Mgr iJoiicy, cvèquc de Moiitaiibnii
outrager, tandis qu'il ne ferait qu'exprimer avec franchise la douleur qu'il éprouve à ne pas nous voir de son avis. Que de fois il s'est lui-même récrié contre l'expression bien moins forte de nos sentiments ! Ce sont les accidents de la polémique. 11 faut tâcher également de les éviter pour soi et de les pardonner aux autres. Je les pardonne toujours et je les évite le plus que je puis. Je n'y réussis pas, à ce qu'il parait. Cependant, je ne me rappelle ni personnalités offensantes, ni injures grossières envers des amis près desquels je compte bien me retrouver un jour. Je conviens que nous avons pu paraître trop durs, à l'occasion de cette prétendue lettre de la province de Tours, annoncée avec tant d'appareil et exploitée avec tant de succès, au moment où l'Assemblée législative allait discuter l'important amendement de M. de Cazalès. Cette supposition d'un document qui n'existait pas, après la suppression de tant de documents qui existaient fort bien, nous a fait perdre le sang-froid. Il fallait croire à une erreur. Qu'aurait-on dit si VUiiwers en avait commis une semblable? Cependant, malgré le mouvement naturel que cette erreur si hardie excitait en nous, nous avons su adoucir les termes du démenti qu'elle a reçu; et, le lendemain, nous avons encore supprimé ([uelque chose dans la lettre de Mgr l'évoque de M. . ., sur les moyens employés pour faire signer le Mémoire au Pape. « Il y a ici, nous écrivait ce prélat, tant d'inconvenance, il y a un air d'intrigue si marqué, qu'on dirait qu'il s'agit
d'obtenir notre consentement d'une manière subreptice. C'est une espèce d'émeute morale, dont les chefs, comme il arrive toujoui's, restent cachés.»
J'aurais beaucoup à ajouter, Monseigneur; mais je crains d'abuser de vos moments, et les miens sont courts. Vous voudrez bien considérer (jue c'est un devoir pour moi de me défendre auprès de vous. Je tiens d'autant plus à me justifier devant Votre Grandeur, qu'Elle daigne m'apprendre que plus d'une fois Elle a bien voulu nous donner son appui. J'ignorais cette circonstance et je croyais môme, je l'avoue, tout le contraire, ayant cru souvent, et depuis longtemps, reconnaître les traits de l'Univers parmi ceux des journaux que vous conseillez de ne pas lire. Je suis heureux de savoir que je me suis trompé, et de joindre l'expression de ma reconnaissance à celle de l'ancien et invariable respect avec lequel je suis et serai toujours. Monseigneur,
Votre très humble serviteur,
Louis Veuillot,
rédacteur en chef de V Univers.
A M. Th. Foisset.
14 février 1850.
Je n'ai pas le temps, mon cher conseiller, de vous écrire une lettre pour accompagner ce prospectus'. Veuillez le lire, le méditer, le corriger, et