‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 24 sur 73 · L'auteur était l'abbé Combalol · texte numérisé non relu

L'auteur était l'abbé Combalol

LacQjcdaire a été magnifique le premier jour, et peut-être au-dessus de lui-même le second. Lorsqu'il est monté en chaire la première fois, c'était avec la conviction que des sifflets allaient éclater de toutes parts; on lui avait annoncé môme des coups de pistolet et un dessein formé de le brûler sur le parvis Notre-Dame. Je n'ai eu qu'une crainte : c'était qu'on ne l'applaudît. Tout a été admirable, l'orateur et l'auditoire. Il y avait plus de cinq mille hommes à l'entendre. Voilà la vérité. Louis- Philippe a dit en propres termes à l'archevêque : «La veille du pillage de l'archevêché, j'avais prévenu votre prédécesseur, et je vous préviens'. « Je le tiens de l'archevêque. Si vous voulez ma vraie pensée sur le roi, la voici en deux mots : C'est UN VIEUX DRÔLE, h^ Uiiwers a. gagné deux cents abonnés depujs le l^'" novembre. Rien de pareil ne s'est encore vu.

La brochure de Montalembcrt se vend; mais le mot est donné comme sur la mienne, pour qu'il n'en soit pas question. Vous serez content de celle de Lama^che. Nous réimprimons la mienne à 10000 exemplaires à six sous.

Adieu, cher ami. Pardonnez-moi le silence où je vais retomber. Je ne puis écrire le soir à cause de mes yeux, et le ciel avare ne me donne que huit

1. Il le provenait (juc si l'épiscopat, et particulièrement l'archevêque de Paris, appuyait les prêtres et les catholiques militants, et encourageait des prédicateurs comme Lacordaire, le gouvernement serait impuissant à empêcher de? manifestations antireligieuses poussées jusqu'aux violences.

heures de jour, sur lesquelles il faut pourvoir aux nécessités d'un estomac délabré, faire des visites, écrire des lettres et gagner sa vie. Vous savez que je suis en ménage avec mes deux sœurs, qui me consolent beaucoup parleur tendresse charmante. Je vous embrasse.

Louis Veuillot.

Au même.

27 décembre 1843.

Mon cher ami,

Qu'avez-vous donc écrit à Monseigneur * ? Taconet m'est venu voir ce soir, tout époulTé, me disant tenir d'un familier de l'archevêché qu'on y avait reçu ce matin une lettre de vous roulant tout entière sur les secrets d'une conversation que j'ai eue avec Monseigneur et que je vous aurais révélée. Je n'y comprends rien; vous ai-je en effet révélé des secrets?

Il me semble que je n'en puis avoir pour vous, et c'est justement pour cela qu'on ne doit pas être informé partout de ce que je vous confie. Je me souviens seulement de vous avoir écrit, pressé comme je le suis toujours, que j'avais causé avec notre archevêque et qu'il m'avait rapporté un mot de Louis-Philippe au sujet de la première prédication du Père Lacordaire. Est-ce là-dessus que

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