que j'ai reçue dénotant en divers endroits peu de pratique de ce genre de besogne, quelques erreurs de texte sont très probables, elles sont même certaines, mais elles doivent être peu importantes.

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rassée qu'avant, plus mauvaise môme, à cause des fâcheuses impressions qu'a reçues le public. Néanmoins je me réjouis. J'aime mieux un journal catholique mort que vendu. Je ne sais ce qu'on va faire ; j'essayerai de vous tenir au courant ^

L'article du Messager paraîtra bientôt. C'est Rabou qui le fait. J'ai donné une poussée au rédacteur de la Presse.

Votre poète horloger est bien mollasse et fadasse. Il m'est impossible de n'être pas un peu dur si j'en parle. Le voulez-vous? Je trouve cette lavure de Lamartine insipide, et je me demande quel besoin de lâcher des vers d'amour quand on a ce froid tempérament. Il y a des choses que je ne puis pardonner aux moutons. Franchement, conseillez-lui de faire des régulateurs, et s'il produit des cantiques, qu'il les chante, mais qu'il ne les imprime point. Il ne se doute pas de ce que c'est que la poésie; je n'ai pu dans tout son volume en trouver une étincelle, et il n'est bon qu'à mettre la civilité puérile et honnête en vers mal rimes.

Vous avez vu le tapage des journaux au sujet de l'archevêque^, et vous savez maintenant à quel prix et sous quelles honteuses conditions ces mes-

1. M. Boissard a reproduit ces lignes dans la Vie de M. Foisset, avec cette observation : « La direction du journal, comme si elle eût aspiré aux faveurs du ministère, le ménageait au point de se séparer du jeune pair (M. de Montalemberl), qui le soutenait de ses fonds. » Cette observation sera complétée ailleurs et mise à son point.

2. Mgr Affre, archevêque de Paris. Il avait rappelé au roi que les catholiques attendaient la liberté de l'enseignement.

sieurs consentent à nous tolérer. C'est le silence qu'ils exigent partout et toujours. Je pense toujours que la paix à ce prix serait funeste et ne serait pas môme la paix. Je crois que nous ne devons pas consentir à être tolérés; je crois qu'il faut qu'on nous persécute ou qu'on nous craigne. Néanmoins je n'oublie pas notre causerie, et je ne veux pas vous cacher que j'en ai gardé l'impression. Si j'écrivais, je prendrais garde aux mots violents. Mais de quelque temps je ne veux pas vous croire. Il faut d'abord que je travaille à fortifier mon cœur, afin de ne pas m'exposer à faire comme ces trompettes qui sonnent la charge à l'écart du combat, ou comme ces sophistes qui crient bataille du fond d'un cabinet, et qui referment leur fenêtre après avoir lancé des proclamations dans la rue. J'entends payer de ma personne.

Je remercie bien M™* Foisset de se joindre si gracieusement à l'oUVe aimable d'hospitalité que vous m'avez faite. J'accepte ; Dieu sait quand j'irai. Jusqu'au mois de juillet je suis cloué ici. Adieu, aimez-moi toujours et ne m'accusez pas. Je ne suis qu'à plaindre d'apercevoir si peu de soleil. Dire qu'il y a quelque part des arbres et de l'herbe, d'y être appelé par de si bons cœurs, et de faire ce que je fais, où je le fais !

Bien à vous, en Notre-Seigneur.

L'ouïs Veuillot.

Au me /ne.

11 mai 1842.

Nous sommes dans l'exultation, mon cher ami, de voir enfin le Correspondant prendre vie *. Vous absent, je désespérais, mais je vois que vous tenez ferme. Nous avons demain une réunion après laquelle je vous écrirai; mais puisque j'ai un moment aujourd'hui, je ne veux pas attendre davantage à vous dire combien je suis satisfait.

Rabou a fait sur vous un article bien injuste {Messager du 3 mai)-. Il exagère toutes les critiques possibles et tait absolument le bien. Je garde cet article pour le tourner dans le mien que je suis plus que jamais pressé de faire. Vous n'avez pas besoin d'être consolé, et sous certains rapports vous n'avez pas non plus à profiter de ses remarques. 11 vous reproche surtout les défauts inhérents à votre travail. Quant aux mots sur lesquels il vous querelle, je suis un peu de son avis, mais ces mots sont les seules taches de style de six cents grandes et belles pages. Il les a relevées avec un soin très vigilant. Est-ce

1. Il s'agissait non du Nom-eau Correspondant, fondé par Olivier, mais d'iui Correspondant nouveau établi sur îles bases plus larges et plus solides.

2. Cet article rendait compte du livre de M. Foisset sur la vie et les œuvres du président de Brosses.

que vous auriez eu la malhonnêteté de ne pas lire Lonison d Arquien^ ?

Ce que je vous ai dit de Fleurs des champs, je le disais pour vous seul. Soyez bien assuré que je n'aurais pas eu ces gros mots devant le public. J'aurais été très sévère, mais non pas féroce. Adieu, mon cher ami...

Je vous embrasse.

Louis Veuii.lot.

Quelques députés parlaient de supprimer l'allocation supplémentaire accordée à l'archevêque. Monseigneur s'est rendu chez M. de Lamartine, qu'il connaît; il lui a dit qu'il n'aimait pas le bruit ; mais que si on lui faisait cette insolence, il refuserait tout et vivrait de son bien. Voilà ce que le père Bailly assure et dit tenir de Monseigneur lui-même.

Au même,

19 mai 1842.

Je croyais, mon cher ami, que Wilson avait pris soin de vous écrire après la réunion de l'autre jour. Sans cela j'aurais de façon ou d'autre arraché aux devoirs qui m'obsèdent un instant pour le faire. Vos combinaisons administratives présentent des diflicultés sérieuses ; elles ont cllaré Wilson, qui se voit en position de signer des bil-

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