Mgr Affre
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roulait votre lettre au prélat? Y avez-vous parlé de liturgie, delà liberté d'enseignement, d'autres choses encore, le tout d'un Ion assez animé et en me mêlant à cela d'une façon que je ne m'explique pas, si ce qu'on me rapporte est le moins du monde fondé? Je crois que vous n'avez pas été très prudent et que vous me mettez sur les bras une ennuyeuse affaire. J'ai déjà le malheur que Monseigneur ne me croit pas trop de ses amis (en quoi il se trompe, car je le trouve fort bon et fort respectable, et je me contente de n'être pas en tout de son avis); il va me supposer hostile, indiscret, dangereux, etc.
Hélas! on me fait plus diable que je ne suis noir. C'est une chose étrange qu'un pauvre homme qui ne vise qu'à défendre l'Église, qui s'y met de tout cœur, sacrifiant repos, santé, fortune, etc., n'obtienne pour premier résultat que de se faire des adversaires parmi les chrétiens; passant tout net pour un furieux dont il serait bon de débarrasser l'Église. Je n'ai nul besoin de vous dire que tout ceci est sans fâcherie et sans rancune ; je n'en aurais même pas dans le cas où, par vivacité, vous m'auriez poussé dans un cas pendable. J'aimerais cependant quelques petits mots d'explication pour tout ce logogriphe, si vous aviez le temps de me les donner.
Le Correspondantno. nous dit rien sur Lamartine, car je compte pour rien les sottises macaroniques du bulletin. Il parait que le conseil a craint votre prose. On aurait mieux fait de se taire absolument.
Les pauvretés du dernier numéro sont les plus pauvres qu'il se soit permises.
f(>'1 Le Père Lacordaire a fait merveille dimanche: tout Paris en est remué. Je table sur un millier de conversions parmi la jeunesse micheléliste pour la fin de l'Avent.
Vous voyez comment le Journal des Débats traite Montalembcrt; apprenez-vous enfin à connaître ces gens-là, et connaissez-vous un langage qu'ils puissent nous pardonner?
Oblige de dicter ma lettre pour ménager mes yeux ce soir et mon temps demain, ne craignez nulle indiscrétion : la main que j'emploie est fidèle, c'est celle de ma sœur, et comme il est temps d'aller se coucher, la pauvre enfant ne se doute guère de ce qu'elle écrit, elle dort à moitié. Adieu, très cher ami; tout à vous dans la crèche.
Louis Veuillot.
Au même.
l^r janvier 1844.
Trè;s ciieh ami.
Bonjour, bon an, à vous, aux vôtres, que je ne puis oublier un jour comme celui-ci, bien que je ne les aie jamais vus. Je suis reconnaissant à M"" Foissct des soins qu'elle m'aurait donnés ; mon cœurlesareçustout de bon. Donc, joie, santé, travail et paix dans votre maison; que les saints anges y habitent, qu'ils y fassent régner l'unique
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pensée d'être à Dieu, de l'aimer, de le servir;
que par ce moyen vous acquerriez la vie éternelle!
Vous n'avez pas écrit à l'archevêque de Paris,
d'accord; mais il a reçu une lettre de vous, rien n'est plus sur. Cette lettre ne lui a pas été communiquée par un autre, mais c'est la poste qui la lui a remise, et il a payé le port. Nouveau logogriphe, n'est-ce pas? Voici le mot: vous avezécrità Tours, et la poste a lu Paris. Qui fut bien surpris ? Ce fut le pauvre Taconet, qui, jurant sur ma foi et la vôtre que vous n'aviez pas écrit, reconnut à l'archevêché, sur l'adresse, votre reconnaissable écriture; il retomba dans ses époufFements. Il retourne cette adresse (une enveloppe conservée par bonheur), puis tout à coup il se ravise : Mais il y a Tours, il n'y a pas P«/Y5.' Le chanoine sccr.'iaire, que nous nommons la ])ergère Eglée * (et qui trouve, pour vous donner une idée des familiers du prince, que Lacordaire n'a pas le sens commun), blêmit, s'étonne, court à son maître et lui expose le fait. On se rappelle alors certains passages de la lettre qui avaient paru singuliers, comme, par exemple, un endroit où l'on parlait à Monseigneur de son suffragant, l'évêque de Nantes : en sorte qu'on pensait du pauvre M. Foisset, non seulement qu'il était libre avec les princes de l'Eglise, mais encore qu'il ne savait guère la géographie. Vous voilàrétabli d'honneur sur ce point; je ne réponds nullement de l'autre, La sentinelle