Le prospectus de la Dibliolhcriiie nouvelle
DE LOUIS YEUILLOT 223
m'envoyer ensuite votre avis, qui ine servira pour le prospectus définitif. Vous aviez compris cela d'une manière plus grandiose, mais il faut se borner au possible. Où seraient les écrivains, les lecteurs et le temps nécessaires aux grands livres?
Nous devons viser au populaire. Le volume contiendra huit ou neuf feuilles, jolie impression. Il sera payé quinze cents francs au maximum. Je compte qu'un homme qui posséderait bien sa matière pourrait faire sa besogne en moins de deux mois, s'il y mettait tout son temps. La propriété reste aux éditeurs. Des calculs qu'ils ont mis sous mes yeux ne leur permettent quelque bénéfice qu'à ce prix.
J'espère en vous, non seulement pour le conseil, mais pour l'œuvre. Voyez, dans la nomenclature sommaire de la deuxième page, ce qu'il vous conviendrait de faire. Je ne donnerai aucune tâche à personne que vous n'ayez fait votre choix. J'appelle votre attention sur la partie intitulée Critique générale et Réfutation. Je crois que c'est une bonne idée, mais je n'en serai sûr que quand vous me l'aurez dit.
Je voudrais toujours obtenir votre approbation, et je regrette ce qui vous a paru trop dur dans les derniers numéros du journal. J'ai quelquefois de la peine à me modérer, et encore plus à modérer les autres. Il faut convenir que VAmi s'entend à impatienter son monde. Le lisez-vous? Le monde ne voit que ce que nous écrivons ; j'espère
que Dieu lient compte de tout ce qui s'efTace. Je vous aime de tout mon cœur.
Louis Veuillot.
Au même.
Paris, le 22 mars 1850.
Très cher ami,
Notre malheureuse et interminable discussion m'a empêché non seulement d'aller vous voir, mais de vous écrire. Ce n'est pas faute d'envie. Je suis charmé que vous me promettiez votre concours.
Je mets la main sur presque tout ce que vous m'offrez, et si je ne prends que presque tout, c'est que je ne puis pas attendre tout. J'aimerais bien de votre façon :
1" La vie de Notre-Seigneur et l'histoire apostolique;
2° L'histoire grecque ;
3° L'histoire du moyen âge;
4" (Plus que tout), la PajTauté.
J'avais songé à prier dom Guérangcr de me faire cela, non dans le genre de l'abbé Dupanloup. 11 est trop occupé; mais il me propose quelque chose qui aurait bien aussi son mérite , l'Inquisition.
Du Lac me fera une Doctrine chrétienne; je crois qu'il y réussira très bien, car il a plus de théologie ([ue l'on n'en porte généralement eu France.
Donoso Cortès m'avait promis avant vous un volume ou deux sur le Protestantisme, le Socialisme et la Révolution. Il y travaille, et j'aurai son livre ici avant qu'il ait paru à Madrid.
Ce n'est pas à dom Guéranger, c'est à moimême que j'ai demandé les Fêles et les Cérémonies de l'Église. Cela va vous surprendre? C'est que je veux que cet ouvrage ne soit pas savant. Je le composerai de mes impressions de paroisse, et, si je l'osais, je l'intitulerais le Paroissien complet. Vous voyez de Dijon ce que j'ai dans la tête.
Mais une autre chose qui vous conviendrait, je crois, très bien, et que je suis étonné que vous ne m'ayez pas demandé, c'est le Plan d'une éducation^ un Emile catholique. Moi qui n'ai que des petits bouts de filles de rien du tout à élever, j'ai déjà la tête pleine de choses à dire là-dessus. Dites-les, vous qui avez élevé fîUe et garçon. Quel beau sujet, et qu'il serait utile ! Je crois que je n'ai qu'à vous le montrer pour vous mettre en ébullilion.
Sans m'attendre à produire une révolution, je n'accepte pas votre fâcheux pronostic et j'espère sincèrement que nous ferons quelque chose de supérieur à VHistoire du monde des Riancey, et pour mille raisons, dont la première me dispensera de quelques autres, c'est que je ne demanderai rien aux Riancey. Rétorquez-moi cela.
Je compte sur la meilleure épée de votre panoplie pour les Critiques et Réfutations . Moi aussi, j'aimerais bien attendre que tout fût fait pour commencer cette série destinée à boucheries trous